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Les membres du Groupe de Travail Pluridisciplinaire (GTP) se sont réunis ce vendredi 1er août 2025 afin d’évaluer l’évolution de la campagne agricole en cours. Ce cadre de concertation a permis aux différentes structures techniques de partager les données climatiques, agricoles, pastorales, hydrologiques et alimentaires, dans un contexte marqué par une installation tardive des pluies sur plusieurs zones.A travers cette réunion stratégique sous la coordination de l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM), le GTP composé d’acteurs des secteurs agro-sylvo-pastoraux a tenu sa troisième réunion pour cette décade 3 avec pour objectif clair de suivre l’évolution de la campagne agricole à travers un échange multisectoriel d’informations à des fins d’alerte précoce.D’après les prévisions de l’ANACIM, la saison des pluies 2025 devait démarrer de manière normale à tardive sur la façade ouest et normale ailleurs, avec des cumuls globalement normaux à déficitaires à l’ouest, et normaux à humides à l’est. Un risque accru de pluies extrêmes est attendu en août et septembre, principalement à l’est du pays. La dernière décade de juillet a été marquée par une reprise timide mais significative des activités pluvio-orageuses sur une grande partie du territoire sénégalais. Si certaines zones ont connu un déficit persistant, d’autres ont bénéficié d’un arrosage favorable, essentiel pour la poursuite de la saison agricole. Dans les régions nord du pays, les précipitations sont restées rares jusqu’à la fin de la décade. La région de Saint-Louis, en particulier, n’a enregistré aucune pluie durant toute la période. Cependant, quelques précipitations faibles à modérées ont été relevées dans les régions de Matam et Louga. Le Ferlo a tout de même connu des épisodes pluvieux dépassant localement les 50 mm, notamment lors de la journée du dimanche 27 juillet.Les régions de l’Ouest, notamment Dakar et Thiès, ont été faiblement arrosées. Seule la journée du 27 juillet a connu des pluies, généralement inférieures à 10 mm, confirmant une dynamique toujours peu favorable à l’installation durable de la saison des pluies dans cette zone.Après plus de dix jours sans précipitations, plusieurs localités du centre du pays ont enregistré des pluies utiles et bienvenues le 27 juillet. La région de Kaffrine a été particulièrement bien arrosée, avec des cumuls journaliers variant entre 30 et 50 mm dans la majorité des postes de mesure.Dans l’Est, deux événements pluvieux majeurs ont marqué la décade. Les cumuls hebdomadaires ont oscillé entre 36,7 mm à Tambacounda et 56,3 mm à Goudiry, confirmant une relative régularité des précipitations dans cette zone.Bien que légèrement moins pluvieuse que la décade précédente, la zone sud du pays a enregistré des pluies significatives, notamment dans la région de Ziguinchor où Loudia Ouolof a recueilli un impressionnant cumul de 112 mm le 27 juillet. À l’exception de Cap Skirring (21,7 mm), toutes les autres stations ont enregistré des cumuls supérieurs à 50 mm.Le cumul saisonnier varie fortement selon les zones, allant de seulement 1,9 mm à Saint-Louis à 485,4 mm à Kédougou. Comparé aux normales saisonnières, la situation reste déficitaire à normale dans les zones nord, centre, ouest et sud-ouest, tandis qu’elle est jugée normale à excédentaire dans le reste du paysSelon les services météorologiques, trois vagues pluvieuses sont prévues au cours de la première décade d’août.La première onde, attendue entre le 2 et le 4 août, devrait traverser une large partie du pays. Elle concernera d’abord les régions du Sud (Ziguinchor, Sédhiou, Kolda) et de l’Est (Kédougou, Tambacounda, Matam), avant de s’étendre progressivement vers le Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine, Diourbel), puis vers l’Ouest (Dakar, Thiès, Mbour) et une grande partie du Nord (Linguère, Louga, Podor).La deuxième onde, prévue entre le 5 et le 6 août, affectera principalement les zones Centre, Est et Sud. Les régions nordiques telles que Saint-Louis, Podor, Louga et Linguère seront peu ou pas touchées.La troisième onde, attendue entre le 8 et le 10 août, devrait apporter de nouvelles pluies et orages sur une grande partie du territoire, bien qu’elle puisse être légèrement moins marquée que la première.En ce qui concerne la situation agricole c’est la poursuite de la mise en place des intrants et la sensibilisation menée par la Direction de l’Agriculture (DA) dont son représentant a signalé le démarrage effectif de la campagne agricole 2025 avec la distribution progressive des intrants (semences, engrais). Toutefois, elle a alerté sur la problématique persistante des infrastructures de stockage et la disponibilité des spéculations (céréales, cultures de rente), particulièrement pour l’arachide au niveau régional.L’Institut National de Pédologie (INP) a poursuivi ses actions de sensibilisation auprès des producteurs, notamment sur l’utilisation de fertilisants organiques en substitution aux produits chimiques, appuyée par la mise en place de parcelles de démonstration et des prélèvements réguliers sur les sols.Le CNCR a exprimé ses inquiétudes sur les retards de réception des engrais et semences par les producteurs, malgré les efforts du ministère de tutelle (MASAE). Il a par ailleurs salué les initiatives de compostage et plaidé pour leur généralisation à l’échelle nationale.Concernant l’Hydrologie il a été noté des niveaux contrastés selon les bassins note le représentant de la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE) qui a présenté les tendances hydrologiques observées sur les principaux bassins du Fleuve Sénégal où une baisse des niveaux à Bakel, Kidira et Matam est notée et une légère hausse à Podor.Au niveau du Fleuve Gambie, c’est une baisse constatée à Gouloumou. Tandis qu’au niveau du fleuve Casamance une tendance à la hausse à Kolda est constatée.La DGPRE a réitéré le besoin urgent de renforcer la recharge des nappes phréatiques, souvent surexploitées.Concernant la situation pastorale, elle est partagée entre espoirs et vigilance sanitaire » selon la note de la Direction de l’Élevage ; on observe un reverdissement des pâturages dans la majorité des zones, à l’exception de Linguère où la raréfaction demeure préoccupante. L’abondance des eaux de surface (mares, rivières, lacs) a réduit la pression sur les forages.Cependant, une recrudescence des maladies animales a été notée, incitant à une vigilance accrue des services vétérinaires. Le faible tapis herbacé au nord et les risques sanitaires exigent un suivi rapproché, tout comme une meilleure coordination pour faciliter l’accès des bergers aux points d’eau.En ce qui concerne les marchés agricoles et les prix, des tendances contrastées ont été notées. Le Système d’Information sur les Marchés (SIM) a présenté une évolution des prix où il a été constaté au niveau des Céréales locales (mil, maïs, sorgho, riz local) une tendance à la baisse, et à une légère hausse pour le riz brisé parfumé, des hausses modérées pour les Légumineuses (arachide coque, niébé).Pour les Légumes l’on note une fluctuation selon les produits avec une baisse pour la pomme de terre, une hausse pour l’oignon, la patate douce et le manioc.La représentante du SIM a plaidé pour une collaboration étroite avec les marchés urbains et ruraux ciblés (Thiaroye, Tilène, Sandiara, Mbour, etc.) pour une meilleure remontée des données.L’ANCAR dans son rôle de procurer des conseils agricoles et dégager des profils et perspectives de campagne a partagé ses efforts d’accompagnement des producteurs, notamment en matière de préparation des parcelles, d’itinéraires techniques et de recommandations sur les spéculations céréalières (mil, sorgho, maïs). L’intégration des données agros climatiques a également été encouragée pour optimiser les performances agricoles.Lors de la synthèse, M. Diabel Ndiaye a salué la richesse des échanges de cette réunion de la Décade 3 du GTP et a souligné les perspectives encourageantes malgré un contexte climatique complexe. Il a insisté sur la nécessité d’une veille continue sur l’élevage, la végétation, les ressources hydriques, et les dynamiques du marché.Le bulletin agro-hydro-météorologique du GTP intégrera l’ensemble des données partagées. L’agenda des activités jusqu’en octobre est validé, avec des présentations régulières sur la situation pluviométrique et les prévisions décennales.Cette réunion du GTP illustre l’importance du suivi multisectoriel pour anticiper les défis agricoles du pays. En croisant les données climatiques, agricoles, hydrologiques, pastorales et économiques, le GTP renforce les capacités d’alerte et de réponse du Sénégal face aux incertitudes climatiques et économiques.Babacar sene Journal Agropasteur /Babaclimat

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