L’Association internationale des chercheurs et boursiers (IARSAF), regroupant de jeunes chercheurs et universitaires de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), organise du 3 au 5 novembre 2026 son 29ᵉ symposium annuel. Cette rencontre scientifique entend promouvoir des innovations agricoles intelligentes face au climat et favorables à la nutrition, afin de renforcer la productivité et la résilience des systèmes agroalimentaires africains.Placée sous le thème « Des systèmes agroalimentaires productifs, riches en nutriments et résilients : généraliser les innovations climato-intelligentes et nutritionnelles », cette édition se déroule sur plusieurs sites, notamment au siège de l’IITA à Ibadan, au Nigeria, ainsi qu’à l’IITA Kenya et au Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (icipe), à Nairobi, au Kenya.Durant trois jours, chercheurs, scientifiques, universitaires et professionnels du développement agricole échangeront sur les moyens de faire de la recherche et de l’innovation des leviers de transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique. Au programme figurent notamment le partage des connaissances scientifiques, le mentorat, les collaborations entre chercheurs et la valorisation des innovations susceptibles d’améliorer les conditions de production et la qualité nutritionnelle des aliments.Face aux défis climatiques et nutritionnels, la recherche appelée à accélérer les solutionsCette rencontre intervient dans un contexte marqué par la multiplication des pressions qui pèsent sur l’agriculture africaine : changement climatique, dégradation des terres, insécurité alimentaire et malnutrition. Face à ces défis, les organisateurs soulignent la nécessité de dépasser une approche exclusivement centrée sur l’augmentation des volumes de production agricole.L’enjeu consiste désormais à promouvoir des systèmes agroalimentaires capables de produire davantage tout en améliorant la qualité nutritionnelle des aliments, en préservant les ressources naturelles et en renforçant la capacité des producteurs à faire face aux chocs environnementaux et économiques.Le thème retenu traduit ainsi une évolution des priorités de la transformation agricole en Afrique. Il s’agit de concilier trois objectifs complémentaires : accroître la productivité, améliorer la nutrition et renforcer la résilience des exploitations agricoles et des systèmes alimentaires face aux effets du changement climatique.Dans cette perspective, la recherche scientifique est appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement de solutions adaptées aux réalités des territoires et aux besoins des communautés agricoles.Le 29ᵉ symposium annuel de l’IARSAF réunira plusieurs intervenants de référence issus de la recherche agricole, de l’amélioration des cultures, de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, du développement des jeunes et de l’adaptation au changement climatique.Parmi les principaux conférenciers figurent le professeur Charles Oluwaseun Adetunji, vice-recteur chargé de la recherche à l’Université fédérale d’agriculture et des études sur le développement d’Iragbiji, dans l’État d’Osun, au Nigeria ; le Dr Ekemini Obok, professeur associé spécialisé dans l’amélioration des cultures à l’Université de Calabar ; le Dr Olubukola Precious Idowu, coordonnatrice du programme consacré aux questions de genre et au développement des jeunes au Centre de ressources médiatiques agricoles et de vulgarisation (AMREC) de l’Université fédérale d’agriculture d’Abeokuta ; ainsi que le Dr John Choptiany, spécialiste de l’adaptation au changement climatique et de la résilience à l’IITA Kenya.Des experts mobilisés autour de l’innovation agricole qui lors de leurs interventions devraient permettre d’approfondir les dimensions scientifiques, institutionnelles et sociales de la construction de systèmes agroalimentaires résilients. Elles mettront également en lumière les possibilités de déployer à plus grande échelle des innovations répondant aux défis agricoles auxquels le continent est confronté.Au-delà des échanges scientifiques, le symposium offrira aux jeunes chercheurs l’occasion de dialoguer avec des scientifiques expérimentés et des professionnels du développement, de confronter leurs résultats et d’explorer les moyens de transformer les connaissances issues de la recherche en solutions concrètes au bénéfice des producteurs, des communautés rurales et des acteurs des chaînes de valeur agricoles.Au sein de l’IITA, l’IARSAF contribue au renforcement des capacités scientifiques des chercheurs et boursiers, au développement de réseaux professionnels et à la promotion de leur participation à la recherche et au développement agricoles.Au fil des éditions, son symposium annuel s’est imposé comme un espace de présentation des travaux émergents, de dialogue interdisciplinaire et de rapprochement entre jeunes scientifiques, chercheurs confirmés et professionnels du développement.c’est véritablement une jeunesse scientifique, un levier de transformation agricoleLa 28ᵉ édition, organisée en octobre 2025, était consacrée à la résilience climatique et à la transformation nutritionnelle à travers la science et une approche systémique. Les discussions avaient notamment mis en évidence l’importance du mentorat, de la communication scientifique, du renforcement des chaînes de valeur, de l’agro-industrie et de la nécessité de rendre les résultats de la recherche accessibles aux populations auxquelles ils sont destinés.Cette précédente édition avait également souligné l’importance des collaborations et d’une approche intégrée pour répondre aux défis interdépendants des systèmes alimentaires africains.Dans le prolongement de ces réflexions, le symposium de 2026 entend approfondir la question du passage de la recherche à l’action, en examinant comment l’agriculture climato-intelligente et les innovations nutritionnelles peuvent contribuer à des changements plus larges en matière de développement.Pour les jeunes chercheurs, l’enjeu ne se limite donc pas à présenter leurs travaux. Il s’agit aussi de mieux comprendre comment leurs découvertes peuvent influencer les politiques publiques, les pratiques agricoles et les stratégies d’innovation au service du développement du continent.À travers l’Afrique, la nécessité de produire davantage de denrées alimentaires, d’en améliorer la qualité nutritionnelle et de réduire la vulnérabilité de l’agriculture aux effets du changement climatique devient de plus en plus pressante.Pour relever ce défi, une approche intégrée s’impose. Celle-ci doit articuler l’amélioration des cultures, la gestion durable des sols, l’adaptation climatique, la préservation de la biodiversité, la nutrition, l’inclusion des femmes et la participation des jeunes.Elle suppose également de renforcer les partenariats entre les institutions de recherche, les universités, les décideurs publics, les organisations de développement, le secteur privé et les communautés agricoles. L’objectif est de garantir que les innovations prometteuses puissent être accessibles aux producteurs, financièrement abordables et déployées à une échelle suffisamment large pour produire des effets durables.À travers ce 29ᵉ symposium annuel, l’IARSAF entend ainsi contribuer à la réflexion sur l’avenir de l’agriculture africaine, en donnant aux jeunes chercheurs une plateforme d’échanges autour des grandes priorités du continent.La rencontre organisée au Nigeria et au Kenya devrait enfin réaffirmer l’importance de l’investissement dans la nouvelle génération de scientifiques africains et du renforcement des collaborations en matière de recherche. Un enjeu majeur pour bâtir des systèmes agroalimentaires qui ne soient pas seulement productifs, mais également nutritifs, inclusifs et résilients face aux crises climatiques et économiques.Babacar séne journal Agropasteur
