A Marseille , le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) abritera, du 21 au 23 avril 2026, un colloque international consacré à la transhumance, récemment inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par UNESCO. Placée sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, cette rencontre se veut un temps fort de réflexion sur l’avenir de cette pratique ancestrale.
Organisé par la Maison de la transhumance, en partenariat avec le ministère français de la Culture et le Collectif des races locales de massif, ce colloque réunira pendant trois jours des acteurs majeurs du monde pastoral et culturel.
L’objectif principal est de dresser un premier bilan des plans de sauvegarde et de valorisation de la transhumance dans les pays engagés dans le processus d’inscription. Il s’agira également de partager des expériences autour des enjeux d’avenir, notamment la formation au métier de berger, l’adaptation au changement climatique, la gestion des ressources naturelles et la valorisation des produits issus de l’élevage transhumant.
Le colloque rassemblera des délégations issues des dix pays déjà inscrits, dont la France, l’Espagne, l’Italie et la Roumanie, ainsi que des pays candidats comme la Bulgarie, la Turquie et l’Ukraine. Des représentants de la rive sud de la Méditerranée, notamment du Maroc et de l’Algérie, seront également présents, aux côtés de la Mongolie, initiatrice de l’Année internationale du pastoralisme.
Chercheurs, éleveurs, bergers et représentants institutionnels échangeront sur les défis contemporains du pastoralisme dans un contexte marqué par les mutations climatiques, économiques et sociales.
Des tables rondes et des immersion sur le terrain accompagneront le programme qui prévoit en outre le mercredi 22 avril, des tables rondes consacrées à l’avenir de la transhumance. Le lendemain, les participants prendront part à une journée de terrain en Crau, avec la découverte de l’élevage ovin transhumant.
Ces moments d’échanges et d’immersion visent à rapprocher les réflexions théoriques des réalités vécues par les acteurs du terrain.
Un programme riche et multidimensionnel accompagné des travaux qui portent notamment sur l’état d’avancement de l’inscription de la transhumance au patrimoine mondial, les plans de sauvegarde et de valorisation, la création d’un réseau international de centres d’interprétation,la transmission des savoir-faire et les formations de bergers, la gestion des biens communs et le partage de l’espace pastoral et les innovations en médiation culturelle.
Un buffet pastoral mettra à l’honneur les races locales et les produits issus de l’élevage transhumant (lait, fromage, laine, viande), tout en valorisant les paysages culturels.
Les discussions aborderont également l’adaptation de la transhumance aux enjeux contemporains : changement climatique, mobilité, questions sanitaires et transformations socioéconomiques.
Les visites et échanges avec les acteurs du terrain complétent le programme qui inclut aussi des visites d’expositions au Mucem, la découverte du Domaine et Centre de formation du Merle (Salon-de-Provence), une immersion au Centre euro-méditerranéen de ressources sur la transhumance, en partenariat avec l’Institut Agro Montpellier, une visite de la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et des rencontres avec des éleveurs et bergers transhumants.
En marge du colloque, le photographe Emmanuel Breteau présentera son ouvrage Écouter la montagne. Portraits de bergers et d’éleveurs. À travers témoignages et images, il met en lumière la complexité d’un métier en pleine évolution et interroge notre rapport au vivant.
Les contributions de chercheurs comme Charles Stépanoff et Jocelyne Porcher enrichiront également les débats, en explorant les relations entre humains, animaux et environnement.
Au-delà de sa reconnaissance par l’UNESCO, ce colloque entend affirmer la transhumance comme une pratique vivante, porteuse d’avenir.
Une proposition sera formulée pour faire de cette rencontre un rendez-vous biennal, organisé à tour de rôle dans les pays inscrits, afin de renforcer les échanges et contribuer à la pérennité de cette pratique.
Entre tradition et innovation, la transhumance apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour repenser les relations entre agriculture, environnement et société.
Babacar Sène
Journal Agropasteur
