La Rage est une maladie presque toujours mortelle, mais évitable à 100 % qui continue de tuer alors qu’elle est aujourd’hui l’une des maladies infectieuses les plus évitables. Chaque année, le 28 septembre, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale contre la rage, une occasion de rappeler les dangers de cette zoonose, mais surtout les moyens de prévenir les décès humains. Maladie virale ancienne et redoutée, la rage est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible de l’animal à l’homme. Une fois les symptômes cliniques déclarés, elle est pratiquement toujours mortelle. Pourtant, elle peut être évitée grâce à la vaccination des animaux, à la prévention des morsures et à une prise en charge rapide des personnes exposées. Le chien demeure la principale source de transmission de la rage humaine. Selon les données de référence internationales, environ 99 % des cas humains sont liés aux chiens infectés, principalement à la suite de morsures, mais aussi de griffures ou de contacts avec la salive d’un animal infecté. Une morsure : ne jamais attendre Face à une morsure ou une griffure suspecte, chaque minute compte. La première mesure consiste à laver immédiatement et abondamment la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes. La victime doit ensuite se rendre sans délai dans un centre de santé ou un centre antirabique pour une évaluation médicale et, si nécessaire, recevoir une prophylaxie post-exposition, notamment la vaccination antirabique et, dans certaines situations, des immunoglobulines. L’animal à l’origine de la morsure doit également être signalé et placé sous observation selon les procédures vétérinaires en vigueur. Il ne faut jamais attendre l’apparition des symptômes chez la personne mordue. Le 28 septembre, en mémoire de Louis Pasteur Si cette journée mondiale est célébrée le 28 septembre, ce n’est pas un hasard. Cette date commémore la mort de Louis Pasteur, décédé le 28 septembre 1895. Le savant français a joué un rôle déterminant dans l’histoire de la lutte contre la rage et dans le développement de la vaccination. La rage accompagne l’humanité depuis des millénaires. Les civilisations anciennes avaient déjà observé les comportements particulièrement inquiétants des personnes atteintes, notamment les spasmes de la gorge et l’impossibilité de boire, à l’origine du terme hydrophobie. Avant les travaux de Pasteur, les moyens de lutte contre la maladie étaient rudimentaires et souvent inefficaces. Des traitements allant de la cautérisation des plaies au fer rouge à diverses préparations traditionnelles étaient utilisés, sans parvenir à empêcher l’issue fatale lorsque la maladie se déclarait. Au XIXᵉ siècle, les travaux de Louis Pasteur et de ses collaborateurs vont changer le cours de l’histoire médicale. À partir de recherches sur l’agent responsable de la rage et sur son passage dans le système nerveux, Pasteur met au point une méthode permettant d’atténuer progressivement la virulence du virus. En juillet 1885, un jeune Alsacien de neuf ans, Joseph Meister, est amené à Pasteur après avoir été gravement mordu par un chien suspect de rage. Il reçoit une série d’injections avec le traitement expérimental élaboré par Pasteur et ses collaborateurs. Joseph Meister survit. Cette expérience constitue un moment majeur de l’histoire de la médecine : pour la première fois, une intervention postérieure à l’exposition permet de prévenir l’apparition d’une maladie jusque-là considérée comme quasiment inéluctablement mortelle. Quelques années plus tard, l’Institut Pasteur, inauguré à Paris en 1888, devient un centre majeur de recherche et de lutte contre les maladies infectieuses, notamment la rage. Malgré les progrès scientifiques, la rage n’a pas disparu. Elle continue de provoquer des dizaines de milliers de décès humains chaque année, principalement en Afrique et en Asie, où l’accès à la vaccination des chiens, aux soins et aux traitements post-exposition demeure insuffisant dans de nombreuses zones. Cette persistance rappelle une réalité essentielle : disposer d’un vaccin ne suffit pas. Encore faut-il que les populations puissent y accéder rapidement et que les animaux soient correctement vaccinés « Plus forts ensemble » – « Stronger Together ».« Plus forts ensemble » une seule santé contre la rage est le thème pour 2026, où la Journée mondiale contre Le message rejoint directement l’approche « Une seule santé », qui considère que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont étroitement liées. La lutte contre la rage ne relève donc pas uniquement des services de santé. Elle mobilise également les services vétérinaires, les collectivités territoriales, les professionnels de l’élevage, les organisations communautaires, les propriétaires d’animaux et les populations. La vaccination massive et régulière des chiens constitue l’un des principaux leviers pour interrompre la transmission à l’être humain. À cela s’ajoutent la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des populations, la disponibilité des vaccins et l’accès rapide à la prophylaxie post-exposition. Derrière la célébration du 28 septembre se trouve un objectif mondial : mettre fin aux décès humains dus à la rage à transmission canine d’ici 2030.Un objectif ambitieux, mais fondé sur un constat simple : contrairement à de nombreuses maladies infectieuses, la rage humaine transmise par les chiens peut être éliminée grâce à des outils déjà disponibles. La véritable urgence est donc désormais celle de l’accès : vacciner les chiens, protéger les populations, former les communautés et garantir à toute personne exposée une prise en charge rapide. Le 28 septembre ne doit ainsi pas être seulement une journée de commémoration. Il doit être un rappel : face à la rage, prévenir une morsure, vacciner un chien et traiter rapidement une personne exposée peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Babacar sene journal Agropasteur
