Le Panama sera, du 1er au 5 décembre 2025, l’hôte de la 23e session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CRIC23) informe le communiqué de presse de la CNULCD.
L’événement se tiendra au Centre des congrès de Panama City et réunira près de 500 délégués représentant 196 pays et l’Union européenne, aux côtés de la société civile et du monde académique.
Cette rencontre internationale vise à évaluer les progrès réalisés dans la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. La CNULCD est le seul traité mondial juridiquement contraignant, consacré à cette problématique, aux côtés des conventions de Rio sur la biodiversité et le climat.
Signataire de la Convention depuis 1996, le Panama s’est engagé à atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici 2030. Le pays a identifié 31 zones critiques et met en œuvre des programmes de reforestation et d’adaptation dans le « corridor sec ».
En 2023, il a connu sa pire sécheresse jamais enregistrée, provoquant des perturbations dans le canal de Panama et rappelant les conséquences mondiales d’un phénomène local.
« Les graves sécheresses et la perte de terres fertiles pèsent déjà sur la production alimentaire et énergétique, déracinent les communautés rurales et menacent les moyens de subsistance de millions de personnes », a rappelé Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD. Selon elle, la région Amérique latine et Caraïbes est particulièrement touchée, avec au moins 20 % de sa superficie affectée par la dégradation des sols.
Les données récentes de la Convention soulignent l’ampleur de la crise : près de 100 millions d’hectares de terres fertiles disparaissent chaque année, et plus de 70 % de la superficie terrestre a subi une aridité accrue au cours des 30 dernières années. Pour atteindre les objectifs mondiaux de restauration des terres d’ici 2030, un milliard de dollars par jour serait nécessaire – une somme jugée dérisoire face aux investissements consentis dans d’autres secteurs.
Le CRIC23 accordera une attention particulière à l’égalité de genre. Les femmes, souvent en première ligne face à la dégradation des terres et à la sécheresse, jouent un rôle essentiel pour nourrir et protéger leurs familles. La session intégrera également les voix des jeunes, des peuples autochtones et des communautés locales dans les discussions sur le futur cadre stratégique post-2030.
Créée en 1994, la CNULCD ; une vision commune ; elle rassemble aujourd’hui 197 États parties.
Elle constitue bien plus qu’un traité international : une plateforme d’action multilatérale pour restaurer et gérer durablement les terres, garantir l’accès à la nourriture, à l’eau, à l’habitat et à des opportunités économiques, de manière équitable et inclusive.
Babacar Sene Journal Agropasteur/babaclimat
