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Face à l’accélération de la dégradation des terres et à l’intensification des épisodes de sécheresse, la mobilisation des financements s’impose comme l’un des principaux défis mondiaux. Selon les estimations de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), près d’un milliard de dollars par jour seraient nécessaires pour restaurer les terres et renforcer la résilience des territoires, alors que les investissements actuels restent largement insuffisants.Le monde accuse aujourd’hui un important déficit de financement dans la lutte contre la dégradation des terres. Alors que les besoins sont évalués à environ 365 milliards de dollars par an, les investissements mobilisés ne dépassent que 70 à 80 milliards de dollars par an, laissant un manque à gagner estimé à plus de 250 milliards de dollars annuellement, selon le rapport d’évaluation des besoins financiers de la CNULCD.Cette insuffisance des ressources s’explique notamment par une approche encore largement réactive des financements, privilégiant la gestion des crises plutôt que les investissements dans la prévention. Pourtant, les spécialistes rappellent que les risques à évolution lente, comme la désertification et la sécheresse, pourraient être mieux maîtrisés grâce à des investissements précoces dans la restauration des terres.Au-delà de leur rôle dans la production agricole, les écosystèmes en bonne santé rendent des services essentiels : amélioration de la fertilité des sols, régulation naturelle de l’eau, stockage du carbone, préservation de la biodiversité et renforcement de la résilience climatique. Malgré ces bénéfices économiques, sociaux et environnementaux, leur valeur demeure encore insuffisamment prise en compte dans les systèmes financiers internationaux.C’est dans ce contexte que Génération Restauration Dialogues, à travers l’Initiative mondiale du G20 sur les terres portée par la CNULCD, organise un webinaire consacré au financement de la restauration des terres. Cette rencontre réunira des experts internationaux afin d’examiner les solutions permettant de combler le déficit de financement et de favoriser une mobilisation accrue des ressources publiques et privées.Les échanges porteront notamment sur l’engagement de partenaires non traditionnels, le développement des investissements du secteur privé, les mécanismes de financement mixte ainsi que les réalités rencontrées par les porteurs de projets sur le terrain pour accéder aux financements.Parmi les principales intervenantes figurent Louise Baker, directrice générale du Mécanisme mondial de la CNULCD et experte reconnue en mobilisation des ressources, Pénélope Choussat, spécialiste du financement paysager chez Commonland, qui travaille sur les mécanismes reliant les projets de restauration aux capitaux privés, ainsi que Theresa Rose Sebastian, cofondatrice de Re-Earth Initiative et militante engagée pour la justice climatique.La session ambitionne de rassembler plus de 40 000 jeunes praticiens, experts et acteurs du développement autour d’un dialogue axé sur les résultats et les partenariats. Elle servira également de cadre de préparation à la Journée d’action de la COP17 de la CNULCD, prévue en août prochain, en mettant l’accent sur les priorités financières indispensables à la restauration des terres.Les organisateurs souhaitent sensibiliser les participants à l’ampleur du déficit mondial de financement, promouvoir un changement de paradigme en faveur d’investissements préventifs plutôt que curatifs, explorer de nouvelles sources de financement, notamment auprès des banques de développement et des investisseurs privés, et renforcer le plaidoyer en faveur de solutions durables dans les communautés.À l’heure où les effets du changement climatique accentuent la dégradation des terres à travers le monde, la CNULCD estime que la restauration des écosystèmes n’est plus seulement un enjeu environnemental, mais un investissement stratégique pour la sécurité alimentaire, la stabilité économique et la résilience des populations.Babacar sene journal Agropasteur 

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