Les communautés pastorales savent depuis longtemps que les terres de parcours sont des atouts écologiques et économiques stratégiques. Leur restauration améliore la productivité végétale, renforce le stockage du carbone, accroît la rétention d’eau et évite la dégradation selon Barron Joseph Orr, Scientifique en chef de la CNULCD à travers une analyse dont les conclusions sont sans équivoque .Ressource vitale pour près de deux milliards de personnes, les terres de parcours subissent une dégradation accélérée dans plusieurs régions du monde, à un rythme parfois supérieur à celui observé dans les forêts tropicales. C’est le constat alarmant présenté lors de la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23) de la CNULCD, qui se tient cette semaine au Panama informe le communiqué de presse de la CNULCD.Étendues des zones arides d’Amérique latine et d’Afrique jusqu’aux steppes d’Asie centrale, les terres de parcours jouent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire, la régulation climatique et la préservation de cultures pastorales ancestrales. Elles couvrent près de la moitié de la surface terrestre et stockent d’importantes quantités de carbone, tout en modérant les extrêmes climatiques et en régulant les ressources en eau dans certains des milieux les plus secs.Pourtant, ces écosystèmes restent parmi les plus négligés. Selon les experts, entre 25 % et 50 % des terres de parcours mondiales sont dégradées ou menacées, avec des conséquences directes sur la productivité du bétail, la biodiversité, les cycles hydrologiques et les moyens de subsistance ruraux.Une nouvelle analyse coûts–avantages menée par l’Initiative Economics of Land Degradation (ELD) révèle que la restauration des terres de parcours offre l’un des meilleurs retours sur investissement parmi les écosystèmes naturels : chaque dollar investi pourrait générer jusqu’à 35 dollars de bénéfices. Ces résultats préliminaires ont été dévoilés au CRIC23, en prélude à une évaluation complète attendue pour la COP17 de la CNULCD, prévue en Mongolie en août 2026.Pour Barron Joseph Orr, Scientifique en chef de la CNULCD, les conclusions sont sans équivoque :« L’analyse confirme ce que les communautés pastorales savent depuis longtemps : les terres de parcours sont des atouts écologiques et économiques stratégiques. Leur restauration améliore la productivité végétale, renforce le stockage du carbone, accroît la rétention d’eau et évite la dégradation. »Dans des régions comme le Sahel, l’Asie centrale ou certaines zones d’Amérique du Sud, les effets du changement climatique exacerbent déjà la fragilité de ces terres. La productivité diminue, la mobilité pastorale se restreint et les systèmes alimentaires locaux sont de plus en plus vulnérables.Mark Schauer, Senior Programme Officer à la GIZ et coordinateur de l’Initiative ELD, souligne que la restauration est non seulement indispensable mais aussi accessible :« Restaurer les terres de parcours a du sens, économiquement comme écologiquement. En travaillant avec les communautés pastorales et en renforçant les données disponibles, nous pouvons concevoir des investissements durables et résilients. »Les spécialistes rappellent que la restauration efficace ne dépend pas d’infrastructures coûteuses, mais de politiques de gestion fondées sur les droits et la gouvernance territoriale. Des droits fonciers et hydriques sécurisés, une gestion communautaire et un pâturage basé sur la mobilité saisonnière permettent une régénération naturelle rapide, une meilleure humidité des sols et des stocks de carbone stabilisés.« Les pasteurs prennent soin de ces terres depuis des générations. Leur savoir et leur mobilité sont essentiels pour restaurer les paysages pastoraux et renforcer la résilience », souligne Enrique Michaud, coprésident de l’Alliance mondiale de l’Année internationale des terres de parcours et des pasteurs (IYRP).Le CRIC23 prépare le terrain pour l’Année internationale des terres de parcours et des pasteurs
babacar sene journal Agropasteur( Communiqué de presse CNULCD)
