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M.  Idrissa Kama, président de l’Association Sénégalaise des Techniciens Vétérinaires Privés (ASTVP), a annoncé le lancement officiel d’une campagne de plaidoyer contre la Loi n°2008-07 du 24 janvier 2008, qui régit l’exercice privé de la médecine vétérinaire au Sénégal. Lors d’un entretien accordé à la presse, il a mis en lumière les injustices que cette législation impose aux techniciens vétérinaires, tout en soulignant leur rôle crucial dans le système de santé animale.

La profession vétérinaire qui constitue un métier au service de la santé publique, joue un rôle essentiel dans l’inspection sanitaire des viandes et la prévention des zoonoses. Pourtant, selon M. Kama, ces rôles sont toujours conférés au secteur public.

En ce qui concerne l’exercice privé de la profession vétérinaire la Loi 2008-07 introduit une discrimination au sein de la profession, notamment à travers ses articles 16 et 27 qui restreignent certaines pratiques (comme la chirurgie) aux seuls docteurs vétérinaires et pharmaciens, excluant les techniciens ATE et ITE.

 « Cette loi a été élaborée sans concertation, ni consultation des techniciens vétérinaires. Elle est source de frustration et de conflits dans notre secteur », a-t-il affirmé.

Un retour sur l’historique du secteur illustre que depuis les années 1990, le Sénégal a connu une restructuration profonde de son système vétérinaire.

 La politique de départs volontaires et le maintien par ordre sans affectation (MOSA) ont conduit à une raréfaction du personnel public. Cette période a vu émerger les premiers cabinets vétérinaires privés, souvent tenus par des techniciens formés et compétents.

La création en 1992 de l’Ordre des Docteurs Vétérinaires du Sénégal (ODVS) et l’adoption d’un Code de déontologie ont structuré la profession, mais ont aussi jeté les bases d’un système d’exclusion pour les autres corps professionnels, selon le Président de l’ASTVP qui considère qu’une telle situation a de multiples enjeux aussi bien économiques que sanitaires

Pour Idrissa Kama, « cette situation n’est pas simplement corporatiste : elle compromet la couverture sanitaire animale nationale. Il estime que les techniciens vétérinaires, souvent les seuls intervenants dans certaines zones rurales, devraient pouvoir exercer pleinement leur métier.

« Il y a un véritable conflit d’intérêts lorsque les docteurs vétérinaires sont à la fois grossistes, détaillants et régulateurs face aux techniciens. C’est inacceptable », a-t-il déclaré.

Une campagne de plaidoyer en plusieurs étapes s’impose pour l’Association ASTVP ; cette Association créée le 2 octobre 2021,  entend mener une campagne d’information à destination de la population et solliciter la tutelle pour ouvrir des discussions inclusives. Une assemblée générale et un point de presse marqueront le début officiel de cette mobilisation.

« Nous demandons une révision de la Loi 2008-07 afin de mieux refléter les réalités du terrain, respecter les compétences de chacun et garantir une médecine vétérinaire efficace, équitable et adaptée au contexte sénégalais », a plaidé Idrissa Kama.

Dans un monde où les liens entre santé animale, santé humaine et environnement sont de plus en plus évidents, la collaboration de tous les acteurs, dans l’esprit du concept « One Health » (Une seule santé), est plus que jamais nécessaire.

Babacar Sene Journal Agropasteur

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