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Alors que la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) se prépare en Mongolie, la voix des petits États insulaires en développement (PEID) gagne en urgence et en intensité. Une nouvelle note de la CNULCD met en lumière une situation critique : l’expansion rapide des sécheresses extrêmes et la perte accélérée de terres fertiles menacent directement la sécurité alimentaire, hydrique et économique de ces territoires parmi les plus vulnérables au monde.Selon le document présenté lors de la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23), au Panama, la part des terres des PEID touchées chaque année par au moins six mois de sécheresse extrême a bondi à 17 % sur la période 2014–2023, contre 2 % seulement dans les années 1960.Les terres sont de plus en plus arides. Aujourd’hui, près de sept habitants des PEID sur dix sont exposés à la sécheresse.Cette aggravation est alimentée par l’urbanisation rapide, l’agriculture non durable et certaines industries extractives, qui accélèrent la dégradation d’espaces déjà limités.Les PEID regroupent 39 États et 18 territoires, principalement situés dans les Caraïbes, le Pacifique et l’océan Indien. Bien qu’ils ne représentent qu’1 % de la population mondiale, ils abritent plus de 20 % de la biodiversité de la planète. Ils constituent des territoires fragiles avec des défis multiples.Mais leur superficie réduite et leur isolement géographique exacerbent plusieurs défis :• Sécurité alimentaire sous tension : faible disponibilité de terres arables, dépendance aux importations, triple fardeau de malnutrition.• Dégradation des terres : héritages coloniaux, insécurité foncière, gestion non durable des sols et de l’eau.• Sécheresse et pénurie d’eau : cinq PEID connaissent une pénurie hydrique sévère et trois vivent une pénurie absolue.• Érosion de la biodiversité : impact sur la fertilité des sols, la pollinisation et la protection côtière.• Manque de financements : sur les fonds destinés aux PEID entre 2016 et 2023, seuls 487 millions USD ont été alloués à la lutte contre la désertification, dont 65 % concentrés sur cinq pays.« Prendre soin de nos terres est une question existentielle pour les PEID », a rappelé Andrea Meza, Secrétaire exécutive adjointe de la CNULCD. Elle appelle à transformer d’urgence les systèmes alimentaires et à mieux aligner les politiques d’utilisation des terres pour renforcer la résilience face au changement climatique.Le rapport souligne que la gouvernance de l’utilisation des terres reste un obstacle majeur.Dans les Caraïbes, l’insécurité foncière héritée de l’époque coloniale limite les investissements.Dans le Pacifique, les terres ancestrales protégées par les systèmes coutumiers sont grignotées par une urbanisation mal encadrée. Un enjeu central que constitue la gouvernance fonciére Pour Fred Nicholas, du National Environment Service des Îles Cook, la planification spatiale est un outil indispensable :« Elle réduit les conflits d’usage, protège les terres saines et renforce la résilience face à la sécheresse. Mais elle nécessite une collaboration étroite entre gouvernements, chefs traditionnels et communautés. »Des solutions existent : pratiques autochtones, agroforesterie, planification intégrée .Malgré les défis, les PEID multiplient les initiatives pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres (NDT).D’ores et déjà, 26 PEID se sont engagés dans ce processus. Babaclimat CRIC23 Panama2025

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