À l’approche de la 17ᵉ session de la Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), prévue en Mongolie, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ses partenaires attirent l’attention des participants sur une opportunité majeure : « Une occasion unique de renverser la tendance à la perte mondiale de prairies ».Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des webinaires organisés en février et mars derniers dans le cadre de la préparation de la COP17. L’objectif est de placer la conservation, la gestion durable et la restauration des prairies, des savanes et des pâturages au cœur des discussions et des décisions de la prochaine Conférence.Mettre les prairies au centre des politiques de résiliencePour l’UICN et ses partenaires, la COP17 constitue une occasion unique de renforcer la reconnaissance du rôle essentiel des prairies dans la lutte contre la dégradation des terres, la résilience face au changement climatique et la sécurité alimentaire.La Conférence doit notamment permettre aux gouvernements de mieux harmoniser leurs efforts en faveur de la conservation et de la restauration des écosystèmes de prairies, tout en reconnaissant la contribution des éleveurs et des communautés pastorales à la résilience des territoires.S’appuyant sur les projets de décisions publiés en amont de la COP17, l’UICN et ses partenaires appellent les Parties à inscrire plusieurs priorités à l’agenda politique.Il s’agit notamment d’assurer l’intégration des engagements régionaux et mondiaux en matière de gestion durable des prairies, mais également d’améliorer les connaissances sur leur biodiversité, leurs valeurs sociales et économiques ainsi que les services écosystémiques qu’elles fournissent.Reconnaître le rôle des communautés pastoralesL’UICN insiste également sur la nécessité de soutenir les communautés pastorales, transhumantes, autochtones et d’éleveurs, en prenant en compte leurs cultures, leurs systèmes de production durables et leurs droits fonciers.Parmi les autres priorités figure la mise en place d’un réseau complet, représentatif et efficacement surveillé d’aires protégées et conservées.L’organisation appelle par ailleurs à s’attaquer aux principaux facteurs de dégradation des prairies, notamment les incendies, les espèces envahissantes, la dégradation des terres et les pressions liées au pâturage.Intégrer les prairies dans les politiques climatiquesAutre enjeu majeur : intégrer la santé des prairies et des sols dans les politiques nationales d’adaptation au changement climatique, ainsi que dans les dispositifs de préparation et de réponse aux sécheresses et aux inondations.L’UICN et ses partenaires plaident également pour une mobilisation accrue des financements et une adaptation des incitations économiques dans les politiques agricoles et les chaînes de valeur, afin de favoriser des pratiques compatibles avec la conservation et la restauration des prairies.« Il est urgent d’inverser la tendance »L’alerte lancée par l’UICN repose sur un constat préoccupant : les prairies disparaissent à un rythme près de quatre fois supérieur à celui des forêts.Face à cette dynamique, l’organisation estime qu’il est urgent d’agir et de renverser la tendance à la dégradation et à la disparition de ces écosystèmes essentiels à l’élevage, à la biodiversité, aux moyens de subsistance des populations et à la résilience climatique.À quelques mois de la COP17 de la CNULCD en Mongolie, l’UICN invite ainsi les participants, les points focaux de la Convention et l’ensemble des acteurs concernés à prendre connaissance de cet agenda politique et à contribuer à faire des prairies une priorité des politiques internationales de lutte contre la dégradation des terres.L’Agenda politique de la COP17 est d’ores et déjà disponible et constitue une base de plaidoyer pour renforcer l’action en faveur des prairies, des savanes et des pâturages.Babaclimat Journal Agropasteur
