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Les organisations de la société civile (OSC) sénégalaises, réunies à l’initiative de l’ONG Sightsavers en partenariat avec le CONGAD et la FSAPH, ont tenu un atelier de restitution consacré aux résultats de la COP30, organisée en 2025 à Belém, au Brésil. Cette rencontre avait pour objectif d’analyser les implications de cette conférence mondiale sur le climat pour le Sénégal, tout en renforçant la coordination entre les acteurs engagés dans la lutte contre les changements climatiques.L’atelier, qui a réuni plusieurs organisations actives dans le domaine environnemental, s’est tenu sans la participation du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), une absence regrettée par de nombreux acteurs.Selon Mme Khady Bâ, représentante du directeur de Sightsavers à l’ouverture , » l’initiative faisait suite à une invitation adressée aux OSC, au METE, aux partenaires techniques ainsi qu’aux organisations de personnes handicapées ».« Il s’agissait pour nous d’analyser les résultats de la COP30 pour le Sénégal, mais aussi de renforcer les capacités des personnes handicapées sur la thématique du changement climatique », a-t-elle expliqué. Elle a insisté sur l’importance d’intégrer ces groupes dans les stratégies d’atténuation, d’adaptation et de résilience. Sightsavers envisage également de promouvoir de mini-projets verts pour renforcer leur autonomisation.L’un des objectifs de la rencontre était d’esquisser des perspectives d’action collective. Mme Bâ a annoncé la volonté de mettre en place une Alliance des OSC engagées dans la lutte contre le changement climatique, afin de disposer d’un cadre structuré d’échanges, de partage d’informations et de plaidoyer commun, notamment sur l’inclusion des personnes handicapées.La restitution des résultats de la COP30 a été présentée par Mamadou Barry, de l’ONG Action Solidaire Internationale (ASI), spécialiste des négociations climatiques.Sa communication a permis de revenir sur le déroulement des négociations à Belém ; les résultats obtenus par les États ; les enjeux pour l’Afrique ; les défis pour les OSC et les perspectives stratégiques.Les participants ont également souligné l’absence de parlementaires et d’acteurs du secteur privé, pourtant essentiels dans la mise en œuvre des engagements climatiques.Les OSC ont relevé plusieurs acquis majeurs issus de la COP30, parmi lesquels la reconnaissance des besoins et circonstances spécifiques de l’Afrique, continent le plus exposé au changement climatique ; la Vision Bleue d’Addis, visant à renforcer la mise en œuvre des engagements ; l’adoption de l’objectif mondial d’adaptation, assorti de 59 indicateurs ; l’amplification des financements climatiques ; et la mise en place du fonds pour pertes et dommages.Toutefois, la société civile rappelle qu’elle attend toujours la concrétisation des promesses de financements notamment les 1 200 milliards de dollars promis d’ici 2030.L’ opérationnalisation des engagements et la défense d’une finance juste restent des défis persistants . Face à cela les acteurs ont appelé à accélérer l’opérationnalisation des besoins spécifiques africains ;la mobilisation des OSC pour renforcer leur influence ; le plaidoyer pour une finance climatique « juste », accessible et non génératrice de dette et le suivi de la mise en œuvre des engagements au niveau national et continental.Ils ont insisté en outre sur la nécessité pour les OSC sénégalaises de mieux s’organiser afin d’influencer les politiques publiques et suivre les engagements pris à Belém.Un pan important des discussions a porté sur l’intégration des personnes handicapées dans les stratégies climatiques dans leur diversité pour qu’elles accèdent à cette résilience et la participation accrue à travers la vie sociale. Un impératif transversal qu’il faut considérer Les participants ont rappelé que plusieurs indicateurs adoptés au niveau mondial concernent directement ces groupes vulnérables. Ils recommandent l’identification précise des indicateurs liés au handicap ;l’opérationnalisation d’une Alliance sensible au handicap ; le renforcement des politiques publiques centrées sur l’humain.La rencontre s’est achevée par une proposition de mettre en place un Comité de Suivi au sein de la future Alliance des OSC, chargé notamment : du suivi des engagements ; de la coordination des acteurs ; de la mutualisation des efforts ; de l’élaboration d’une charte et, à terme, de l’organisation d’une Assemblée générale pour valider son architecture de gouvernance.À la clôture de la rencontre, les représentants de la société civile ont affirmé être mieux outillés pour suivre les engagements issus de Belém.Le directeur pays de Sightsavers, M. Cheikh I. Seck, a salué la dynamique enclenchée et remercié l’ensemble des participants pour leur engagement en faveur d’une meilleure prise en compte du handicap et de l’action climatique.Il a réitéré la volonté de Sightsavers d’accompagner le processus afin d’aboutir à des résultats probants en matière d’inclusion, à l’image des avancées enregistrées dans les domaines du genre et d’autres thématiques transversales. Babacar Sene Journal Agropasteur/Babaclimat

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