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Le week-end a été particulièrement agité autour de SM10 Agro, le complexe agro-industriel porté par Sadio Mané à Bambali. L’investissement de l’enfant du terroir suscite des commentaires, des interrogations et parfois des analyses très critiques. Un débat qui, au-delà du projet lui-même, révèle une question plus profonde : quel modèle de développement agroalimentaire voulons-nous pour le Sénégal ?Sadio Mané doit-il écouter toutes ces voix qui s’élèvent autour de son projet ? Certainement pas au point de renoncer à sa vision. Il doit surtout écouter les faits, les producteurs, les techniciens du terrain et les communautés qui vivent quotidiennement les réalités agricoles de la Casamance.Car certaines critiques semblent parfois partir de schémas de développement conçus ailleurs et difficilement transposables tels quels à nos réalités. L’Afrique, et particulièrement le Sénégal, a besoin de construire ses propres modèles, à partir de ses ressources, de ses savoir-faire et de ses réalités économiques, sociales et humaines.Mon neveu Sadio, lorsqu’on t’appelle à droite, regarde aussi du côté gauche. Lorsque les critiques se multiplient, garde ton cap et laisse les résultats parler.Le débat est pourtant légitime. Notre pays regorge d’experts compétents en agriculture, en agro-industrie, en économie rurale, en transformation et en commercialisation. Beaucoup sont aujourd’hui tapis dans l’ombre et pourraient contribuer utilement à l’amélioration du projet. La critique constructive, lorsqu’elle repose sur des données et des propositions concrètes, peut être une chance.Mais il faut aussi se garder des conclusions définitives avant même que l’expérience n’ait produit ses résultats.Pourquoi cette attention particulière portée aujourd’hui à l’investissement de Sadio Mané ? D’autres champions sénégalais Ndiaye, Sow, Ngom, Diao, Niasse, Diallo, Dièye, Diop Fall, Sall et bien d’autres  ont investi, créé des activités ou engagé des initiatives dans différents domaines sans susciter nécessairement un tel déferlement de commentaires.Parce que son projet touche directement à un enjeu majeur : celui de la transformation locale de nos productions et de la création de valeur dans nos territoires.Certaines interrogations portent notamment sur la collecte, la conservation et la transformation de la mangue. Elles méritent d’être posées, mais elles ne doivent pas conduire à considérer que Bambali découvre aujourd’hui la diversification agricole.En Casamance, les exploitants connaissent depuis longtemps les réalités de la diversification des cultures. Un producteur expérimenté sait qu’on ne mise pas nécessairement tout sur un seul produit, un seul territoire ou une seule saison.La diversification variétale et agricole peut justement permettre de réduire certains risques, d’étaler les périodes de production et de renforcer la résilience des exploitations.L’enjeu de SM10 Agro ne devrait donc pas être réduit à une seule spéculation ou à une seule campagne agricole. Il faut regarder l’ensemble de la chaîne : production, collecte, conservation, transformation, commercialisation et création d’emplois et de revenus.Notre véritable problème n’est-il pas aussi notre difficulté collective à passer du commentaire à l’action ?Nous sommes parfois prompts à expliquer pourquoi quelque chose ne marchera pas, avant même d’avoir donné à l’initiative le temps de faire ses preuves. Pendant ce temps, les mêmes territoires continuent d’importer des produits que nous pourrions produire, transformer et valoriser localement.Il est toujours plus facile de regarder le grain de sable dans l’œil de l’autre que le baobab qui encombre le nôtre.La question essentielle est donc de savoir comment transformer davantage nos productions agricoles en richesse pour les territoires.La prospérité agroalimentaire passera par la valorisation de nos productions, la transformation locale, la création d’emplois et la capacité à retenir une plus grande part de la valeur ajoutée au Sénégal.SM10 Agro s’inscrit dans cette perspective. Le projet devra naturellement être évalué sur ses résultats, sa viabilité économique, son impact social, environnemental et territorial. Mais ces évaluations doivent être fondées sur des données, des réalités de terrain et des résultats, et non sur des procès d’intention.Sadio Mané est fils de Bambali. Il connaît son terroir, ses hommes et ses femmes. Son initiative mérite d’être accompagnée, questionnée lorsque cela est nécessaire, mais surtout encouragée dans une logique constructive.L’optimisme n’interdit pas la vigilance. La critique n’interdit pas l’espoir qui es bien là.Prions pour que l’expérience réussisse, pour Sadio, pour Bambali, pour la Casamance et pour le Sénégal.Agropasteur 

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