Du 14 au 20 septembre 2026, Niaguis, en Casamance, accueille la cinquième édition du Camp International Agroécologique du Mouvement panafricain « Nous Sommes la Solution » (NSS). Au cœur de cette rencontre : l’aviculture villageoise, la souveraineté alimentaire et la promotion des droits des femmes rurales. Une initiative qui confirme la place centrale des femmes dans la recherche et la mise en œuvre de solutions face aux défis du développement. A Niaguis les femmes ne sont pas là pour faire de la figuration.; elles portent les initiatives, transmettent leurs savoir-faire et imaginent des réponses concrètes aux défis de leurs communautés. Du 14 au 20 septembre 2026, le Mouvement panafricain Nous Sommes la Solution (NSS) leur consacre une nouvelle étape de son combat pour l’agroécologie paysanne, la souveraineté alimentaire et les droits des femmes rurales. Pour cette cinquième édition du Camp International Agroécologique, les projecteurs se braquent sur l’aviculture villageoise. Un choix loin d’être anodin : l’élevage de volailles locales peut à la fois diversifier les revenus, améliorer la sécurité alimentaire et consolider l’économie des exploitations familiales.« Lorsqu’on met des femmes devant, les choses marchent sur des roulettes une formule bien dite par Patrick Sagbo, membre du réseau Jinukun et de la Fédération agroécologique du Bénin, présent à Niaguis,à l’instar des participantes et participants venus de dix pays d’Afrique de l’Ouest . Le participant béninois salue cette rencontre qui place les femmes aux commandes de la transition agroécologique.« Lorsqu’on met des femmes devant, les choses marchent sur des roulettes », a-t-il toujours lancé, soulignant leur capacité à faire avancer les projets dès lors qu’elles sont reconnues comme des actrices à part entière du développement. Un message qui résonne avec l’engagement de Mariama Sonko, présidente du Mouvement Nous Sommes la Solution. Sous son impulsion, le camp s’inscrit dans une dynamique qui mise sur les savoirs paysans, l’autonomie alimentaire et la défense des droits des femmes rurales. L’aventure du Camp International Agroécologique de Niaguis a commencé en septembre 2022. Dès le départ, l’objectif était clair : redonner vie aux terres et soutenir des activités de développement conçues et portées par les femmes. Le mouvement défend une idée simple mais puissante : les femmes détiennent des savoirs, des solutions et des réponses aux blocages du développement, souvent mieux adaptées aux réalités locales que les modèles qui leur sont imposés. Au fil des éditions, cette ambition s’est concrétisée autour de plusieurs thèmes :- 2022 : lancement de l’initiative autour de la revitalisation de la terre.- 2023 : deuxième édition consacrée aux semences horticoles.- 2024 : troisième édition dédiée aux bioprotecteurs.- 2025 : quatrième édition portant sur la culture horticole.- 2026 : cinquième édition consacrée à l’aviculture villageoise. Cette trajectoire traduit une volonté de donner aux femmes rurales les outils nécessaires pour développer des activités adaptées à leur quotidien, tout en posant les bases d’une agriculture plus autonome et plus respectueuse des écosystèmes. Pourquoi miser sur l’aviculture villageoise en 2026 ? Parce que les attentes exprimées par les femmes sont nombreuses : trouver de nouvelles sources de revenus, renforcer l’alimentation des ménages, mieux résister aux aléas climatiques et valoriser les ressources disponibles sur place. En associant l’élevage de volailles locales aux activités agricoles, NSS veut renforcer les liens entre les différentes composantes des exploitations familiales .Dans cette logique, les fientes de volailles peuvent fertiliser les sols, tandis que certains résidus agricoles peuvent être réutilisés pour nourrir les oiseaux. Une forme d’économie circulaire qui limite les pertes et permet de tirer davantage parti des ressources déjà présentes dans les exploitations. L’intérêt est aussi économique. La vente des œufs, des volailles et, dans certains cas, des fientes utilisées comme fertilisants, peut offrir aux femmes des revenus complémentaires et réduire la dépendance des ménages à une seule activité. Des pratiques plus durables, moins dépendantes des intrants industriels Le thème répond également à une demande très concrète : mieux maîtriser les techniques d’élevage durable. À Niaguis, les participantes doivent pouvoir renforcer leurs connaissances et développer une aviculture réellement adaptée aux conditions locales. L’ambition est de favoriser des systèmes moins dépendants des intrants chimiques ou industriels, en s’appuyant davantage sur les ressources du territoire, les savoirs paysans et les pratiques respectueuses de l’environnement. Cette approche rejoint le cœur de l’agroécologie : produire davantage de manière responsable, nourrir les familles, préserver les sols et renforcer l’autonomie des exploitations. Pour les femmes rurales, l’aviculture villageoise ne se résume pas à une activité commerciale. Elle peut aussi améliorer l’accès des familles aux protéines animales et accroître la disponibilité de produits issus directement des exploitations. L’élevage de races locales joue par ailleurs un rôle dans la préservation des ressources génétiques animales. Maintenir ces volailles dans les villages contribue à conserver la diversité avicole, à condition de s’appuyer sur des pratiques d’élevage et de conservation adaptées. Dans des régions où les saisons des pluies deviennent de plus en plus incertaines, l’aviculture peut enfin servir de filet de sécurité. En complément des cultures, elle permet aux femmes de diversifier leurs activités et de mieux absorber les chocs qui fragilisent les revenus agricoles. Avec cette cinquième édition, le Mouvement Nous Sommes la Solution poursuit une démarche fondée sur la formation, le partage d’expériences et la mise en lumière des initiatives féminines. La participation d’acteurs venus d’autres pays africains, comme Patrick Sagbo du réseau Jinukun du Bénin, donne à la rencontre une véritable dimension panafricaine. De la revitalisation des terres aux semences horticoles, des bioprotecteurs à l’aviculture villageoise, les éditions successives du Camp de Niaguis racontent la même volonté : construire des réponses à partir des réalités vécues par les femmes rurales. NSS défend ainsi une conviction forte : les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires des politiques de développement. Elles sont productrices, entrepreneures rurales, gardiennes des semences et des ressources naturelles. Elles sont aussi capables de conduire des transformations durables, à condition d’avoir la responsabilité, les moyens et la confiance nécessaires. À Niaguis, la cinquième édition du Camp International Agroécologique 2026 présidé par l’Adjoint au Sous Préfet Idy Gomel Bâ qui a officiellement procédé au lancement de la rencontre , promeut les femmes au centre de la scène. Et rappelle une évidence : lorsqu’on leur ouvre la voie, elles savent faire avancer les solutions parfois, comme le dit Patrick Sagbo, « sur des roulettes ».Babacar Journal Agropasteur /www.agropasteur.com
