À la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), le Dr Abdrahmane Wane, Directeur régional de l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, porte un message clair : investir dans les parcours pastoraux, c’est investir dans les communautés, la résilience des territoires et la lutte contre la désertification et le changement climatique.À l’occasion de la COP17, le Dr Wane a co-présenté le rapport « Rangelands Rising: Investing in Sustainable Management and Restoration », élaboré conjointement par l’ILRI, la GIZ et l’UICN. Le document met en avant les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux liés à la restauration et à la gestion durable des terres pastorales.Selon le rapport, chaque dollar investi dans la restauration de terres pastorales dégradées pourrait générer entre 4 et 6 dollars de bénéfices.À travers cette présentation, le Dr Wane appelle à changer le regard porté sur le pastoralisme. Les investissements destinés aux parcours pastoraux ne devraient pas être perçus comme une simple aide aux communautés, mais comme un investissement dans des écosystèmes qui jouent un rôle économique et environnemental majeur.« Le pastoralisme n’est pas une affaire de charité, mais une opportunité économique viable », a-t-il défendu, plaidant pour une meilleure prise en compte des parcours pastoraux dans les politiques de développement, de résilience climatique et de restauration des terres.Mieux intégrer les terres pastorales dans les politiques climatiquesLe responsable de l’ILRI a également insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les terres pastorales dans les politiques et plans nationaux de lutte contre le changement climatique.Il relève notamment que ces espaces restent insuffisamment pris en compte dans les plans climatiques de 24 pays, alors qu’ils contribuent à la résilience des territoires. Les parcours pastoraux disposent notamment de capacités de stockage du carbone et participent à la réduction des effets de la sécheresse et de la dégradation des terres.Autre axe du plaidoyer : la valorisation des connaissances des communautés pastorales. Le Dr Wane souligne l’importance de rapprocher la recherche scientifique des savoirs et pratiques développés par les pasteurs face aux contraintes climatiques et à la dégradation des terres.Les communautés pastorales doivent ainsi être reconnues comme des acteurs de première ligne de la gestion et de la restauration des écosystèmes pastoraux, avec des mécanismes de financement permettant de mieux soutenir leur contribution.À travers sa participation à la COP17 et le rapport « Rangelands Rising », l’ILRI entend ainsi renforcer la reconnaissance du rôle stratégique des parcours pastoraux dans la restauration des terres, la résilience climatique et le développement durable.Babaclimat Journal Agropasteur
