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Présent aux Journées Agroécologiques du Sénégal (JAES 2026) à Dakar, Matar Yade, ressortissant du village de Thianialdé, dans la commune de Fass Ngom (région de Saint-Louis), a porté un plaidoyer poignant en faveur de sa localité confrontée à une précarité extrême.

Face à l’enclavement, au manque criant d’eau, à l’absence d’électrification, à l’exode rural des jeunes, à l’abandon scolaire et à des conditions sanitaires alarmantes, il est venu chercher des partenaires techniques, financiers et institutionnels capables d’accompagner le développement de cette zone longtemps marginalisée.

Selon Matar Yade, Thianialdé regroupe 24 villages enclavés, non électrifiés et confrontés à de graves insuffisances en infrastructures de base. La zone ne dispose ni de poste de santé adéquat, ni de forages suffisants, aggravant quotidiennement les difficultés des populations.

« Une seule borne-fontaine alimente l’ensemble de la zone. Les femmes et les jeunes filles parcourent plusieurs kilomètres chaque jour pour chercher de l’eau, au détriment de leur santé, de leur sécurité et de leur éducation », déplore-t-il.

Cette corvée quotidienne a de lourdes conséquences sociales : absentéisme scolaire, décrochage des jeunes filles, surcharge domestique et vulnérabilité économique accrue des femmes, souvent contraintes de quitter très tôt leur village pour aller chercher du travail jusqu’à Keur Momar Sarr.

Sur le plan sanitaire, la situation est particulièrement préoccupante. Les femmes enceintes parcourent jusqu’à 7 kilomètres en charrette pour atteindre le poste de santé le plus proche, dépassant largement les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui fixe à 5 kilomètres la distance maximale acceptable.

Cette réalité augmente considérablement les risques de mortalité maternelle et infantile, dans une zone où les accouchements à domicile ou en cours de route restent fréquents, faute d’assistance médicale qualifiée.

À cela s’ajoutent  la faible couverture de la Couverture Maladie Universelle (CMU), l’analphabétisme persistant chez les femmes rurales, le chômage, les maladies récurrentes et l’’insuffisance d’infrastructures éducatives et sociales.

Pour répondre à cette urgence, l’Union pour le Développement de Thianialdé (UDT), structure communautaire locale, œuvre activement pour désenclaver la zone et améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Matar Yade appelle ainsi les autorités locales, les pouvoirs publics nationaux, les partenaires au       développement, les ONG, les investisseurs sociaux à soutenir concrètement Thianialdé à travers l’installation de forages solaires dans les villages déficitaires, la construction d’un poste de santé avec maternité équipée, la réhabilitation des pistes rurales, l’électrification des villages et l’accompagnement institutionnel durable à l’UDT.

« Thianialdé dispose d’une jeunesse ambitieuse, de femmes courageuses et d’une communauté solidaire. Il ne manque que des partenaires convaincus que chaque enfant mérite une chance, quel que soit son lieu de naissance », plaide-t-il.

À travers cet appel, Thianialdé espère devenir un symbole de résilience, d’équité territoriale et de développement humain au Sénégal, plutôt qu’un territoire oublié.

L’urgence est réelle : sans intervention rapide, la précarité continuera de compromettre l’avenir de milliers de citoyens sénégalais.

Babacar Sene Journal Agropasteur

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