La Banque mondiale a approuvé un deuxième financement additionnel de 140 millions de dollars américains (soit 119,6 millions d’euros) en faveur de la République du Sénégal pour le Projet de Connectivité des Zones de Production Agricoles dans le Nord et le Centre du Sénégal (PCZA). Ce nouvel appui vise à accélérer le désenclavement des zones agricoles stratégiques et à rapprocher les populations rurales des marchés, des services essentiels et des opportunités économiques.Mobilisé par l’intermédiaire de l’Association internationale de développement (IDA) et complété par une contribution de 2 millions de dollars du Gouvernement du Sénégal, ce financement porte l’investissement total du projet à 470,8 millions de dollars. Près de 570 000 personnes devraient en bénéficier directement.Ce financement vient consolider les acquis du PCZA, qui a déjà permis la construction et la réhabilitation de 414 kilomètres de routes intégrant des normes de résilience climatique, tout en améliorant l’accès aux services socio-économiques pour plus de 350 000 personnes.La nouvelle phase du projet couvrira deux corridors économiques stratégiques reliant Koussanar à Koumpentoum et Tambacounda à Dianké Makha, où l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités économiques. En facilitant l’accès aux bassins de production, aux marchés et aux infrastructures communautaires, le projet devrait générer de nouvelles opportunités d’emplois et de revenus, notamment pour les jeunes, les femmes entrepreneures et les acteurs des chaînes de valeur agricoles.Inscrit dans les priorités de la Vision Sénégal 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029, ce financement contribue à promouvoir une croissance territoriale plus inclusive, résiliente et créatrice d’emplois.« Lorsqu’une route relie un bassin agricole à un marché urbain, elle raccourcit bien plus qu’un trajet : elle permet à un producteur de mieux valoriser sa récolte, à une entrepreneuse d’accéder à de nouveaux débouchés et à une communauté de saisir davantage d’opportunités économiques. Elle permet également l’accès à l’école, aux centres de soins et à d’autres services essentiels, accélérant ainsi le développement humain des communautés qu’elle dessert. C’est cette dynamique que ce financement entend soutenir », a déclaré Djibrilla Issa.Trois axes d’interventionLe projet s’articule autour de trois composantes majeures :la construction de 171 kilomètres de routes revêtues et de 104 kilomètres de pistes en latérite, intégrant des infrastructures résilientes aux effets du changement climatique ;la réalisation d’infrastructures communautaires dans un rayon de cinq kilomètres autour des routes, comprenant des plateformes de transformation agricole destinées aux femmes, des aires de stockage et de marché, des points d’eau ainsi que des équipements scolaires et sanitaires ;le renforcement des capacités institutionnelles en matière de sécurité routière et de gestion du patrimoine routier, grâce à la formation des acteurs et à l’acquisition d’outils de gestion conformes aux standards internationaux.En reliant près de 221 000 habitants des deux nouveaux corridors aux marchés régionaux et aux services essentiels, ce deuxième financement additionnel contribuera à renforcer les économies locales et à favoriser une meilleure intégration des producteurs ruraux dans des chaînes de valeur agricoles plus performantes, en cohérence avec l’initiative AgriConnect.La mise en œuvre du projet est assurée par AGEROUTE Sénégal, sous la tutelle du ministère sénégalais des Infrastructures.Babacar sene journal Agropasteur
