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Alors que l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) célèbre ses vingt années d’existence, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) entend ouvrir le débat sur les résultats du modèle promu depuis 2006. À travers le webinaire de ce Lundi 24 Aout 2026 consacré à un bilan de deux décennies de « Révolution verte », des universitaires, des experts et des acteurs de la société civile ont présenté de nouvelles données et discuté des alternatives fondées notamment sur l’agroécologie et la diversification des systèmes alimentaires. Selon les éléments présentés au cours du webinaire, la faim aurait fortement progressé dans plusieurs pays ciblés par les programmes d’AGRA, alors que d’importants financements internationaux ont été consacrés à la transformation des systèmes agricoles. Pour l’AFSA, ces résultats invitent à réexaminer les choix opérés au cours des vingt dernières années et à s’interroger sur la pertinence d’un modèle reposant fortement sur l’intensification agricole et l’utilisation d’intrants chimiques.Intervenant au nom de l’AFSA pour l’Afrique de l’Ouest, l’expert sénégalais en agroécologie Famara Diédhiou a présenté les principaux enseignements concernant le Sénégalqui a pris  une trajectoire différente. Selon lui, le pays s’est, sur plusieurs aspects, démarqué du modèle classique de la Révolution verte en accordant une place importante à des cultures longtemps considérées comme secondaires.Cette orientation aurait permis au Sénégal de maintenir, voire d’améliorer, certains niveaux de production et de rendement, tout en conservant une certaine diversité agricole. « L’intensification à forte consommation d’intrants chimiques n’a jamais, à elle seule, nourri les populations », a notamment soutenu Famara Diédhiou, estimant que l’expérience sénégalaise apporte des éléments importants au débat sur les voies permettant d’assurer la sécurité alimentaire.L’expert souligne notamment que, contrairement à la tendance observée dans plusieurs pays membres d’AGRA, le Sénégal aurait enregistré une réduction significative de la faim. Il estime que cette évolution montre que le modèle promu par la Révolution verte « n’a jamais été la seule voie » pour nourrir durablement les populations.Pour l’AFSA, l’enjeu n’est pas de s’opposer aux investissements dans l’agriculture africaine, mais de promouvoir une autre manière de les orienter en considérant la diversification , la centralité  de  l’agroécologie. Le rapport présenté lors du webinaire plaide ainsi pour davantage de financements en faveur de systèmes agricoles diversifiés, résilients et adaptés aux réalités locales.Parmi les pistes avancées figurent la diversification des systèmes agroécologiques, l’amélioration de la fertilité biologique des sols, le développement de systèmes semenciers gérés par les agriculteurs, la diversification de la production à l’échelle des exploitations, ainsi que le renforcement d’une vulgarisation agricole publique davantage portée par les producteurs eux-mêmes.Cette approche, selon l’AFSA, permettrait également de mieux répondre aux effets du changement climatique et de renforcer la résilience des exploitations familiales.Au Sénégal, la Dynamique pour une Transition Agroécologique du Sénégal (DYTAES) est présentée comme une illustration d’une mobilisation plurielle autour de la transition agroécologique. Elle rassemble différents acteurs engagés dans la construction de systèmes alimentaires plus durables et plus adaptés aux réalités du pays.Famara Diédhiou appelle toutefois à la vigilance face aux stratégies susceptibles, selon lui, de réintroduire progressivement des approches inspirées de la Révolution verte sous de nouvelles formes. Il estime que le Sénégal doit préserver ses acquis et éviter que des initiatives extérieures ne viennent fragiliser les dynamiques nationales de transition agroécologique.« Les preuves sont là, il est temps de financer ce qui fonctionne »Pour l’AFSA, l’agroécologie n’est désormais plus seulement une revendication portée par les organisations de la société civile. Des stratégies et des politiques nationales intégrant cette approche ont été adoptées dans plusieurs pays africains.L’enjeu ne serait donc plus de démontrer l’existence d’alternatives à la Révolution verte, mais de leur donner les moyens financiers nécessaires pour changer d’échelle.C’est dans cette perspective que l’AFSA a publié son rapport intitulé « La Révolution verte a échoué en Afrique : vingt ans après ». L’organisation appelle à un changement de cap en faveur de systèmes alimentaires agroécologiques et diversifiés, en s’appuyant sur les expériences qui, selon elle, produisent déjà des résultats sur le continent.« Les preuves sont là. Il est temps de financer ce qui fonctionne », résume l’AFSA, qui entend ainsi replacer la diversification agricole, la souveraineté alimentaire et l’agroécologie au cœur des politiques d’investissement agricole en Afrique.Babaclimat Journal Agropasteur Affichage

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