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Le débat sur l’absentéisme observé dans les administrations et entreprises sénégalaises à la veille et au lendemain des fêtes de Korité et de Tabaski revient régulièrement dans l’espace public. Pour le Dr El Hadji Traoré, DVM, Dr ès Sciences, HDR, Directeur de Recherches, retraité de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), cette problématique mérite une réflexion approfondie afin de trouver des solutions adaptées aux réalités sociales du pays.À travers une contribution intitulée « L’outil de gestion et de prélèvement sur les scongés annuels des travailleurs pour un bon fonctionnement de nos administrations qui doivent s’adapter au rythme de la société », le chercheur partage son expérience de gestion des ressources humaines dans le secteur privé comme dans l’administration publique.S’appuyant notamment sur la loi 74-52 du 4 novembre 1974 relative à la fête nationale et aux fêtes légales, modifiée par les lois n°83-54 du 18 février 1983 et n°89-41 du 26 décembre 1989, Dr Traoré estime que l’absentéisme constaté pendant les périodes de Korité et de Tabaski résulte souvent d’une confusion entretenue autour des jours fériés.« Beaucoup de travailleurs pensent, à tort, que le lendemain de la Tabaski ou de la Korité est systématiquement férié. Pourtant, la loi précise clairement que ce n’est le cas que lorsque ces fêtes tombent un dimanche », explique-t-il.Selon lui, ces absences, souvent sans autorisation préalable, perturbent fortement le fonctionnement normal des services publics et privés et ont des répercussions économiques importantes.Face à cette situation, le chercheur propose une réforme basée sur une meilleure organisation des congés annuels. Son idée consiste à prélever cinq jours sur les congés des travailleurs afin de les affecter officiellement aux périodes de fêtes religieuses musulmanes.Ainsi, sur un total de 30 jours de congés annuels, cinq jours seraient réservés comme suit :deux jours pour la Korité, soit un jour avant et un jour après ;trois jours pour la Tabaski, soit un jour avant et deux jours après.Pour Dr Traoré, cette mesure permettrait de légaliser une pratique déjà largement observée dans les faits, tout en assurant une meilleure organisation des services.Le chercheur cite également l’exemple de certains pays asiatiques, notamment le Japon, où une grande partie des travailleurs prend congé pendant les fêtes de fin d’année, tandis qu’un service minimum reste assuré dans les secteurs stratégiques et de sécurité.« Nous observons déjà cette réalité au Sénégal, mais de manière non officielle. Il serait plus pertinent de l’encadrer légalement afin d’améliorer l’efficacité et l’efficience de nos administrations », soutient-il.Dr El Hadji Traoré appelle ainsi à l’ouverture d’un débat national, notamment au niveau de l’Assemblée nationale, afin d’examiner cette proposition et d’adapter davantage l’administration au rythme de la société sénégalaise.Babacar Sène – Journal AgropasteurSource : Dr El Hadji Traoré, DVM, Dr ès Sciences, HDR, Chercheur et ancien Directeur scientifique de l’ISRA.

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