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L’Afrique de l’Ouest constitue une région qui connait un épuisement récurrent des nutriments en raison de pratiques agricoles non durables et d’une utilisation inconsidérée des engrais qui limitent la productivité des agriculteurs

Les cultures absorbent du sol des nutriments essentiels tels que l’azote, le phosphore et le potassium (NPK) pendant la croissance et la récolte. Ces nutriments sont essentiels au développement des cultures et doivent être réapprovisionnés par le processus naturel de décomposition ou par l’application d’engrais minéraux afin d’éviter la dégradation de la fertilité du sol, source de faibles rendements.

Les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest et du Sahel subissent de faibles rendements agricoles en raison d’une fertilisation inefficace et d’une absence de connaissance scientifique des besoins nutritionnels spécifiques de leurs sols.

Pour remédier à ce problème, le Centre régional pour la santé des engrais et des sols en Afrique de l’Ouest, une initiative collaborative visant à promouvoir la santé des sols et l’utilisation durable des engrais dans la région, utilise la science des données et une modélisation avancée pour élaborer des recommandations d’engrais spécifiques aux sites afin d’améliorer la gestion de la fertilité et la productivité des sols mais aussi la productivité des agriculteurs

L’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) déploie des données avancées et une modélisation basée sur l’IA pour stimuler la gestion des nutriments des sols, la santé des sols et améliorer

Lancé en 2024 en tant que sous-programme de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Hub régional rassemble diverses parties prenantes, dont l’IITA, le Centre international de développement des engrais (IFDC), OCP Africa, l’Institut africain de nutrition des plantes (APNI), l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et la Banque mondiale à travers le projet Accélération des impacts de la recherche climatique du CGIAR pour l’Afrique (AICCRA).

Le Centre régional fournit une assistance technique pour le développement et la mise en œuvre de nouveaux investissements en matière d’engrais et de santé des sols en Afrique.

 L’une de ses principales fonctions est d’élaborer des recommandations d’engrais spécifiques à chaque site, adaptées aux conditions pédologiques et aux besoins des cultures locales, en utilisant des ensembles de données agronomiques de haute qualité et des techniques de pointe en science des données.

 Ces recommandations s’alignent sur les principes de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) et sur les 4R de la gestion des nutriments : la bonne source, le bon dosage, le bon moment et le bon endroit, afin de soutenir une agriculture intelligente face au climat, efficace et durable dans la région.

C’est dans ce cadre que des essais sur le terrain ont été effectués et ont fait l’objet de recommandations aux agriculteurs.

Le Dr Siyabusa Mkuhlani, scientifique associé en science des données à l’IITA, au Kenya, a souligné que le pôle régional élabore des recommandations d’engrais spécifiques au site à l’aide de données et de modèles tels qu’AgWise . est un outil open source et gratuit qui fournit des recommandations agronomiques basées sur des données, localisées et adaptées au climat. Il combine des ensembles de données agronomiques et géospatiales issues d’essais en champ, d’analyses de marché et de sources de données ouvertes pour fournir des conseils personnalisés sur les périodes de semis optimales, le choix des cultivars, les types et quantités d’engrais, et les bonnes pratiques agronomiques.

Le Centre régional a mis en place et gère des essais multisites d’omission de nutriments afin de générer des données alimentant des modèles pour l’élaboration de recommandations d’engrais spécifiques à chaque site. Des essais sont actuellement en cours au Ghana, au Nigéria, au Togo, en Sierra Leone et au Libéria, où les principales cultures sont le riz, le maïs et le manioc.

L’importance de la disponibilité de s données fiables n’est plus à démontrer car elles constituent un impératif de développement.

« Nous avons besoin de données », explique le Dr Mkuhlani. « Ces données nous aident à comprendre les limites actuelles des sols, leur niveau de productivité et la quantité de nutriments disponibles pour la croissance et le développement des cultures. Plus précisément, ces données se présentent sous la forme d’omissions de nutriments, où N+P sans K, ou P+K sans N ou K+N sans P, nous permettent de déterminer l’ampleur des limites et des carences de nutriments spécifiques. » « Grâce à des modèles, nous pouvons déterminer la quantité de nutriments supplémentaires (NPK) à appliquer à un agriculteur pour atteindre certains objectifs de rendement », explique le Dr Mkuhlani. « Ce NPK supplémentaire nécessaire varie selon l’emplacement et l’environnement. Dans certains endroits, les sols sont déjà riches et un peu de NPK peut être appliqué, tandis que d’autres sols sont pauvres et nécessitent davantage de NPK. »

Le Dr Mkuhlani souligne que lors de l’élaboration des recommandations d’engrais spécifiques au site, les informations socio-économiques de l’agriculteur sont utilisées pour déterminer la quantité d’éléments nutritifs NPK nécessaire pour atteindre un certain rendement, et à quel coût. Par exemple, pour atteindre le rendement potentiel, les recommandations d’engrais pourraient coûter 200 $, mais un agriculteur indique disposer de 50 $ à investir. Le modèle peut alors déterminer la recommandation appropriée, adaptée à son investissement actuel. Il peut recommander à l’agriculteur d’acheter 20 kg d’azote, 30 kg de phosphore et 10 kg de potassium, soit l’équivalent d’un engrais à 50 $. En résumé, le modèle déterminera l’application d’engrais cible en fonction de l’investissement disponible. La saison suivante, l’agriculteur pourra augmenter son investissement jusqu’à atteindre le rendement potentiel maximal estimé pour ses sols.

« Ces recommandations ne sont pas recommandées en tant que NPK élémentaire car il est difficile pour ma grand-mère de les comprendre, mais plutôt en tant que sacs de types d’engrais trouvés dans la région.

Le pôle régional sera opérationnel pendant au moins dix ans et mettra en œuvre des recommandations d’engrais spécifiques aux sites en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Des données agronomiques historiques ont déjà été collectées pour le maïs, le riz et le manioc au Nigeria, au Ghana, au Togo et en Sierra Leone à partir de bases de données. Nous sommes donc actuellement en train de formuler des recommandations de gestion des nutriments, et le processus est achevé à 25 %.

« Notre rêve est que les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest soient plus productifs et plus rentables, car ils maîtrisent mieux les applications d’engrais adaptées à leurs sols », a déclaré le Dr Mkuhlani. « Nous espérons également voir un système de vulgarisation agricole amélioré et renforcé dans la région, car nous transmettons ces recommandations aux agents de vulgarisation qui travaillent directement avec les agriculteurs. Ces derniers devraient être techniquement compétents pour former d’autres personnes. »

À noter que le Centre régional pour les engrais et la santé des sols en Afrique de l’Ouest et au Sahel basé au Nigéria à Ibadan constitue un véritable Hub sur les engrais et la santé des sols pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel qui est une initiative collaborative visant à promouvoir la santé des sols et l’utilisation durable des engrais dans la région.

Il est impératif aujourd’hui que les alternatives qui existent dans la pratique Agro écologique en Afrique soient combinées aux initiatives pour atténuer l’utilisation des engrais et améliorer ainsi la santé et la fertilisation des sols, s’alignant directement sur les besoins des sols   élaborée par la CEDEAO, la Banque mondiale (projet AICCRA) et l’IFDC.

 Cet alignement stratégique souligne la pertinence des pratiques agroécologiques sur la résolution des problèmes de santé des sols en Afrique, la préservation écologique et l’amélioration de la productivité agricole.in fine c’est la production de données agronomiques fiables qui ont longtemps été un écueil dans la planification des politiques agricole en matière de productivité et de compétitivité afin de permettre  aux agriculteurs d’Afrique de l’Ouest  d’être  plus productifs  avec des productions  plus rentables, car ils maîtrisent mieux les pratiques agroécologiques adaptées à leurs sols »,

L’espoir est donc permis de voir un système de vulgarisation et de conseil agricole amélioré et renforcé dans la région, avec des agents de vulgarisation qui travaillent directement avec les agriculteurs dans leurs espaces communs

Babacarr sene Journal Agropasteur

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