À l’occasion de l’ouverture officielle du SIAGRO 2026 présidée par le Ministre de l’Agriculture de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage en présence du Représentant du Secrétaire d’État chargé du Développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Petites et Moyennes Industries (PMI) au Sénégal, rattaché au Ministére de l’Industrie et du Commerce , nous avons rencontré Babacar Ngom, Président Directeur Général de SEDIMA, Sponsor Leader et Parrain de cette 15ᵉ édition. Il revient sur son parcours, son engagement dans l’aviculture et les enjeux de souveraineté alimentaire au Sénégal.
La SEDIMA est le Sponsor Leader de cette 15ᵉ édition du SIAGRO. Que représente cet engagement ?
Nous assumons avec responsabilité et engagement ce rôle de Sponsor Leader du SIAGRO. C’est un acte de fidélité à une vision, à une histoire, mais aussi un engagement pour l’avenir. Le SIAGRO est un carrefour d’intelligence, d’innovation et d’engagement au service de la souveraineté alimentaire et économique.
Depuis plus de trente ans, le Groupe SEDIMA accompagne cette plateforme, avec une conviction forte : contribuer au développement de l’agro-industrie sénégalaise.
Le SIAGRO est aussi un moment de reconnaissance. Quel regard portez-vous sur son héritage ?
Nous avons une pensée particulière pour Babacar Samb, un bâtisseur visionnaire. Son œuvre est aujourd’hui poursuivie avec engagement par les équipes actuelles, notamment à travers Sencomane.
C’est une nouvelle génération qui prend le relais, avec la responsabilité d’innover et de prolonger les sillons tracés.
L’aviculture est au cœur de cette édition, avec la présence de Interprofession Avicole du Sénégal. Quel bilan tirez-vous de cette filière ?
L’aviculture est aujourd’hui la première filière autosuffisante au Sénégal. C’est une grande fierté nationale.
Avec l’IPAS, que j’ai eu l’honneur de présider à ses débuts, nous avons construit une filière solide. Les résultats sont visibles : augmentation significative de la production de poulets de chair et d’œufs à couver.
Aujourd’hui, les acteurs travaillent sur des enjeux majeurs comme :
- la régulation des prix de la volaille,
- la protection de la filière,
- les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS),
- les clauses de précaution dans les échanges.
Quels sont les défis actuels pour consolider cette filière ?
Nous devons aller plus loin, notamment sur le plan législatif et réglementaire. Il est essentiel de renforcer la protection de la filière tout en s’inspirant des bonnes pratiques de pays comme le Kenya ou le Maroc.
Le Sénégal a mis des années à bâtir cette filière. Aujourd’hui, il faut la préserver et la co-construire avec tous les acteurs.
Le SIAGRO est-il un levier pour attirer les investisseurs ?
Absolument. Le SIAGRO est une vitrine pour les investisseurs, un espace d’expression pour les acteurs et un véritable vivier d’opportunités. C’est aussi un laboratoire d’idées où se construisent les solutions pour l’avenir.
Vous évoquez souvent la souveraineté alimentaire. Quelle est votre vision ?
L’agriculture est le levier de notre indépendance économique. Elle est un moteur de croissance, un créateur d’emplois et le garant de notre souveraineté alimentaire.
Nous devons intégrer toute la chaîne de valeur, de la production à la transformation, en passant par l’innovation. C’est une ambition collective.
Vous célébrez également 50 ans d’engagement avec la SEDIMA. Que retenez-vous de ce parcours ?
C’est une histoire de vision et de persévérance. En 1976, tout a commencé dans une salle de 16 m² avec 120 poussins. J’avais 21 ans.
Aujourd’hui, SEDIMA, c’est :
- 200 000 reproducteurs (chair et ponte),
- une usine d’aliments de 300 000 tonnes,
- plus de 1 500 emplois,
- près de 200 milliards d’investissements.
Nous avons construit le premier couvoir moderne en Afrique de l’Ouest, avec une conviction simple : produire ce que nous consommons. Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs du secteur et à la jeunesse ?
L’avenir se construit ensemble. Nous devons continuer à bâtir une agro-industrie forte, souveraine et prospère.
Je dis souvent que la longévité, ce n’est pas seulement le temps, mais ce que nous laissons dans le cœur des générations futures.
Il est temps pour l’Afrique de devenir une locomotive capable de nourrir ses populations et de transformer ses ressources.
Un mot pour conclure cette 15ᵉ édition du SIAGRO ?
Que cette édition soit un moment de réflexion, d’engagement et d’actions concrètes. Le SIAGRO doit rester un espace où naissent les solutions pour notre continent
Babacar Sene Journal Agropasteur
