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À l’heure où les enjeux liés à l’environnement, à l’agriculture durable et à la souveraineté alimentaire occupent une place centrale dans les politiques publiques, la question du rôle des médias dans ces dynamiques devient incontournable. Pourtant, un constat persiste : les médias sont souvent absents en termes de participation active et d’implication dans les espaces de réflexion, se limitant essentiellement à une couverture médiatique ponctuelle. Et pourtant leur rôle devrait être renforcé malgré qu’ils soient peu nombreux .Dans un paysage médiatique pluriel, les médias spécialisés ont pourtant toute leur place. Mieux encore, ils jouent un rôle déterminant dans la lisibilité et la visibilité des thématiques complexes, notamment celles liées à l’agriculture dans sa vision globale de développement durable. Cette vision intègre des dimensions essentielles telles que l’élevage, la pêche, la gestion forestière, mais aussi le plaidoyer citoyen. Autant de sujets au cœur des Journées de l’Agroécologie 2026, dont la 5ᵉ édition s’est tenue au Sénégal.Placée sous le signe du passage « de la vision à l’action » pour l’institutionnalisation de l’agroécologie, cette rencontre d’envergure aurait gagné à intégrer davantage les médias spécialisés dans ses dynamiques internes. En effet, leur faible implication contraste avec leur capacité à porter une information de qualité, ciblée et utile aux acteurs directement concernés, notamment les producteurs, les organisations paysannes et les communautés rurales.Au Sénégal, ces médias spécialisés demeurent encore trop souvent marginalisés. Leur rôle stratégique dans l’accompagnement des transitions agricoles et environnementales n’est pas suffisamment reconnu. Pourtant, leur participation active à ce type de rencontre permettrait de dépasser une approche strictement événementielle pour favoriser une compréhension approfondie des enjeux et encourager un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes.Impliquer les médias spécialisés, c’est aussi offrir un espace de co-construction des savoirs de transferts et d’importation de technologie,d’innovations et de bonne et meilleure pratique ; et face à leurs publics agriculteurs, éleveurs, techniciens, chercheurs ou décideurs ces médias peuvent croiser les regards, valoriser les expériences locales et contribuer à bâtir des systèmes alimentaires plus durables, plus équitables et plus résilients.Une telle démarche renforcerait également l’impact des Journées de l’Agroécologie auprès des communautés agricoles et rurales, véritables piliers de cette transition. La convergence entre médias spécialisés, producteurs, société civile, consommateurs et secteur privé apparaît ainsi comme une condition essentielle pour réussir la transformation agroécologique.Car au-delà des discours, la transition agroécologique repose sur un dialogue permanent entre science, politiques publiques, initiatives citoyennes et communication responsable. Les médias spécialisés sont, à ce titre, des acteurs clés de cette interface.À l’inverse, la prédominance des médias généralistes, souvent centrés sur l’actualité politique, les faits divers ou le divertissement, tend à reléguer ces problématiques de fond au second plan. Une tendance qu’il devient urgent d’inverser pour accompagner efficacement les transformations structurelles nécessaires au développement durable du pays.Babacar Sène /babaclimat/Journal Agropasteur

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