La ville de Saint-Louis a abrité, le 20 septembre 2025, l’atelier de bilan de la campagne de la saison sèche chaude. Une rencontre présidée par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), Dr Mabouba Diagne, aux côtés des producteurs, du Comité interprofessionnel de la Filière riz (CIRIZ) et des partenaires techniques et financiers.
Un moment de bilan et de projection pour cet atelier qui avait un double objectif d’une part dresser le bilan de la campagne rizicole 2025 et d’autre part officialiser la signature du contrat-programme riz 2026–2030 entre l’État du Sénégal et le CIRIZ.
La rencontre a permis non seulement d’évaluer les superficies emblavées mais aussi les productions obtenues et les rendements réalisés dans la vallée du fleuve Sénégal, tout en identifiant les contraintes rencontrées (accès aux intrants, mécanisation, financement, effets climatiques) et en partageant les bonnes pratiques.
La vallée, pôle stratégique pour la souveraineté alimentaire est doté d’un fort potentiel agroécologique ; elle est en outre considérée comme zone prioritaire pour atteindre les objectifs fixés par la Stratégie de souveraineté alimentaire (SSA 2025–2034).
Des investissements conséquents ont été mobilisés en termes de subventions d’intrants, de renforcement du matériel agricole, d’aménagements hydro-agricoles et d’infrastructures de stockage.
Malgré ces efforts, le pays continue d’importer en moyenne 1,3 million de tonnes de riz blanc par an, un défi majeur pour la balance commerciale. « Nous devons avoir la lucidité de reconnaître les défis qui persistent », a rappelé Dr Mabouba Diagne, insistant sur la nécessité d’un sursaut collectif.
Quid du contrat-programme pour structurer la filière Riz, il est le fruit d’un long processus de concertation impliquant les cinq délégations de la vallée.
Ainsi le contrat-programme riz 2026–2030 servira de cadre de référence pour les cinq prochaines années et fixe des objectifs clairs, répartis par zones agroécologiques, et engage l’État et les acteurs de la filière à coordonner leurs efforts.
Un comité de pilotage stratégique, co-présidé par le MASAE et le CIRIZ, sera chargé du suivi. Le dispositif prévoit également des mesures pour sécuriser le marché local et renforcer l’insertion des jeunes : chaque grand importateur sera encouragé à accompagner au moins cent jeunes producteurs, avec cinq hectares chacun.
Une étape clé vers le Sénégal 2050 est entrain d’être franchie à travers cette rencontre qui s’inscrit dans la vision « Sénégal 2050 », qui ambitionne de faire du pays une puissance agricole moderne et exportatrice.
« L’heure n’est plus aux déclarations de principe, mais à l’action concertée, méthodique et ambitieuse », a conclu le ministre, appelant producteurs, transformateurs, investisseurs privés, collectivités et partenaires à s’engager pleinement pour bâtir une riziculture compétitive, inclusive et durable.
Babacar Sene Journal Agropasteur
