Le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), en partenariat avec l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), a organisé, samedi 22 août 2026, en marge de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), un événement parallèle consacré au « NexusClimat-Écosystèmes-Souveraineté alimentaire : vers une nouvelle gouvernance scientifique pour la résilience des territoires en Afrique de l’Ouest et au Sahel ».Présidée par le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou, la rencontre a réuni des responsables du CILSS, des représentants de l’APGMV, des chercheurs, des élus nationaux, des membres d’organisations de la société civile ainsi que des cadres des services techniques nationaux.Le Nexus N-CESAR au cœur des échangesLes participants ont placé au cœur des discussions le NexusClimat-Écosystèmes-Souveraineté alimentaire pour la Résilience durable (N-CESAR), présenté comme un cadre intégré visant à renforcer la résilience des territoires, accélérer la restauration des écosystèmes, améliorer la gestion durable des ressources naturelles et consolider la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel.Les différentes interventions ont mis en avant le rôle du CILSS dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’action climatique, de la restauration des terres et de la lutte contre la désertification.Les participants ont également souligné l’importance des données et informations scientifiques produites par le CILSS, notamment à travers les prévisions saisonnières, le suivi de la végétation et des cultures, la surveillance des systèmes pastoraux ainsi que le suivi des prix agricoles. Ces outils contribuent à anticiper les risques et à orienter les politiques publiques.La restauration des terres pour créer des emplois verts a occupé les échanges qui ont également mis en évidence l’urgence d’une approche intégrée face aux multiples défis auxquels l’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont confrontés. Plus de 60 % des populations de la région dépendent directement des ressources naturelles, tandis qu’une part importante des terres est affectée par la dégradation et que l’insécurité continue de fragiliser les territoires.Selon les projections présentées lors de la rencontre, la restauration de 50 millions d’hectares pourrait permettre de séquestrer environ 250 millions de tonnes de carbone et de contribuer à la création de 10 millions d’emplois verts.Pour l’APGMV, cette dynamique s’inscrit dans les objectifs de son Plan d’investissements prioritaires décennal 2021-2030, qui vise notamment à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées, à créer 2 000 villages climato-intelligents et 3 000 fermes agricoles communautaires intégrées.Au terme des échanges, les participants ont appelé à dépasser la simple coordination entre institutions pour privilégier une véritable co-construction des solutions, fondée sur le renforcement des synergies entre acteurs.Ils ont également insisté sur la nécessité de mieux intégrer la recherche scientifique dans la conception et la mise en œuvre des solutions, tout en favorisant la mutualisation des ressources autour de programmes structurants.Cette vision est portée par l’approche N-CESAR, articulée autour de cinq piliers : les systèmes d’information, la gestion des écosystèmes, l’agriculture intelligente face au climat, les financements innovants et la gouvernance régionale.Cette approche devrait notamment se concrétiser à travers le Projet régional de restauration des écosystèmes et de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les pays membres du CILSS, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers.À Oulan-Bator, le CILSS entend ainsi faire de la restauration des terres, de la résilience climatique et de la souveraineté alimentaire les composantes d’une même stratégie régionale pour répondre aux défis environnementaux, alimentaires et socioéconomiques du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.Babaclimat Journal Agropasteur
