Le Sénégal entend franchir une nouvelle étape dans la conquête de la souveraineté alimentaire en faisant de la souveraineté semencière une priorité nationale. À l’ouverture de l’atelier de partage du bilan 2025 et de planification des programmes semenciers 2026 de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a appelé à la mise en place d’un système semencier plus performant, mieux coordonné et davantage porté par le secteur privé. La rencontre a réuni le Président du Conseil d’administration de l’ISRA, le Directeur général de l’Institut, les membres des Conseils d’administration et scientifique, les Directeurs régionaux du développement rural, les responsables des centres et laboratoires de recherche, les opérateurs semenciers, les représentants des régions, les partenaires techniques et financiers ainsi que les médias. Dans son allocution, le ministre a rappelé que la disponibilité de semences certifiées de qualité, adaptées aux changements climatiques et à haut rendement constitue le socle de la souveraineté alimentaire. Il a souligné que la reconstitution du capital semencier s’inscrit au cœur des priorités du Gouvernement, conformément à la Vision Sénégal 2050, à la Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029), à la Lettre de politique sectorielle de l’Agriculture et de l’Élevage (LPSAE 2025-2029) et à la future Stratégie nationale de souveraineté semencière (2026-2035).Pour relever les défis de la transformation agricole, le ministre a plaidé pour un système semencier plus intégré, plus résilient et plus efficace, reposant sur une coopération renforcée entre la recherche, les services de contrôle et de certification, les producteurs semenciers, les interprofessions, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Il a notamment insisté sur la nécessité de mieux valoriser les innovations issues de la recherche et d’accroître la participation du secteur privé à la production, à la distribution et à la commercialisation des semences certifiées.Le ministre a salué les performances enregistrées par l’ISRA, qu’il a présenté comme le pilier scientifique de la politique semencière nationale. Les centres et stations de recherche ont poursuivi leurs travaux de création variétale et de production de semences prébase.Au cours de l’année 2025, 49 797 kilogrammes de semences prébase (G0 à G3) ont été produits durant l’hivernage pour plusieurs cultures stratégiques, tandis que 102 340 kilogrammes ont été mobilisés en contre-saison chaude. Des résultats encourageants en 2025 jugés satisfaisants .À cela s’ajoutent 572 438 kilogrammes de semences d’arachide (base et R1) produits par les multiplicateurs privés avec l’appui technique et financier de l’ISRA dans le cadre des contrats tripartites associant l’ISRA, la Direction de l’Agriculture et les producteurs semenciers.Pour le ministre, ces performances traduisent les progrès accomplis mais ne doivent pas masquer les défis qui restent à relever. Elles constituent des indicateurs permettant d’évaluer les avancées et de mesurer le chemin restant pour atteindre l’objectif fixé par la LPSAE : couvrir, d’ici à 2029, 100 % des besoins nationaux en semences certifiées d’arachide, de niébé et des principales céréales.Vers une culture de la performanceLe ministre a invité tous les acteurs à inscrire leurs actions dans une logique de résultats, fondée sur une évaluation régulière des performances, des déficits de production et des mesures correctives à mettre en œuvre pour accélérer la souveraineté semencière.Reconnaissant les difficultés persistantes du système semencier, il a estimé qu’elles devaient être analysées avec lucidité afin d’améliorer durablement la qualité, l’efficacité et la compétitivité de la filière.Au-delà du bilan, l’atelier devra identifier les contraintes, valider les plans de production des campagnes d’hivernage et de contre-saison 2026, évaluer les besoins financiers, notamment ceux des sélectionneurs de l’ISRA, et mettre en place un comité chargé d’assurer le suivi des activités semencières.Des engagements forts de l’État annoncés par le Ministre en plus de plusieurs mesures destinées à consolider le dispositif national. Parmi elles figurent l’inscription, dès la Loi de finances 2027, d’une ligne budgétaire permanente pour le financement des sélectionneurs de l’ISRA, la signature de contrats d’objectifs et de performance avec l’Institut ainsi qu’une mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers autour de la Stratégie nationale de souveraineté semencière.En clôturant son intervention, il a lancé un appel à l’ensemble des chercheurs, administrateurs, multiplicateurs, services techniques et partenaires pour faire de cette rencontre un véritable cadre d’évaluation, de concertation et d’engagement collectif.« La souveraineté semencière n’est pas une option ; elle constitue une condition essentielle de notre souveraineté alimentaire et de notre développement agricole durable », a-t-il déclaré .Babacar sene journal Agropasteur
