Le Rassemblement mondial des femmes éleveuses est prévu du 26 au 29 mai 2026 à Katmandou, réunissant des femmes pasteures venues de plusieurs régions du monde autour des enjeux liés au pastoralisme, au climat, à la biodiversité, à la gestion des terres et à la sécurité alimentaire.L’Association pour la Promotion de l’Élevage au Sahel et en Savane (APESS) y a représenté l’Afrique à travers la participation de Mme Hindatou Amadou du Burkina Faso et Mme Fadimatou Balla du Cameroun.Cette rencontre internationale, organisée dans le cadre de l’Année internationale des parcours pastoraux et des pasteurs, a constitué un important espace d’échanges et de plaidoyer pour les communautés pastorales. Pendant quatre jours, près de 90 participantes ont pris part à des ateliers, dialogues et initiatives visant à renforcer la solidarité entre femmes éleveuses et à promouvoir un avenir plus juste et durable pour le pastoralisme.Cependant, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la faible mobilisation africaine lors de cette importante rencontre mondiale. Des acteurs du pastoralisme estiment que les organisations paysannes et pastorales africaines ne bénéficient pas d’un accompagnement suffisant de la part des partenaires techniques et financiers, malgré l’importance stratégique de leur participation dans les espaces internationaux de décision.Selon certains participants, cette situation limite la prise en compte des réalités africaines dans les discussions mondiales sur l’élevage, les ressources naturelles et les politiques climatiques. Ils rappellent que les partenaires internationaux participent souvent massivement à ces rencontres, alors que les organisations de producteurs et d’éleveurs du continent peinent encore à mobiliser les ressources nécessaires pour assurer une présence représentative.Les femmes pasteures présentes au rassemblement ont également insisté sur la nécessité de placer les communautés pastorales au cœur des politiques publiques et des mécanismes internationaux de gouvernance. « Quand tu fais quelque chose pour moi sans moi, ce n’est pas pour moi », ont rappelé plusieurs intervenantes pour souligner l’importance d’une participation directe des acteurs concernés.Des appels ont ainsi été lancés en direction de l’ Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) coordinatrice de plusieurs initiatives liées au pastoralisme, afin de renforcer l’accompagnement des organisations pastorales africaines et garantir une représentation plus inclusive dans les grands rendez-vous internationaux.Le rassemblement de Katmandou aura surtout permis de rappeler le rôle essentiel des femmes éleveuses dans les systèmes alimentaires, la préservation des ressources naturelles et la résilience des communautés pastorales face aux changements climatiques. Les participantes ont affirmé leur volonté de ne plus rester à la périphérie des décisions, mais d’être pleinement associées aux actions et politiques qui concernent leur avenir.Babacar sene journal Agropasteur
