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Le Comité pastoral national, composé des principales structures techniques de l’État et de ses partenaires, s’est réuni le 3 avril 2026 pour valider le Bulletin pastoral n°58 du mois d’avril 2026, sous la coordination du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE), avec la Direction de l’Élevage (DIREL) comme structure coordinatrice. Cette rencontre a regroupé notamment la DPES, le ST-CNSA, la DEEC, le PRAPS, le PDEPS, ACF, AVSF, la Direction de l’Hydraulique, l’ISRA, l’ANACIM, le CSA, le CSE, la DA, la DEFCCS, la DGPRE, la DIREL, la DSV, la DIA, la DDEQ ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers, dont le PRAPS2 Sénégal, l’ILRI et le TAAT. Une forte chaleur est attendue qui appelle à la protection du cheptel, selon les prévisions météorologiques analysées par le comité ; la première quinzaine d’avril sera marquée par une hausse significative des températures dans la zone agrosylvopastorale. Au nord et à l’est du pays, les températures devraient atteindre 43 à 46°C, tandis qu’au centre elles varieront entre 40 et 44°C, avec plusieurs épisodes de chaleur intense. L’indice de température et d’humidité (ITH), utilisé pour évaluer le stress thermique des animaux, indique des niveaux faibles à l’est de la zone sylvopastorale mais modérés dans sa moitié ouest. Face à cette situation, le comité recommande : un abreuvement régulier et suffisant du cheptel ; la limitation des déplacements de longue distance pendant les heures chaudes ; une surveillance accrue des animaux les plus vulnérables. Sur le plan pastoral, la situation des pâturages continue de se dégrader. Au 31 mars 2026, le nombre de départements déficitaires en ressources fourragères est passé de 21 à 22 sur 42 départements suivis, avec le basculement du département de Linguère en situation déficitaire. Dans les zones sylvopastorale et de la vallée du fleuve Sénégal, seuls Ranérou et Kanel restent excédentaires. Le département de Kolda pourrait également devenir déficitaire d’ici fin avril, selon les projections du bulletin. Le mois écoulé a enregistré 156 cas de feux de brousse, ayant affecté 24 501,83 hectares de végétation. Bien qu’en baisse par rapport à février (239 cas pour 144 030,6 hectares brûlés), les feux restent préoccupants. Depuis le début de la campagne le 17 octobre 2025 jusqu’au 22 mars 2026 ,807 cas de feux ont été recensés et 277 562,47 hectares ont été brûlés. Les régions les plus touchées demeurent Kolda,Tambacounda et Matam Le volume de biomasse détruite ce mois équivaut à 82 305,7 tonnes de matière sèche, soit la consommation journalière de plus de 13 millions d’unités de bétail tropical (UBT). Des Pare-feu et des feux précoces ont constitué des efforts de prévention pour prévenir la propagation des incendies ainsi, 26,4 km de pare-feu ont été ouverts ; 58 km entretenus durant le mois. Depuis le début de la campagne , 526,07 km de pare-feu ont été ouverts ; 783,71 km entretenus. Par ailleurs, 2 161 hectares ont été traités en feux précoces en mars dans la région de Sédhiou, portant le cumul national à 41 378,02 hectares traités ; 275,98 km d’axes routiers sécurisés. Concernant l‘accès à l’eau , les forages restent fonctionnels mais très sollicités ; ainsi sur 1 373 forages recensés dans la zone agrosylvopastorale 1 341 sont fonctionnels, soit un taux de fonctionnalité de 97,67 %. La brigade de Linguère affiche le meilleur taux (98,86 %), contre 96,47 % pour Kaffrine. Cependant, la forte affluence observée au niveau des forages traduit une pression croissante sur les infrastructures hydrauliques, alors que la majorité des mares sont désormais asséchées. Seules quelques mares, notamment à Piterki (Linguère) et Tiguéré (Matam), conservent encore des niveaux d’eau moyens à élevés. Le mois de mars a été marqué par des concentrations moyennes à fortes de bétail, particulièrement dans Linguère ; Koumpentoum et Ranch de Doli Ces mouvements s’expliquent par les arrivées massives en provenance du Walo et du nord de la zone sylvopastorale ; la recherche de meilleures disponibilités fourragères dans le sud. Des mouvements transfrontaliers ont également été signalés à Galoya (Podor) depuis la Mauritanie et à Ngabou (Bakel) depuis le Mali. Sur le plan zoosanitaire, 841 foyers de suspicion de maladies ont été signalés en mars sur un effectif sensible de 144 753 animaux, dont 26 988 malades et 8 104 morts ;les pathologies dominantes restent la Pasteurellose bovine, ovine et caprine pour 140 foyers ; pour la Maladie de Newcastle pour 115 foyers ; la Clavelée / Variole caprine pour 88 foyers ; la Gourme pour 52 foyers et la Peste des petits ruminants pour 49 foyers . Deux cas positifs confirmés en laboratoire ont été signalés de Rage canine à Kounkané (Vélingara) et d’Influenza aviaire H9N2 à Pout (Thiès) Une dynamique de hausse des prix et du marché est notée au niveau des Marchés à Bétail qui ont connu une activité très soutenue durant le mois de mars. Pour les Bovins, le marché de Dahra domine avec 18 850 têtes présentées et 11 470 vendues avec un prix moyen progressé de l’ordre de 393 830 F CFA, contre 354 091 F CFA en février. Pour les Ovins, le marché reste dynamique, notamment à Missirah : 31 406 têtes présentées et au Foirail de Pikine : 22 058 têtes ;Toutefois, certains marchés ont enregistré une baisse des prix moyens. Pour les Caprins , la demande reste soutenue avec des prix globalement stables. Des Recommandations du Comité pastoral ont été formulées face aux défis observés, notamment pour l’État et aux partenaires de réparer en urgence les forages en panne ; renforcer les moyens de lutte contre les feux de brousse ; intensifier la surveillance des maladies zoonotiques, notamment la rage ; engager les concertations interétatiques pour faciliter l’ouverture des frontières en vue de l’approvisionnement en moutons pour la Tabaski 2026 et redynamiser le dispositif de lutte contre le vol de bétail. Le comité retient comme principales alertes du mois en termes de Faits Saillants pour le Bulletin Pastoral N°58 du Mois d’Avril 2026, la baisse continue des ressources fourragères ; la forte affluence autour des forages ; une situation préoccupante en matière de vol de bétail ; la hausse des prix du bétail et la poursuite de la campagne de vaccination.

Babacar Sene Journal Agropasteur

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