Le projet BioStar, dédié à la promotion des bioénergies au profit des petites et moyennes entreprises (PME) agroalimentaires en Afrique de l’Ouest, organise ce mardi à Dakar un atelier national de retour d’expérience et de présentation de ses résultats, marquant la fin de six années de mise en œuvre.
Coordonné par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), BioStar a été mis en œuvre en partenariat avec neuf institutions africaines et européennes, dont l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et l’Université Gaston Berger (UGB). Le projet s’inscrit dans le programme européen DeSIRA (Development Smart Innovation through Research in Agriculture) et a été financé de 2020 à 2026 par l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD).
L’objectif principal de BioStar est d’améliorer l’approvisionnement énergétique des PME agroalimentaires en zone rurale, en transformant leurs résidus de production en énergie (chaleur, force motrice et électricité). Il s’est agi de valoriser la biomasse pour renforcer l’autonomie énergétique. Le projet s’appuie sur la valorisation des sous-produits issus de filières clés telles que le riz, l’arachide, l’anacarde (cajou), la mangue et le karité.
Au Sénégal, quatre filières ont été ciblées en raison de leur importance économique, de la forte implication des femmes et de leur alignement avec les stratégies nationales de développement durable. À titre d’exemple, les coques de noix de cajou, longtemps considérées comme des déchets problématiques, sont désormais utilisées comme combustible pour produire de l’énergie.
Des résultats concrets et mesurables sont obtenus après six années de mise en œuvre où BioStar affiche beaucoup de résultats notamment quinze (15) innovations et procédés bioénergie développés ;(38) trente huit équipements installés, dont 5 solutions commerciales adaptées (17) dix sept au Sénégal et( 21) vingt et un au Burkina Faso) ;(22) vingt deux PME partenaires dans trois pays (Sénégal, Burkina Faso et Côte d’Ivoire) ; Plus d’une vingtaine d’équipementiers formés ; Près de quatre vingt dix ( 90) ateliers ayant mobilisé environ Mille cent( 1 100) participants ; (273) deux cent soixante treize PME, plus de (100) cent équipementiers et (1 500) mille cinq cent travailleurs enquêtés ; (50) cinquante stages, (10) dix thèses et (12) douze articles scientifiques produits ;Plus de (100) cent ressources techniques et scientifiques mises à disposition du public.
Ces réalisations ont contribué à renforcer l’autonomie énergétique des PME, à réduire les coûts de production, à limiter les pertes post-récolte et à favoriser la création d’emplois locaux.
Somme toute un atelier national tourné vers la pérennisation organisé sous l’égide des organisations professionnelles partenaires (ASPRODEB, ICAS, IAMS, ANR, CIRIZ, Organisation des équipementiers du Sénégal) qui vise à partager les résultats saillants du projet, à capitaliser les expériences réussies et à identifier les leviers de mise à l’échelle.
Au programme figurent notamment les allocutions officielles des autorités et partenaires , la présentation des résultats et de la vision BioStar , le partage d’expériences des PME, équipementiers et interprofessions le panel national sur l’intégration des bioénergies dans les politiques publiques et la discussion des pistes de pérennisation et la création d’un réseau national des équipementiers bioénergie.
Une réponse aux défis énergétiques ruraux dans un contexte ouest-africain marqué par des déficits énergétiques persistants, des coûts élevés de l’énergie et une forte vulnérabilité climatique apportée par BioStar sur des solutions concrètes et durables.
En valorisant la biomasse issue des résidus agroalimentaires, le projet contribue à réduire la dépendance aux énergies fossiles, à limiter la déforestation et à dynamiser les économies rurales.
L’atelier de Dakar marque ainsi une étape clé : celle du passage à l’échelle et de l’ancrage durable des bioénergies dans les politiques publiques et les stratégies de développement agroalimentaire du Sénégal.
Babacar Sene Journal Agropasteur
