Le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la promotion de l’agriculture familiale avec l’ouverture officielle, à Dakar, de l’atelier national de validation du Plan d’action national de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF) 2019-2028. La cérémonie a été présidée par le Ministre, Secrétaire d’État chargé des Coopératives et de l’Encadrement Paysan, en présence d’acteurs institutionnels, d’organisations paysannes et de partenaires techniques et financiers.Dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné l’importance stratégique de cette décennie consacrée à l’agriculture familiale, rappelant qu’elle constitue « le socle de la sécurité alimentaire, de la résilience climatique, de la gestion durable des ressources naturelles, mais aussi un levier majeur d’emplois ruraux et de cohésion sociale ».Il a salué l’engagement du ROPPA et de ses organisations membres, dont le leadership en matière de plaidoyer pour la reconnaissance de l’agriculture familiale dans les politiques agricoles de la CEDEAO et de l’UEMOA « n’est plus à démontrer ».Le ministre a insisté sur le lien entre la validation du plan d’action et la question cruciale du financement qui reste un défi central « La réussite du plan dépendra de notre capacité collective à mobiliser et sécuriser des ressources conséquentes, durables et accessibles aux exploitations familiales », a-t-il averti.Le document soumis à validation s’aligne sur les grandes orientations nationales, notamment Sénégal 2050, le Plan stratégique de souveraineté alimentaire, ainsi que la Loi d’Orientation AgroSylvoPastorale révisée.Un processus inclusif et participatif, fruit d’un travail de longue haleine que constitue le plan d’action élaboré à travers un vaste processus comprenant consultations nationales, retraites techniques et dialogues multi-acteurs les impliquant dans un élan particpatif et inclusif.Pour le ministre, cette démarche démontre « la volonté collective de faire de l’agriculture familiale un enjeu partagé par l’État, les producteurs, les collectivités territoriales, la société civile, la recherche, le secteur privé et les partenaires au développement ».Le CNCR et le ROPPA saluent cette étape majeure annoncée par Nadjirou Sall, Président du CNCR et Secrétaire Général du ROPPA, qui a salué « le rôle déterminant du Sénégal » dans la conduite de la DNUAF et son engagement à accompagner les Organisations Paysannes dans la mise en œuvre de projets qui renforcent la sécurité alimentaire et améliorent les conditions de financement des Exploitations Familiales.Il a rappelé que le choix du Sénégal pour abriter cette rencontre est le fruit du travail constant du CNCR au sein du ROPPA. Il a également remercié les autorités sénégalaises pour « leur écoute et leur proximité envers les acteurs ruraux ».La FAO de son côté , encourage le leadership du Sénégal poursuit le représentant de la FAO, Mame Ndiobo Diène qui a salué l’engagement du pays dans la DNUAF, soulignant que l’agriculture familiale « demeure un pilier essentiel des systèmes alimentaires, de l’emploi rural et de la gestion durable des ressources naturelles »Il a rappelé que le partenariat FAO–ROPPA a permis l’élaboration participative de 15 plans d’action nationaux en Afrique de l’Ouest, alignés sur les sept piliers du plan global de la DNUAF..De quoi doper le Président du ROPPA à lancer un appel à investir massivement dans l’agriculture familiale.Le président du ROPPA, Ibrahima Coulibaly, a insisté sur le caractère urgent de l’investissement dans les agricultures familiales africaines. « L’heure de renverser les tendances a sonné pour sauver nos agricultures. Nous pouvons nous nourrir dignement et ne plus être le marché de personne », a-t-il déclaré.L’AFD souligne le rôle clé de la jeunesse rurale. Pour sa part ,M. Mathieu Bosh, Représentant de l’AFD, a rappelé que l’un des défis majeurs d’ici 2050 est l’insertion de la jeunesse, particulièrement en milieu rural. Le secteur agro-sylvo-pastoral « peut jouer un rôle clé dans la création d’opportunités économiques », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement adaptés.Somme toute, il s’agit d’un atelier en deux parties, parfaitement cohérent, qui s’inscrit dans le cadre de la Décennie de l’Agriculture familiale déclarée par les Nations Unies, confirmant ainsi le rôle déterminant de ce modèle agricole.L’objectif principal est de créer des conditions politiques favorables permettant d’obtenir de meilleures performances, dans un contexte où la question du financement demeure un défi majeur.Il sera question de partager les bonnes pratiques et de travailler à leur mise à l’échelle. Toutefois, le financement reste le véritable goulot d’étranglement : malgré la reconnaissance des efforts déjà fournis, il est essentiel d’accroître les services financiers destinés à soutenir l’Agriculture familiale. Babacar sene journal Agropasteur
