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À deux jours du Grand Magal de Touba, le chercheur Dr Tamsir Mbaye, Directeur du Centre de Recherche forestière de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), propose une réflexion originale sur le rôle des institutions sociales dans la construction de la souveraineté nationale. À travers un article scientifique qu’il finalise actuellement, il avance le concept de « souverainisme institutionnel endogène », en prenant le mouridisme comme cas d’étude.
Depuis plusieurs années, les travaux du Dr Tamsir Mbaye portent sur la gouvernance foncière, la gestion des ressources naturelles et le développement territorial. Ces recherches l’ont progressivement conduit à une conviction : le développement d’un pays ne dépend pas uniquement des ressources dont il dispose, mais également de la qualité des institutions qui organisent l’action collective.
Alors que le débat sur la souveraineté occupe une place grandissante dans l’espace public sénégalais, le chercheur pose une question qui, selon lui, mérite une attention particulière : la souveraineté est-elle uniquement une affaire d’État ?
Cette interrogation est au cœur de l’article scientifique qu’il finalise actuellement, intitulé « Le mouridisme et le souverainisme institutionnel endogène : contribution à une théorie des institutions productrices de souveraineté à partir du cas sénégalais ».
Selon le Dr Mbaye, sa démarche est avant tout scientifique. « Mon intention n’est ni religieuse ni partisane. J’essaie de comprendre comment certaines institutions, construites au fil de l’histoire, parviennent durablement à produire de la confiance, de la coopération, de l’investissement, de la résilience et du développement territorial », explique-t-il.À cet égard, le chercheur estime que le mouridisme constitue un cas d’étude particulièrement intéressant. Au-delà de sa dimension spirituelle, il représente, selon lui, un exemple remarquable d’organisation sociale, de mobilisation communautaire, d’entrepreneuriat, de solidarité et de construction territoriale.
C’est précisément cette capacité institutionnelle qui retient son attention. Il propose ainsi une piste de réflexion : et si une partie de la souveraineté d’un pays se construisait également à travers ses institutions sociales, son capital collectif et sa capacité d’organisation, en complément de l’action de l’État ?
Le concept qu’il désigne sous le nom de « souverainisme institutionnel endogène » ne remet nullement en cause la laïcité de l’État ni le rôle des institutions républicaines. Il invite plutôt à reconnaître que les sociétés peuvent produire, à travers leurs propres organisations, des ressources de développement dont les politiques publiques gagneraient à s’inspirer.
À la veille du Grand Magal de Touba, le Dr Tamsir Mbaye souhaite partager cette réflexion dans un esprit d’ouverture et de dialogue scientifique. Pour lui, les chercheurs ont également pour mission de questionner les évidences, d’explorer de nouvelles grilles de lecture et d’enrichir, avec rigueur et humilité, le débat public.
En conclusion, il laisse ouverte une interrogation qui nourrit sa recherche : et si la souveraineté d’une nation se mesurait aussi à la force de ses institutions sociales et à leur capacité de transformer un héritage historique en un projet collectif d’avenir ? 

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