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Dans le cadre du « Programme d’actions structurées des acteurs de la Lutte contre la Désertification » (PASS-LCD), le CARI et ses partenaires souhaitent valoriser les femmes et les hommes œuvrant quotidiennement pour la promotion de l’agroécologie au Sahel. Ces porte-paroles de l’agroécologie mènent des actions de plaidoyer à différentes échelles (locale, nationale, internationale) et travaillent auprès des populations locales pour favoriser l’émergence des pratiques agroécologiques et démontrer leur pertinence dans la lutte contre la désertification.Découvert sous forme d’interview, le portrait d’Ismael Allahi BIZO, un jeune ingénieur agroéconomiste originaire du Niger qui s’investit activement pour l’autonomisation économique des communautés à travers l’agroécologie accroche .Ismael Allahi BIZO, est le fondateur de l’Association des Jeunes pour l’Environnement et l’Éducation Civique (AJEEC) dont il assure aujourd’hui la présidence, et le directeur de la Fabrique de l’Économie Sociale et Solidaire Entretien : A partir de quel moment vous êtes-vous intéressé à l’agroécologie ? Y a-t-il eu un moment marquant qui a entrainé une prise de conscience ?Mon intérêt pour l’agroécologie est né en 2018, alors que j’étais encore étudiant et que j’ai rejoint le Réseau Sahel Désertification (ReSaD) en tant que volontaire. Très rapidement, j’ai été fasciné par les questions liées à la gestion durable des terres, au plaidoyer environnemental et aux enjeux climatiques dans notre région. Cette fascination a profondément orienté mon parcours : elle m’a conduit à choisir, pour mon mémoire de Master 2, un sujet innovant sur les retombées économiques de la gestion durable des terres. Je me posais alors une question essentielle : comment en sommes-nous arrivés à cette situation de destruction environnementale, et pourquoi les jeunes semblent-ils si peu impliqués dans la lutte contre la désertification ? C’est dans cette dynamique de réflexion et d’action qu’en 2019, j’ai lancé le Forum International des Jeunes sur la Désertification, marquant ainsi le début concret de mon engagement en faveur de l’agroécologie et de la transition écologique inclusive.Qu’est-ce que l’agroécologie pour vous ? Qu’est-ce que cela représente ?Pour moi, l’agroécologie est avant tout une opportunité de repenser en profondeur nos systèmes de production, de mieux gérer nos ressources naturelles, et de renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique. Cette approche prend tout son sens dans les pays du Sahel et notamment les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui sont confrontés à la fois à des crises multiples et à des défis structurels. Dans ce contexte, l’agroécologie s’impose comme un levier stratégique pour soutenir un développement endogène, fondé sur les savoirs locaux, la souveraineté alimentaire et la durabilité des écosystèmes.Avec l’AJEEC, comment intervenez-vous pour promouvoir l’agroécologie ?Nous intégrons systématiquement la thématique agroécologique dans nos projets.Aujourd’hui, nous développons particulièrement l’agroécologie urbaine. Depuis plus d’un an, à travers l’initiative PASS_Agroécologie, nous avons mis en place un site de démonstration à Niamey où nous formons gratuitement, chaque semaine, des citoyens et des acteurs engagés dans la transition écologique.À ce jour, nous avons formé plus de 1 000 personnes sur des pratiques de jardinage agroécologiques, la transformation de déchets, la production de biopesticides, la plantation et l’entretien des arbres etc. produit plus de 700 kg de légumeset valorisé plus d’une tonne de déchets grâce au compostage.Plusieurs initiatives entrepreneuriales et associatives ont également émergé de ces formations.Comment envisagez-vous le futur de l’agroécologie dans votre pays ?Je constate aujourd’hui une dynamique réelle dans les territoires, qu’ils soient ruraux ou urbains. Un socle d’engagement solide est en train de se consolider, porté par des acteurs variés : associations, producteurs agricoles, et même certains décideurs politiques.Je crois fermement en une agroécologie citoyenne, engagée et transformatrice, à la fois dans les exploitations agricoles traditionnelles et dans l’entrepreneuriat social et écologique. Cette mobilisation collective est, selon moi, la clé pour construire des systèmes alimentaires durables, résilients et profondément enracinés dans les réalités locales.Mais je crois surtout en une agroécologie urbaine. C’est un angle encore trop peu exploré dans nos pays, alors qu’il regorge de pratiques innovantes et d’opportunités concrètes. Même si ce mouvement est encore émergent, je suis convaincu que c’est l’agroécologie urbaine, proche des centres de décision politique, qui impulsera à terme la mise à l’échelle des solutions agroécologiques vers les territoires ruraux.Les défis restent importants, pour sensibiliser davantage et plus efficacement les citoyens, et pour transformer les politiques publiques. Nous avons besoin de travailler main dans la main avec les scientifiques pour que leurs travaux de recherche soient alignés avec les besoins des acteurs de terrain, et pour que nous puissions disposer de données permettant de renforcer nos actions et de convaincre nos décideurs.L’Association des Jeunes pour l’Environnement et l’Éducation Civique (AJEEC) est une organisation dirigée par des jeunes du Niger, engagés dans la protection de l’environnement et la sensibilisation citoyenne. Elle centre ses interventions sur la gestion durable des ressources naturelles, la gestion des déchets, la promotion des droits des femmes, l’autonomisation économique des communautés, et, depuis plus d’un an, le développement de l’agroécologie urbaine à travers l’initiative Pass_Agroécologie.La Fabrique de l’Économie Sociale et Solidaire est un incubateur du Makera Institute, qui accompagne les associations, les coopératives et les entrepreneurs sociaux dans l’amélioration de leur performance économique au service de l’impact social et environnemental.A noter que depuis 1998, le CARI Centre d’Actions et de Realisations Internationales promeut un modèle agricole durable (agroécologie, agriculture familiale) pour répondre aux problématiques de dégradation des terres en zones aride.Babacar sene Journal Agropasteur (Source CARI)

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