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Le Conseil des ONG d’Appui au Développement (CONGAD), en partenariat avec SightSavers et la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH), a organisé une journée d’échanges et de partage consacrée à la contribution des Organisations de Personnes Handicapées (OPH) et des autres acteurs de la société civile au processus de révision et de formulation de la troisième Contribution Déterminée au niveau National (CDN3) du Sénégal.

Un processus national en cours, où le Sénégal a entamé la révision et la formulation de sa troisième CDN après l’adoption de sa Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) en 2015 et de sa première CDN en 2020.

 Avec cette nouvelle étape, le pays entend renforcer ses engagements pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le cadre de l’atténuation, mais aussi accroître la résilience des écosystèmes et des secteurs vulnérables à travers l’adaptation.

Ce processus s’inscrit dans l’Accord de Paris de 2015, qui engage les États à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, idéalement à 1,5 °C, par rapport aux niveaux préindustriels. Chaque pays est ainsi tenu de définir, mettre à jour et mettre en œuvre ses CDN reflétant ses efforts de réduction des GES et d’adaptation aux impacts climatiques.

La société civile est au cœur du débat et entend jouer un rôle dans le processus participatif d’élaboration des CDN

La rencontre a permis de partager l’état d’avancement du processus, de présenter les conclusions de l’atelier d’analyse sur la prise en compte du handicap dans la CDN et de recueillir les propositions des acteurs de la société civile.

L’objectif est d’assurer une meilleure intégration des besoins spécifiques, notamment ceux des personnes handicapées, et renforcer la gouvernance participative.

M. Ibrahima Fall de Green Sénégal/Cellule régionale du CONGAD (Thiès) a présenté un bilan des efforts déjà consentis par l’État. Parmi les réalisations citées figurent le parc éolien de Taïba Ndiaye, les centrales solaires de Bokhol et Malicounda, le Plan d’Actions National des Énergies Renouvelables, le projet du Bus Rapid Transit (BRT), la transition agroécologique, l’agriculture climato-intelligente dans la vallée du fleuve Sénégal, le reboisement, la restauration des terres, ainsi que la pêche durable et la protection de la mangrove.

Les organisations de la société civile (OSC) ont également joué un rôle dans le processus participatif d’élaboration des CDN, notamment à travers la promotion des foyers améliorés, la diffusion de technologies solaires, le reboisement, la gestion durable des terres et de l’eau, ou encore la mise en place de digues de protection.

Cependant, les participants ont relevé l’absence d’un dispositif fonctionnel pour recenser ces initiatives et mieux les intégrer dans la stratégie nationale. Ils recommandent ainsi la mise en place d’un système de suivi-évaluation (MRV), le renforcement des capacités des OSC sur les mécanismes climatiques et les financements, ainsi que la valorisation des initiatives locales comme contributions complémentaires à la CDN.

Selon M. Fall, aller au-delà de la simple consultation est essentiel. Il appelle à créer de véritables espaces de co-construction des politiques climatiques, en renforçant la participation des OSC dans les instances de gouvernance comme le Comité National sur les Changements Climatiques (COMNACC) et en réactivant les comités régionaux (COMRECC).

La journée d’échanges s’est conclue sur la nécessité de définir les prochaines étapes, avec l’appui de SightSavers, notamment l’organisation de nouvelles sessions de partage, le renforcement du plaidoyer pour l’intégration des personnes handicapées et la mise en place d’outils de collecte de données sur leur vulnérabilité face au changement climatique.

Babacar Sene Babaclimat/ Journal Agropasteur

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