Dans le cadre du sommet Désertif’Actions 2026, la session 6 a été consacrée à sommet Désertif’Actions 2026, Une rencontre stratégique modérée par Anne-Cécile Bras de RFI, réunissant des experts internationaux issus d’institutions majeures. Le panel a enregistré la participation de Al Hamdou Dorsouma, représentant la Banque africaine de développement, de Sandra Rullière de Agence française de développement, de Adel Ben Youssef affilié à Université Côte d’Azur et au CNRS, de Habiba Khiari du Mécanisme mondial de la CNULCD, de Radhouane Ben Hamadou de la Qatar Foundation, ainsi que du grand témoin Imen Éliane de UICN. Interpellé sur le décalage entre l’existence de financements et leur impact limité sur le terrain, Al Hamdou Dorsouma a reconnu une réalité persistante : les ressources existent, mais elles restent insuffisantes et difficilement accessibles aux acteurs locaux. Pour y remédier, la BAD a engagé une évolution de ses approches. En complément de l’appui aux institutions nationales, l’accent est désormais mis sur des interventions de terrain, favorisant un accès direct aux financements pour des structures capables d’agir efficacement au niveau local. Il a également distingué deux principaux mécanismes de financement : les financements fiduciaires et statutaires, avec l’ouverture de nouvelles fenêtres dédiées aux acteurs de terrain, notamment les ONG. Plusieurs initiatives ont été citées pour illustrer ces nouvelles dynamiques. Au Bénin, le programme Local Climate a permis de réaliser quinze investissements au profit des communautés locales. Au Lesotho, des financements transitent directement vers les institutions locales, appuyés par des diagnostics crédibles et des actions de renforcement des capacités. La BAD soutient également la mobilisation du secteur privé, notamment au Togo et au Burkina Faso, pour développer des chaînes de valeur autour du karité, en particulier au bénéfice des femmes. Dans le cadre de la Grande Muraille Verte, la BAD accompagne plusieurs pays, dont le Tchad, le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger, avec des programmes axés sur la gestion durable des terres, la création d’emplois et l’amélioration des revenus des populations rurales. Il est noté que des freins persistants à lever malgré ces avancées, et de nombreux obstacles subsistent. Parmi les principaux freins figurent la lourdeur des procédures, les contraintes budgétaires et les difficultés d’accès aux financements globaux. À cela s’ajoute un manque de priorisation de la lutte contre la sécheresse dans certaines politiques nationales, ainsi qu’une mobilisation encore insuffisante des financements publics et du secteur privé. La perception élevée du risque en Afrique constitue également un facteur limitant majeur. Face à ces défis, les intervenants ont insisté sur la nécessité de réorienter les investissements vers la réduction des risques, en privilégiant des programmes adaptés aux réalités locales, notamment dans la conservation des sols et la résilience des écosystèmes. Enfin, la table ronde a mis en lumière un enjeu souvent sous-estimé : le rôle des médias dans la perception de l’Afrique. Une image négative ou biaisée du continent peut en effet influencer le coût et l’accès aux financements, en freinant notamment l’engagement du secteur privé. Pour les participants, il est donc essentiel que les médias contribuent à valoriser les initiatives positives, les innovations locales et les solutions africaines, afin de renforcer la confiance des investisseurs et soutenir les dynamiques de résilience. En conclusion ,si des raisons d’espérer existent, elles reposent sur une meilleure accessibilité des financements, une implication accrue des communautés locales et une transformation du récit médiatique sur l’Afrique.
Babacar Sene /Babaclimat/JournaAgropasteur
