La 64ᵉ session des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (SB64), tenue du 8 au 18 juin 2026 à Bonn, a été marquée par une forte mobilisation des organisations paysannes. Le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) y a fait entendre la voix des exploitations agricoles familiales, plaidant pour un financement climatique plus juste, plus accessible et mieux adapté aux réalités des producteurs.Représenté par ses deuxième et troisième Vice-présidents, le ROPPA a pris une part active aux différentes sessions de travail et aux échanges avec les partenaires internationaux, défendant les intérêts des millions de producteurs familiaux confrontés aux effets grandissants des changements climatiques.Le 17 juin, le ROPPA a participé à la session ouverte du réseau Food and Agriculture for Sustainable Transformation (FAST), organisée par la GIZ et la FAO. Cette rencontre a permis d’échanger sur les perspectives de transformation durable des systèmes alimentaires à l’horizon 2026, en présence de représentants de gouvernements, d’organisations internationales et de partenaires techniques.L’un des temps forts de la mission a été la conférence de presse organisée conjointement avec l’Asian Farmers Association (AFA) dans le cadre de la Farmers Fighting Climate Crisis Alliance (FFCA). À cette occasion, les responsables des organisations paysannes ont dressé un constat préoccupant de la situation des producteurs.Ils ont notamment mis en évidence les conséquences du phénomène El Niño, la flambée des prix des engrais et des carburants, ainsi que les difficultés croissantes auxquelles font face les exploitations familiales pour maintenir leur production.Les intervenants ont également dénoncé l’injustice persistante du financement climatique. Alors que les petits producteurs assurent près de la moitié de la production alimentaire mondiale, ils ne reçoivent que 0,36 % des financements consacrés à l’adaptation au changement climatique.Face à cette situation, le ROPPA a renouvelé son plaidoyer en faveur de la création d’un Fonds pour la résilience et l’autonomisation des agriculteurs, destiné à garantir un accès direct des exploitations familiales aux ressources financières nécessaires pour renforcer leur capacité d’adaptation.Le 18 juin, les Vice-présidents du ROPPA ont participé à une séance technique consacrée au financement climatique, organisée par la GIZ. Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles de rendre les financements internationaux plus accessibles aux producteurs familiaux, souvent confrontés à des procédures complexes qui limitent leur accès aux ressources disponibles.« Les petits exploitants agricoles sont en première ligne face à la crise climatique et doivent être au cœur des solutions. Leur voix compte, et leur résilience doit être soutenue par un financement climatique accessible et équitable », ont rappelé les représentants du ROPPA.À travers sa participation à la SB64, le ROPPA réaffirme son engagement à défendre les intérêts des exploitations agricoles familiales ouest-africaines dans les négociations climatiques internationales et à promouvoir une gouvernance climatique plus inclusive, où les producteurs seront pleinement reconnus comme des acteurs essentiels de la résilience et de la sécurité alimentaire.Babacar sene journal Agropasteur
