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La question suscite de nombreux débats au sein du monde agricole. Dans un article publié par Agridigitale.net et repris par Agropasteur.com, des chercheurs togolais apportent des éléments de réponse qui pourraient inspirer d’autres pays africains confrontés aux mêmes préoccupations.Une semence OGM est difficile à identifier à l’œil nu; selon les chercheurs interrogés, un agriculteur ne peut pas distinguer une semence OGM d’une semence conventionnelle simplement en l’observant.« Sur le marché, l’agriculteur ne peut pas reconnaître un OGM, car celui-ci ne diffère pas visuellement de la variété d’origine. La seule différence réside dans le gène d’intérêt qui a été introduit dans son génome », expliquent-ils.L’identification d’un organisme génétiquement modifié nécessite des analyses de laboratoire spécialisées. Au Togo, cette mission est assurée par le laboratoire de biosécurité de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), seul organisme habilité à effectuer ces contrôles.« Ce laboratoire réalise des tests sur toutes les semences entrant sur le territoire afin de déterminer si elles sont OGM ou non », précisent les chercheurs.Comment sont créés dés lors les OGM ?Les scientifiques expliquent que pour développer, par exemple, une variété de maïs ou de niébé résistante à un insecte, des modifications sont apportées au matériel génétique de la plante.Selon le Dr Akata Eyanawa, coordonnateur des productions végétales à l’ITRA, des gènes spécifiques peuvent être introduits dans le génome de la plante afin de lui conférer une résistance ciblée contre certains ravageurs.« Une fois le processus terminé, la plante produit des substances qui la rendent résistante à l’insecte visé », explique-t-il.Pour Komi Essiomle, directeur des semences agricoles et plants au ministère togolais en charge de l’Agriculture, « un OGM est un organisme dont le génome a été modifié afin de lui conférer une nouvelle propriété. Il s’agit d’une manipulation artificielle du matériel génétique ».Pourquoi les OGM suscitent-ils autant d’inquiétudes ? Ces interrogations portent principalement sur les effets potentiels à long terme de ces modifications génétiques sur la santé humaine et l’environnement.Pour certains observateurs, la possibilité d’introduire dans une plante des gènes provenant d’autres organismes soulève des questions sur les conséquences futures de leur consommation.Le Dr Akata Eyanawa rappelle que plusieurs études ont cherché à évaluer les effets des aliments génétiquement modifiés sur les organismes vivants.« Certaines expériences menées sur des animaux de laboratoire ont mis en évidence des effets qui continuent d’alimenter le débat scientifique », souligne-t-il.De son côté, Mamadou Goïta estime que des zones d’ombre subsistent autour des OGM et plaide pour davantage de transparence et de précautions.« Quels seront les effets après consommation sur l’homme et sur les animaux, alors que ces produits sont également utilisés dans l’alimentation animale ? », s’interroge le chercheur.Selon lui, les effets éventuels sur la santé humaine restent un sujet de préoccupation pour une partie de la communauté scientifique et de la société civile.Une réglementation stricte au TogoAu Togo, où les organismes génétiquement modifiés sont encadrés par la législation nationale sur la biodiversité et la prévention des risques biotechnologiques.Adoptée en 2009, la loi relative à la prévention des risques biotechnologiques définit les conditions d’utilisation, d’importation, d’exportation, de stockage et de commercialisation des OGM.L’article 24 de cette loi stipule que :« Toute activité d’importation, d’exportation, de transit, d’utilisation confinée, de développement, de production, de stockage, de dissémination volontaire et de mise sur le marché des OGM et/ou de leurs produits dérivés est soumise à l’autorisation préalable de l’autorité nationale compétente. »Pour Komi Essiomle, cette réglementation démontre le caractère préventif du dispositif togolais.« L’introduction des OGM n’est pas autorisée sur le territoire togolais. C’est pourquoi le laboratoire de biosécurité de l’ITRA procède à des contrôles systématiques sur toutes les semences importées », explique-t-il.Préserver les semences paysannesFace aux inquiétudes suscitées par les OGM, de nombreuses organisations paysannes et acteurs de la société civile plaident pour la protection et la valorisation des semences locales.Des initiatives de création de banques de semences paysannes voient ainsi le jour afin de préserver la biodiversité agricole et renforcer la souveraineté semencière des producteurs.La question reste également posée concernant les semences hybrides, dont les caractéristiques et les implications continuent d’alimenter les débats dans le monde agricole.Au final, agriculteurs, chercheurs, décideurs, organisations de la société civile et médias sont appelés à œuvrer ensemble pour garantir la traçabilité des semences et promouvoir des systèmes agricoles sûrs, durables et adaptés aux réalités locales.Agropasteur(agridigitale.net)

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