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Intensifier et élever le niveau de productivité de façon soutenue »Ce sont les réponses recommandées par les Ingénieurs de l’Agriculture regroupés au sein de leur association ( ASIA) après leur diagnostic porté sur le secteur en choisissant le thème « Quel système mettre en place pour relancer et contrôler la production de semences au Sénégal de façon durable pour une agriculture productive » C’est le thème choisi par l’ Association Sénégalaise des Ingénieurs de l’Agriculture (ASIA) pour organiser un panel pour passer en revue le système semencier national, et formuler des recommandations en vue d’une reconstitution du capital semencier national, d’une redynamisation des instances de concertation/coordination, mettre à jour le cadre juridique régissant les questions semencières, et, enfin, assainir les circuits de commercialisation des semences certifiéesA travers ce panel, l’objectif recherché est d’identifier avec l’ensemble des parties prenantes qui sont impliquées dans la gouvernance du Secteur semencier (Chercheurs, Ingénieurs ,techniciens de l’agriculture, Producteurs, Associations interprofessionnelles des filières agricoles, UNIS, CNCSP, Autorités gouvernementales, Secteur privé, etc.) les enjeux et les défis du secteur semencier, en vue de définir des orientations stratégiques pour une production et une utilisation optimale et durable de semences de qualité en vue d’une meilleure productivité du secteur agricole.Il s’agira entre autres de faire un état des lieux à travers un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle du secteur des semences avec toutes ses conséquences négatives sur la productivité agricole au Sénégal ; d’échanger sur les enjeux et les défis du système semencier national, en particulier sur la production et le système de contrôle, le cadre légal et règlementaire, les mécanismes de concertation et de coordination, ainsi que de la distribution/conservation des semences certifiées , et de présenter des pistes de solutions allant dans le sens de régler définitivement cette lancinante question des semences, pour mettre le pays sur la voie de l’émergence déclinée dans le PSE en se basant sur l’un de ses six secteurs productifs prioritaires qu’est l’Agriculture pour non seulement informer sur les enjeux et les défis qui interpellent tous les acteurs de la production agricole afin d’arriver à une autosuffisance alimentaire au Sénégal, produire un document de synthèse incluant le diagnostic et les recommandations est produit et mis à la disposition des acteurs de la filière.En décidant d’organiser ce panel, l’ASIA ,ses partenaires et les experts tenteront d’apporter des réponses au questionnement de l’heure « Quel système mettre en place pour relancer et contrôler la production de semences au Sénégal de façon durable pour une agriculture productive » pour un schéma de production de semences performant dans la durée tout en respectant le cadre législatif et réglementaire relatifs à la production, la certification et au commerce du secteur des semences au Sénégal dont le secteur agricole occupe une place prépondérante dans l’économie nationale du SénégalOccupant environ 50% de la population, sa contribution dans le PIB est en baisse sur les dernières années, passant de 6,4% en 2016 à 0,7% en 2020.Suivant le rapport de de présentation du budget 2022 ce secteur reste estimé à 9,4 % du PIB national en 2021 assurant ainsi une couverture des besoins alimentaires en céréales à hauteur de 66,84 % en 2019/2020 (contre 77,75 % en 2018/2019 et 68,33 % en 2017/2018), soit une régression du taux de couverture de 10,91 % par rapport à 2018 (2018 avait enregistré une progression de 9,42 % par rapport à 2017). Dans un tel contexte, l’on comprend aisément que l’une des urgences du pays, est d’accroître significativement sa production de céréales, pour assurer sa souveraineté et éviter ainsi tout risque d’insécurité alimentaire, surtout dans le contexte de la Covid.Parmi les raisons généralement avancées pour expliquer cette faiblesse relative de la contribution du secteur au PIB national, on cite notamment plusieurs facteurs parmi lesquels la baisse tendancielle de la pluviométrie, les difficultés d’accès aux intrants et aux équipements agricoles, une dégradation de la base productive, principalement la terre, la faiblesse des capacités de transformation, le taux élevé de perte post-récolte.S’il est difficile de mesurer la part relative de chacun de ces facteurs sur la baisse de la productivité du secteur agricole, il reste que tous les acteurs s’accordent sur le fait que la faiblesse de l’utilisation de semences certifiées est parmi les plus importants, voire le plus important.L’utilisation de semences certifiées contribue en effet à une augmentation significative des rendements.Selon le type de semence, ces rendements peuvent augmenter de 25 à 35 % pour la plupart des cultures pratiquées au Sénégal.Aujourd’hui, le taux de couverture des besoins en semences certifiées demeure faible aussi bien pour l’arachide qui reste la principale culture de rente, que pour les céréales sèches notamment le mil, le sorgho, le maïsSelon le rapport sur les enquêtes agricoles annuelles 2020/2021 seulement 14% des parcelles emblavées au cours de la campagne 2020/2021 ont utilisé des semences sélectionnées ; 70% des semences utilisées sont issues de semences conservées par les paysans notamment les semences personnellesPlusieurs contraintes entravent le développement du secteur semencier au Sénégal. Elles sont aussi bien d’ordre institutionnel, légal, qu’opérationnel. Elles touchent tous les maillons de la chaine à savoir, le développement des variétés, le contrôle et la certification, la production des semences de pré-base , la production de semences de base et certifiées, la distribution et la commercialisation des semences certifiées.Ces contraintes sont essentiellement dues à non seulement une insuffisance des investissements publics, notamment au niveau de la recherche et des services de contrôle et de certification mais aussi une absence d’un cadre de concertation fonctionnel et d’un système d’information au sein de la filière , une mauvaise organisation de la filière semencière essentiellement caractérisée par une absence de coordination des actions des différents programmes semenciers , une absence d’information sur les stocks disponibles et sur les besoins en semences des agriculteurs , une faible importance accordée au secteur semencier dans les politiques et les stratégies agricoles nationales, des difficultés d’accès des agriculteurs aux semences sélectionnées en termes de coûts élevés, de faibles quantités de semences disponibles, etc. une absence de stratégie de marketing sur les semences certifiées qui se traduit par une désorganisation des circuits de commercialisation.Et pourtant, on note de nombreuses opportunités de développement de la filière semencière, notamment , les politiques macro, notamment à travers le PSE, ont retenu le secteur agricole comme une des priorités pour le développement économique du pays , le Sénégal s’est engagé à accroître les investissements publics dans le secteur agricole à travers divers mécanismes dont les accords de Malabo , les politiques sectorielles, le PRACAS comme le PASAD en planification mettent l’accent sur la nécessité d’une augmentation de la production, plus particulièrement céréalière, pour une amélioration des performances économiques globales et une autosuffisance alimentaire en particulier , l’existence de résultats de recherche agricole, notamment avec de nouvelles variétés adaptées aux dures conditions de la sécheresse et des changements climatiques plus généralement, ainsi que la modification de la carte variétale, l’émergence d’un tissu d’opérateurs semenciers, issus du secteur privé moderne ou d’organisations de producteurs, actifs dans la production et la distribution de semences certifiées, l’existence d’un cadre institutionnel , juridique, aussi bien au niveau national et sous régionaleUEMOA/CEDEAO, les subventions publiques appliquées sur le coût des semences pour faciliter leur acquisition par les producteurs, la modernisation progressive des services du MAER, notamment la Division chargée des semences et la DPV/Dès lors, la question fondamentale à se poser est de savoir pourquoi en dépit des engagements nationaux et internationaux du Gouvernement de produire plus pour une croissance économique inclusive et durable d’une part, et, d’autre part une amélioration de l’autosuffisance alimentaire, un facteur aussi important d’amélioration de la productivité ne bénéficie-t-il pas de plus d’attention de la part de tous les acteurs, publics comme privés.Pour y apporter des éléments de réponse, il est important d’adopter une démarche classique d’analyse sectorielle, autour des questions ci-après liées à l’état des lieux du système national semencier, en ce qui a trait aux institutions et mécanismes de concertation et de coordination mises en place, à la législation adoptée au niveau national comme sous- régional, à la planification, au suivi et à la coordination des actions et programmes dans le secteur, à la production, le stockage, le transport et la distribution des semences de divers niveaux de la pré base au niveau 2, et, enfin, à l’accès physique et financier aux semences d’autre part liées aux enjeux et défis du système national semencier en rapport avec les projections opérées par les autorités nationales dans le PSE et dans le cadre de sa politique d’autosuffisance alimentaire, quant aux performances globales de l’agriculture sénégalaise : c’est aussi celle liée à l’approche adoptée pour les engrais en ce qui a trait aux questions de la propriété des variétés, en lien avec la politique nationale de transition écologique en cours de formulation, mais aussi les règles et mécanismes de fonctionnement de l’UPOV .C’est aussi celle liée à l’ approche spécifique pour les femmes, responsables dans bien des zones d’environ la moitié de la production alors leur accès aux semences certifiées est relativement limité, la circulaire du MAER ne leur réservant que 20% des semences certifiées distribuées et subventionnées par le Gouvernement Découlant de ces enjeux et défis, quelles sont les orientations stratégiques à proposer pour rendre le système plus fonctionnel, mieux coordonné, mieux soutenu et plus opérationnel pour mettre à la disposition des agriculteurs les semences certifiées de divers niveaux seuls susceptibles de booster la production nationale aux niveaux souhaités par les autorités nationales :Il y aurait lieu à cet égard, de prendre en compte les éléments de contexte ci-après le Sénégal est un pays peu étendu si on le compare à certains pays de la sous-région, notamment ceux du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). C’est dire qu’au Sénégal, la ressource « Terre » est relativement rare, et en ce sens constitue un facteur limitant au développement agricole. Le Sénégal est par là obligé d’intensifier et d’élever le niveau de productivité de façon soutenue et cela n’est possible qu’avec des semences de qualité ; les crises du système alimentaire mondial suite aux conflits qui traversent le monde, en particulier le conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine, vont se traduire par la baisse tendancielle des disponibilités alimentaires que seule une production nationale conséquente pourrait remplacer ; l’incidence des changements climatiques sur les performances du secteur agricole sera encore pendant longtemps un facteur limitant de la production nationaleBabacar sene journal agropasteur

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