Un atelier national de dialogue multi acteurs consacré à la tenure de l’eau et au pastoralisme s’est ouvert hier à Dakar, mettant en lumière les enjeux cruciaux liés à l’accès aux ressources hydriques pour la mobilité pastorale, la sécurité alimentaire et la résilience climatique au Sénégal.Organisée dans le cadre du projet « Initiative sur l’eau et la sécurité alimentaire pour l’Afrique », financé par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), cette rencontre bénéficie de l’accompagnement de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Selon Mme Bintia Stephen-Tchicaya, représentante de la FAO au Sénégal, le pastoralisme demeure un pilier fondamental des systèmes économiques, sociaux et alimentaires du pays. Il constitue une source essentielle de subsistance pour de nombreuses communautés, tout en renforçant la sécurité alimentaire nationale et la résilience face aux effets du changement climatique.Cependant, la pérennité de ce mode de vie repose sur une condition majeure : un accès équitable, sécurisé et durable aux ressources naturelles, particulièrement à l’eau. Dans un contexte marqué par la variabilité climatique, la pression croissante sur les ressources hydriques et la diversification des usages, les équilibres pastoraux deviennent de plus en plus vulnérables.L’eau apparaît ainsi comme un facteur stratégique pour garantir la mobilité des éleveurs, préserver les couloirs de transhumance, soutenir la productivité de l’élevage et prévenir les conflits d’usage entre communautés.« La question de la tenure de l’eau revêt une importance stratégique, car elle concerne les cadres juridiques, institutionnels et pratiques qui régissent l’accès, l’utilisation et la gestion de cette ressource vitale », a souligné Mme Stephen-Tchicaya.Dans cette perspective, la FAO a soutenu une évaluation approfondie de la gouvernance de l’eau dans le secteur pastoral au Sénégal. Cette étude vise à mieux comprendre les dynamiques actuelles, identifier les principaux défis et proposer des pistes d’amélioration concrètes pour renforcer les systèmes pastoraux.Les travaux de l’atelier ont permis d’examiner les résultats de cette évaluation, d’enrichir les recommandations grâce aux contributions des différents acteurs et de définir des orientations communes pour l’action publique.Pour les participants, cette démarche collective constitue une étape essentielle afin d’assurer une meilleure appropriation des conclusions et leur traduction en mesures concrètes, capables de sécuriser durablement l’accès à l’eau, soutenir la mobilité pastorale et consolider les systèmes alimentaires face aux défis climatiques.
Babacar sene journal Agropasteur
