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La médecine traditionnelle a énormément à donner en matière de santé publique, mais les politiques et les cadres administratifs font encore défaut » estime le président de l’ONG PROMETRA International, Dr Erick Gbodossou,à l’occasion de la 24e édition de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée le 31 août 2026 autour du thème : « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine ».Le président de l’ONG PROMETRA International, Dr Erick Gbodossou a adresse un message aux peuples africains et interpelle les décideurs sur la place de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé du continent.Dans son message, Dr Erick Gbodossou s’adresse aux autorités gouvernementales, aux parlementaires, aux responsables politiques et administratifs, mais également aux guérisseurs, Sanoussi, Kpohintos, Bokonon, Vodounon, ainsi qu’aux responsables de cultes, aux détenteurs de traditions ancestrales et aux leaders de pratiques anciennes susceptibles de contribuer au développement de la santé en Afrique.Pour le président de PROMETRA International, la réflexion doit être replacée dans une perspective historique. Il rappelle que la Conférence internationale sur les soins de santé primaires, tenue du 6 au 12 septembre 1978 à Alma-Ata, dans l’actuel Kazakhstan, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNICEF, avait abouti à la célèbre Déclaration d’Alma-Ata.Cette conférence, qui avait réuni plus de 3 000 délégués venus de 134 pays, avait consacré la santé comme un droit fondamental de l’être humain et placé les soins de santé primaires au cœur de l’objectif de « santé pour tous ».Mais près d’un demi-siècle plus tard, Dr Gbodossou s’interroge sur la réalité de cette reconnaissance dans les pays africains.« Dans nos pays de la Région africaine, la santé est-elle réellement considérée comme un droit humain lorsque l’on compte parfois un médecin pour 100 000 habitants et un infirmier pour plus de 10 000 habitants ? », s’interroge-t-il.Il évoque également la persistance de la mortalité maternelle, infantile et néonatale, ainsi que le poids de la malnutrition, autant de défis qui continuent de fragiliser les systèmes de santé africains.Face à ces difficultés, il rappelle qu’en juillet 2001, à Lusaka, en Zambie, les chefs d’État africains avaient adopté une décision historique proclamant 2001-2010 « Décennie de la médecine traditionnelle africaine », avec l’appui de l’OMS, notamment de sa Région Afrique.Des recherches et des résultats, mais encore trop peu valorisésSelon Dr Erick Gbodossou, ces dernières décennies n’ont toutefois pas été vaines. Il reconnaît que de nombreux travaux de recherche et de développement consacrés à la médecine traditionnelle ont été conduits dans plusieurs pays africains, dans des domaines sanitaires diversifiés.Certains résultats obtenus, affirme-t-il, ont même fait l’objet de protections auprès de différentes institutions de propriété intellectuelle, notamment l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), ainsi que dans plusieurs pays.Le principal obstacle résiderait désormais dans l’absence, dans plusieurs pays, de cadres juridiques et réglementaires permettant de transformer ces résultats de recherche en produits accessibles aux populations.« En l’absence de loi, les résultats obtenus ne peuvent pas être valorisés », déplore le président de PROMETRA International, qui appelle à franchir le pas de la recherche vers la production, la distribution et l’utilisation des solutions issues des savoirs médicinaux africains.Dr Gbodossou souligne également ce qu’il considère comme un paradoxe majeur : alors que certaines grandes maladies continuent de faire des ravages sur le continent, des recherches portant sur des solutions issues de la médecine traditionnelle africaine restent insuffisamment exploitées.Il cite notamment le VIH/Sida et Ebola, estimant que des travaux et des solutions issus de la recherche africaine mériteraient d’être davantage étudiés, évalués et, lorsqu’ils répondent aux exigences scientifiques et réglementaires, valorisés au bénéfice des populations.Pour le président de PROMETRA International, la médecine traditionnelle dispose d’un potentiel considérable en matière de santé publique. Encore faut-il, estime-t-il, que les politiques publiques et les administrations créent les conditions nécessaires à son développement.L’OMS estime par ailleurs qu’une très grande majorité de la population d’Afrique subsaharienne recourt à la médecine traditionnelle. Pour Dr Gbodossou, cette réalité devrait conduire les États à mieux organiser et encadrer ce secteur plutôt qu’à le maintenir à la périphérie du système sanitaire.« Combien de pays ont réellement légalisé leur médecine traditionnelle ? » se pose le président de PROMETRA International en sus des autres questions aux décideurs africains relatives sur le nombre de pays disposant aujourd’hui d’une législation effective sur la médecine traditionnelle ? Sur le nombre de pays qui ont adopté les textes d’application nécessaires ; et la place que cette médecine occupe- dans les budgets nationaux de santé ?Ces interrogations prennent également une dimension économique et culturelle. Dr Gbodossou alerte sur le risque de voir des chercheurs et opérateurs étrangers venir collecter, dans les villages africains, les connaissances et savoirs détenus par les guérisseurs, avant de les transformer en produits commercialisés.Il met en garde contre le risque qu’un jour, « les Blancs reviennent nous vendre les produits issus des connaissances qu’ils auront puisées auprès de nos guérisseurs et apprennent à nos enfants ce que faisaient leurs grands-parents ».À l’occasion de cette 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, PROMETRA International renouvelle donc son appel à la légalisation et à la reconnaissance institutionnelle de la médecine traditionnelle dans les pays africains.Dr Gbodossou plaide notamment pour une meilleure structuration du système sanitaire, avec la mise en place de cadres administratifs spécifiques permettant de prendre en compte les deux grandes approches thérapeutiques.Selon lui, médecine conventionnelle et médecine traditionnelle reposent sur des approches, des logiques, des rationalités et des conceptions de la santé qui ne sont pas toujours identiques, mais qui pourraient être davantage organisées dans une perspective de complémentarité et de santé publique.Il invite également à élargir les champs de la recherche. À ses yeux, le modèle cartésien sur lequel repose largement la médecine conventionnelle ne permet pas à lui seul de mesurer toutes les dimensions de l’être humain, notamment l’amour, l’intuition et l’émotion, qu’il considère comme des composantes importantes de l’expérience humaine.Parmi les autres défis portés par PROMETRA International figurent l’organisation des guérisseurs en associations, afin de leur permettre d’exercer dans un cadre formel, avec des droits mais aussi des obligations et une responsabilité envers la collectivité.L’organisation préconise également le développement de recherches collaboratives entre détenteurs de savoirs traditionnels et chercheurs, la valorisation des résultats de recherche, l’identification de solutions africaines adaptées aux problèmes sanitaires locaux et aux grandes pandémies, ainsi que la protection des détenteurs de connaissances traditionnelles contre leur appropriation abusive.PROMETRA encourage enfin les guérisseurs à transmettre leurs connaissances à de jeunes générations, notamment à travers la formation d’élèves, afin d’assurer la pérennité de ces savoirs et de ce patrimoine médical et culturel africain.Un appel à la transmission et à la protection des valeurs africainesEn conclusion de son message, Dr Erick Gbodossou s’adresse directement aux guérisseurs et aux autres détenteurs des valeurs et savoirs issus des civilisations africaines.Il les invite à préserver, transmettre et valoriser cet héritage, tout en appelant les États africains à créer les conditions juridiques, scientifiques et institutionnelles nécessaires à sa reconnaissance.Le président de PROMETRA International clôt son message par une invocation : la protection des mânes des ancêtres et l’espoir que les pas des peuples africains soient éclairés par la spiritualité universelle.Babacar sene journal Agropasteur (Rejometra-Sn

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