Bien que Donald Trump ait refusé de participer à la COP30 de Belém, l’ombre du président américain plane sur les négociations climatiques. En l’absence de toute délégation officielle envoyée par Washington, ce sont des gouverneurs, maires et responsables locaux des États-Unis qui se sont mobilisés pour représenter leur pays dans les discussions internationales sur le climat, rapportent nos confrères de France Info.Faute d’accréditation officielle, Michelle Lujan Grisham, gouverneure du Nouveau-Mexique, ne dispose que d’un simple badge d’observatrice. Présente mardi 11 novembre, elle dénonce une posture fédérale dangereuse :« L’absence de la Maison Blanche, son refus de participer à la COP ou même son incrédulité face à la crise climatique ne suffisent pas à nous freiner. »Depuis le retrait des États-Unis de l’accord de Paris début 2025 et les nombreux reculs environnementaux initiés par l’administration Trump, aucun représentant fédéral n’a été dépêché à Belém. Selon la liste officielle des participants, aucun badge de négociateur n’a été remis à un citoyen américain.Dans les allées de la COP30, aucun pavillon national ne met en avant les enjeux climatiques des États-Unis un contraste saisissant pour un pays responsable d’environ 20 % des émissions mondiales historiques de gaz à effet de serre, rappelle le site spécialisé Carbon Brief.Face à ce vide, une délégation locale en ordre de bataille composé une large coalition de responsables locaux qui a pris l’initiative.Venue au Brésil pour un forum mondial des dirigeants locaux à Rio, puis pour suivre les travaux de la COP30, la coalition “America Is All In” affiche sa détermination. Elle rassemble une centaine de représentants hauts responsables de six États fédérés, plus de 35 maires et 50 responsables municipaux issus de 26 États.En octobre, sa coprésidente Gina McCarthy rappelait le poids de cette coalition :« Nous représentons environ deux tiers de la population américaine, trois quarts de son PIB et plus de 50 % de ses émissions. »À Belém, les membres de ce collectif enchaînent réunions et entretiens avec la présidence de la COP30 et plusieurs responsables onusiens. Michelle Lujan Grisham, particulièrement active, assure : « Les États-Unis n’ont pas abandonné la lutte contre le changement climatique. Quand notre gouvernement ne fait pas ce qu’il devrait faire, les dirigeants locaux comblent le vide. »Les États fédérés veulent rassurer le monde en mettant en avant les avancées réalisées localement par chaque responsable Nouveau-Mexique : plus grand parc éolien d’Amérique du Nord., Savannah (Géorgie) : renforcement massif des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et Californie : réduction de 21 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 2000, selon le gouverneur Gavin Newsom.Pour tous ces représentants, l’administration Trump ne reflète pas les ambitions climatiques du pays.« Nos gouverneurs, nos maires et nos entreprises restent engagés en faveur de l’accord de Paris », insiste Gina McCarthy.Un message politique clair envoyé face à la presse, où il affirme :« Les États s’associent malgré les vents contraires de Washington. Je refuse que notre pays soit relégué au second plan. »Dans les couloirs de la COP30, Gavin Newsom multiplie les interventions. L’absence remarquée de Donald Trump n’empêche donc pas les États-Unis d’être, paradoxalement, très présents à Belém par l’énergie, l’activisme et la détermination de leurs représentants locaux.Babaclimat – COP30 Belem 2025, Brésil