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À l’occasion de la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de l’UNCCD), le Sénégal entend mettre en avant l’importance de la gouvernance foncière, du dialogue multipartite et du financement territorial comme conditions essentielles d’une restauration durable des terres.Porté par la Plateforme nationale de dialogue sur la gouvernance foncière (PNGF), un événement parallèle prévu le mercredi 26 août au pavillon de l’International Land Coalition (ILC) sera consacré au thème : « Des droits sécurisés à des territoires résilients : gouvernance foncière, dialogue multipartite et financement territorial pour la restauration des terres ».Cette rencontre s’inscrit dans le thème général de la COP17, « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », et sera l’occasion de partager l’expérience sénégalaise en matière de gouvernance foncière, tout en ouvrant le débat sur les conditions nécessaires à la réussite des programmes de restauration.Pour la délégation sénégalaise de la PNGF, la restauration des terres ne saurait être réduite à une question exclusivement technique ou écologique. Elle doit également prendre en compte les conditions de gouvernance dans lesquelles les programmes sont conçus et mis en œuvre.Dans les territoires sahéliens confrontés à la dégradation accélérée des terres, aux sécheresses récurrentes et à une vulnérabilité croissante des populations, la sécurisation des droits fonciers, la reconnaissance des usages pastoraux, la participation des acteurs locaux et la prévention des conflits constituent des enjeux majeurs.La PNGF défend ainsi une approche articulée autour de trois dimensions complémentaires : sécuriser les droits pour restaurer, financer les territoires pour agir et renforcer le dialogue pour améliorer la gouvernance.Une conviction résume cette approche : il ne peut y avoir de restauration durable sans sécurisation des droits, de résilience sans territoires suffisamment financés et de territoires durables sans reconnaissance du pastoralisme.La reconnaissance de la mobilité pastorale et la sécurisation des espaces dédiés aux activités d’élevage constituent également un volet important de la position défendue par le Sénégal.Dans les zones sahéliennes, la mobilité des éleveurs et des troupeaux représente une stratégie d’adaptation aux contraintes climatiques et à la variabilité des ressources naturelles. La prise en compte des usages pastoraux dans les politiques foncières et les programmes de restauration apparaît dès lors indispensable pour renforcer la résilience des territoires et prévenir les conflits liés à l’accès aux ressources.Pour la PNGF, les programmes de restauration doivent ainsi intégrer les droits existants, les usages locaux des terres et les besoins spécifiques des communautés pastorales et agricoles.L’accès au financement constitue un autre enjeu majeur soulevé par le Sénégal. La restauration des terres ne peut produire des résultats durables si les ressources financières demeurent éloignées des collectivités territoriales, des communautés et des organisations locales chargées de mettre en œuvre les actions concrètes sur le terrain.L’événement parallèle permettra donc d’examiner les mécanismes susceptibles de territorialiser les financements de la restauration, afin de les rendre davantage adaptés aux réalités locales et aux capacités des acteurs territoriaux.L’ambition est également de faire en sorte que les investissements tiennent pleinement compte des réalités foncières et pastorales des territoires concernés.La troisième dimension de l’approche sénégalaise porte sur le renforcement du dialogue entre les différentes catégories d’acteurs.À cet égard, la PNGF constitue une expérience sénégalaise de dialogue institutionnalisé réunissant différentes parties prenantes autour des questions de gouvernance foncière.Les échanges porteront notamment sur la mise en œuvre des Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (VGGT). Ces directives constituent un cadre de référence pour renforcer la participation, protéger les droits et prévenir les conflits dans les processus de restauration des terres.La rencontre réunira des représentants des États, des collectivités territoriales, des organisations paysannes et d’éleveurs, des plateformes de dialogue, des chercheurs, des institutions internationales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile.Au-delà de l’expérience sénégalaise, les discussions devraient s’ouvrir à d’autres expériences africaines, notamment sahéliennes, afin d’identifier les enseignements communs et les possibilités de coopération.Les échanges s’articuleront autour de trois messages forts :Sécuriser les droits pour restaurer ;Dialoguer pour gouverner ;Financer pour transformer.Des recommandations pour l’après-COP17Au terme de la rencontre, les organisateurs souhaitent contribuer à une meilleure compréhension des liens entre sécurisation foncière, gouvernance territoriale, financement et restauration des terres.Les discussions devraient également permettre d’identifier des mécanismes permettant d’améliorer la territorialisation des financements, de renforcer l’intégration des principes des VGGT dans les programmes de restauration et de promouvoir la coopération Sud-Sud, la recherche et les partenariats.Les recommandations issues des échanges pourraient alimenter la feuille de route post-COP17, avec l’ambition de faire de la restauration des terres un processus véritablement inclusif et durable, porté par les territoires et leurs communautés.À travers cette initiative, le Sénégal entend ainsi défendre à la COP17 une vision de la restauration des terres plaçant les droits fonciers, le dialogue, le pastoralisme et le financement territorial au cœur de la construction de territoires résilients.Babaclimat – Journal Agropasteu

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