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Avec une population africaine appelée à doubler d’ici 2050, la demande en produits laitiers connaît une hausse sans précédent. Si la production locale ne suit pas, l’importation de poudre de lait risque de devenir la principale alternative, menaçant l’autonomie alimentaire et les filières locales.

C’est dans ce contexte que la Fondation FARM et Agriculteurs français et développement international (Afdi), avec l’appui du CIRAD, ont publié un policy brief à la suite du Sommet mondial du lait organisé à Paris en octobre 2024. Le document partage des recommandations clés pour un développement durable des filières laitières africaines, en s’appuyant sur les échanges entre chercheurs, producteurs, transformateurs, ONG, entreprises françaises et acteurs africains.

Des défis structurels persistants en Afrique de l’Ouest et à Madagascar où, 80 % du lait est produit par des éleveurs familiaux dans des systèmes pastoraux ou semi-pastoraux. Mais la filière reste freinée par : des infrastructures insuffisantes pour la collecte, la conservation et la transformation ; des coûts élevés de transport, accentués par l’éloignement des zones de production ; la concurrence des produits importés, notamment les mélanges de poudres de lait et matières grasses végétales, moins chers mais controversés pour leur impact environnemental.

Les recommandations du policy brief insistent pour les participants sur la nécessité d’une coopération renforcée Afrique-Europe, articulée autour de plusieurs axes :Politiques agricoles et commerciales : réguler les importations pour protéger les marchés locaux et mieux informer les consommateurs ; Infrastructures et innovations : développer des mini-laiteries, investir dans la chaîne du froid et promouvoir les énergies renouvelables (ex. solaire). ; Partenariats publics-privés : encourager les investissements européens en Afrique pour moderniser le secteur, tout en renforçant la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des entreprises.

Rôle des coopératives et des femmes : soutenir l’autonomisation des transformatrices, renforcer les coopératives agricoles et favoriser leur accès au financement, aux marchés et à la formation.

Campagnes de sensibilisation : promouvoir les bienfaits nutritionnels et environnementaux du lait local, à l’image de l’initiative régionale Mon lait est local.

Recherche et formation : développer des partenariats scientifiques Afrique-Europe pour l’innovation, l’amélioration génétique et l’adaptation au changement climatique.

Vers un développement durable et inclusif où le renforcement des filières laitières africaines ne pourra se faire sans investissements massifs, partenariats équitables et meilleure gouvernance publique.

Les intervenants soulignent qu’il s’agit d’un enjeu stratégique pour accroître la compétitivité des producteurs locaux, créer des emplois et des revenus durables, améliorer la sécurité alimentaire, promouvoir un codéveloppement équilibré entre l’Afrique et l’Europe.

Babacar sene Journal Agropasteur

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