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Dans les zones rurales du Sénégal, la dégradation des forêts et la raréfaction des pâturages ne sont pas des concepts abstraits. Elles se traduisent, au quotidien, par des difficultés croissantes pour les agriculteurs et les éleveurs. Au Sénégal lors du dernier Conseil des ministres, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a annoncé de nouvelles mesures pour inverser cette tendance et renforcer la résilience des communautés. Dans le Ferlo, zone emblématique de l’élevage pastoral, les effets sont déjà visibles. « Avant, nous trouvions de l’herbe facilement pour le bétail. Aujourd’hui, il faut parcourir de longues distances », confie Amadou, éleveur. Comme lui, de nombreux pasteurs font face à une diminution des pâturages, aggravée par la coupe abusive du bois et la sécheresse. Dans les zones Sud et Est ,c’est la meme situation. La pression sur les ressources forestières affecte également les femmes rurales, souvent en charge de la collecte du bois de chauffe. « Il faut aller de plus en plus loin, et cela prend du temps sur nos autres activités », explique Aïssatou, Au-delà des difficultés quotidiennes, cette situation fragilise les équilibres sociaux. La raréfaction des ressources entraîne parfois des tensions entre agriculteurs et éleveurs autour de l’accès à la terre et à l’eau. Face à ces réalités, les mesures annoncées par les autorités visent à répondre à une urgence à la fois écologique et sociale. L’intensification du reboisement et de la reforestation apparaît comme un levier clé pour restaurer les pâturages et améliorer la fertilité des sols. Mais pour les acteurs de terrain, ces efforts doivent s’accompagner de stratégies adaptées. Parmi les pistes évoquées : une meilleure implication des communautés dans la gestion des forêts ; la promotion de pratiques agroécologiques et de régénération naturelle assistée ; la sécurisation des parcours pastoraux pour faciliter la mobilité du bétail ; et le développement d’alternatives au bois énergie pour réduire la pression sur les forêts. Le renforcement des moyens des services des Eaux et Forêts est également jugé essentiel pour lutter efficacement contre l’exploitation illégale du bois, tout en accompagnant les populations dans des pratiques durables. La réorganisation de l’exploitation forestière, annoncée par le chef de l’État, pourrait par ailleurs permettre de mieux encadrer une activité dont dépendent de nombreux ménages, tout en évitant la surexploitation. Un accent particulier est mis sur la forêt classée de Mbao, près de Dakar, symbole des défis liés à la pression humaine sur les espaces naturels. Sa préservation représente un enjeu écologique, mais aussi un signal fort en faveur d’une gouvernance plus rigoureuse des ressources. À l’approche de la COP17 prévue en août 2026 en Mongolie, ces orientations traduisent une volonté de placer les communautés rurales et pastorales au cœur des politiques climatiques. Car sur le terrain, la résilience face aux changements climatiques passe d’abord par la capacité des populations à préserver et gérer durablement leurs ressources naturelles. Babacar sene/babaclimat/journal Agropasteur

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