La question migratoire demeure un enjeu majeur en Afrique du Nord, particulièrement en Tunisia, devenue l’un des principaux points de transit vers l’Europe. Les témoignages recueillis sur le terrain révèlent l’existence de réseaux structurés de passeurs ayant transformé le désert du Sahara en un vaste corridor de trafic humain.Face à cette réalité préoccupante, il apparaît essentiel de renforcer les efforts au niveau des zones frontalières afin de freiner les flux migratoires irréguliers. Cette mobilisation doit également s’accompagner d’une clarification des responsabilités internationales, chaque acteur devant pleinement assumer ses obligations en matière de protection des personnes migrantes.Selon plusieurs récits, l’un des principaux itinéraires débute à Agadez, au nord du Niger, considéré comme un carrefour stratégique pour les candidats à l’émigration. De là, les migrants sont acheminés vers la frontière algérienne à bord de convois organisés, souvent dans des conditions extrêmement précaires.La traversée du Sahara constitue une étape particulièrement lucrative pour les réseaux criminels. Les migrants rejoignent généralement Tamanrasset, dans le sud de l’Algeria, où certains sont contraints de séjourner temporairement pour effectuer divers travaux afin de financer la suite de leur périple.Le voyage se poursuit ensuite vers l’est, en direction de la Libya ou de Tébessa, où d’autres intermédiaires prennent le relais pour faciliter le passage vers la Tunisia.Une fois sur le territoire tunisien, des réseaux locaux assurent discrètement le transport nocturne des migrants vers Sfax, devenue ces dernières années une plaque tournante majeure pour les départs clandestins vers les côtes européennes.Cependant, le parcours reste semé d’embûches. Le renforcement ponctuel des contrôles frontaliers tunisiens complique souvent la progression, exposant davantage les migrants à l’exploitation, aux violences et aux risques humanitaires.Dans ce contexte, de nombreux observateurs plaident pour une concentration accrue des efforts sécuritaires aux frontières, couplée à des réponses humanitaires et diplomatiques plus cohérentes, afin de démanteler durablement les réseaux de traite humaine et réduire les drames liés à la migration irrégulière.
BABACAR SENE Journal Agropasteur
