Le Projet de Développement Rural de Savoigne (PDRS) a été mis à l’honneur lors de la visite du Président de la République dans la région de Saint-Louis, dans le cadre de sa tournée économique. Madame Awa Niakh Ndoye, Coordonnatrice du projet, a saisi cette opportunité pour valoriser les différentes composantes du programme, présenter les réalisations déjà accomplies, et souligner les impacts à court et à long terme sur les populations locales.
Elle a notamment salué le soutien de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), l’implication des communautés locales ainsi que l’engagement de l’entreprise partenaire. Elle a également mis en lumière la pertinence du programme de renforcement des capacités des producteurs, appelé à exploiter pleinement les aménagements réalisés. Selon Mme Ndoye, ce programme se déploie en deux phases : l’une en collaboration avec le Centre de Gestion et d’Économie Rurale (CGER) et l’autre avec le Centre Interprofessionnel de Formation aux Métiers de l’Agriculture (CIFA).
Revenant sur les ambitions du projet, Mme Ndoye précise que l’objectif principal est de « moderniser l’agriculture locale par l’introduction d’équipements agricoles performants, la construction d’infrastructures de stockage adaptées et une meilleure gestion des ressources agricoles ». Une approche intégrée qui vise à renforcer la productivité, sécuriser les revenus des producteurs et améliorer leur résilience face aux aléas climatiques.
S’inscrivant pleinement dans la Vision Sénégal 2050 – une stratégie nationale qui érige la souveraineté alimentaire et l’autonomie des producteurs au rang de priorités – le projet traduit concrètement les ambitions de développement durable, inclusif et équitable du gouvernement.
Situé dans la commune de Diama, au nord du Sénégal, dans la vallée du fleuve Sénégal, ce projet emblématique bénéficie d’un financement de 7,5 milliards de FCFA, grâce à un partenariat entre l’État du Sénégal et la BADEA. Mme Ndoye a tenu à souligner « le soutien constant de l’État, qui a permis d’atteindre des résultats tangibles au cœur de la vallée », en phase avec la volonté politique de renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.
À ce jour, 394 hectares ont été aménagés, dont 380 destinés à la riziculture et 14 dédiés au maraîchage, principalement gérés par des groupements féminins. Les performances agricoles sont impressionnantes : jusqu’à 7 tonnes de riz par hectare et deux campagnes agricoles par an, attestant de la rentabilité du modèle adopté.
« Le projet s’est également doté d’importantes infrastructures stratégiques », informe la Coordonnatrice. Parmi celles-ci figurent trois stations de pompage pour l’irrigation, trois magasins de stockage pour sécuriser les récoltes, huit kilomètres de réseau d’eau potable, un taux d’électrification rurale de 90 %, 20 kilomètres de pistes rurales facilitant l’accès aux marchés, ainsi qu’un dispositif de financement agricole inclusif et structuré.
Le PDRS repose sur un modèle de financement intégré et participatif, mobilisant des institutions publiques et privées telles que la PAMECAS, la CNAAS, la SAED, le PAM, le CGER, ainsi que les Unions de producteurs de Savoigne A, B et C. Ce mécanisme garantit un accompagnement technique, une assurance-récolte, le financement des intrants et la commercialisation des productions dans un cadre équitable et durable.
Babacar Sène – Journal Agropasteur