À la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CdP17), qui se tient du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, deux questions retiennent particulièrement l’attention de la société civile francophone : l’accès à une information claire sur les négociations et la situation des organisations non gouvernementales accréditées.Dans ce contexte, la publication du Guide des négociations CdP17, par l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), constitue un outil particulièrement utile pour les délégués, décideurs, organisations de la société civile et autres acteurs francophones participant à la Conférence.Consacré aux enjeux de la désertification, de la dégradation des terres et de la sécheresse, le Guide des négociations vise à rendre plus accessibles des dossiers souvent complexes.Il revient notamment sur les avancées enregistrées lors des précédentes Conférences des Parties, présente les principales questions inscrites à l’ordre du jour de la CdP17 et décrypte les enjeux qui seront au cœur des discussions.Pour les participants francophones, ce document constitue ainsi un véritable outil de préparation, de compréhension et d’action. Il permet de mieux appréhender les mécanismes des négociations internationales et de disposer d’éléments utiles pour suivre les débats et contribuer aux discussions.Dans une COP où les questions liées à la restauration des terres, à la sécheresse, au pastoralisme, à la résilience des communautés et au financement de la lutte contre la dégradation des terres occupent une place importante, la maîtrise de l’information devient un facteur déterminant pour une participation efficace.Parallèlement à la diffusion du Guide, les échanges entre organisations de la société civile présentes à Oulan-Bator font apparaître une autre préoccupation : le statut des ONG ayant obtenu une accréditation provisoire ou définitive pour participer à la CdP17.Dans un échange entre membres de la société civile, une représentante du Panel des organisations de la société civile de la CNULCD a indiqué que les organisations provisoirement accréditées étaient considérées comme pleinement accréditées à compter du 17 août 2026. Elle a également rappelé que cette question avait été annoncée dès l’ouverture de la COP et invitait les organisations concernées à consulter les informations disponibles sur le site officiel de la CNULCD.Cette communication a toutefois suscité des interrogations. Une organisation participante, Hope and Growth Initiative, a notamment indiqué que son statut apparaissait toujours comme « Provisionally accredited ».Cette situation montre l’importance, pour chaque organisation, de vérifier directement son statut individuel dans les bases et informations officielles de la CNULCD, plutôt que de se fier uniquement aux échanges sur les plateformes de discussion.Pourquoi cette question est-elle importante ?L’accréditation n’est pas une simple formalité administrative. Elle détermine les conditions dans lesquelles les organisations de la société civile peuvent participer aux travaux de la Convention en qualité d’observateurs.Pour les ONG africaines, cette participation représente une occasion de faire entendre les préoccupations des populations directement confrontées à la dégradation des terres, à la désertification et aux sécheresses : agriculteurs familiaux, pasteurs, femmes rurales, jeunes, communautés locales et organisations communautaires.Mais la présence à la COP ne suffit pas. Encore faut-il être en mesure de comprendre les négociations, d’identifier les espaces de participation et de porter des propositions structurées.C’est précisément là que le Guide des négociations prend tout son sens.Les discussions entre organisations africaines montrent également une volonté croissante de dépasser la simple présence institutionnelle.Les organisations de la société civile souhaitent faire entendre une voix africaine forte sur la restauration des terres, l’agroécologie, la conservation de la biodiversité, la résilience des communautés et l’accès aux financements.Le message porté par plusieurs organisations africaines présentes à la COP17 insiste notamment sur la nécessité de placer les agriculteurs, les communautés locales, les femmes, les jeunes et les organisations de base au centre des politiques de restauration des terres.Pour ces acteurs, la restauration ne doit pas rester limitée aux engagements politiques. Elle doit produire des résultats concrets sur les sols, la sécurité alimentaire, les revenus des producteurs, la biodiversité et la résilience des communautés rurales.La question de l’accréditation prend donc une dimension plus large. Elle renvoie à la capacité des organisations africaines à participer de manière organisée et efficace aux grands rendez-vous internationaux consacrés à l’environnement et au développement durable.La COP17 offre à cet égard une plateforme importante pour renforcer les échanges entre organisations, partager les expériences de terrain et construire des positions communes.Mais cette dynamique suppose également une meilleure circulation de l’information. Les organisations doivent pouvoir accéder aux documents officiels, comprendre les procédures, connaître leur statut et identifier les possibilités concrètes de participation.À Oulan-Bator, deux messages peuvent ainsi être retenus.Le premier : il faut comprendre les négociations pour pouvoir agir efficacement. Le Guide des négociations de l’IFDD-OIF répond à cette nécessité en mettant à la disposition des acteurs francophones un document de référence accessible.Le second : il faut clarifier son statut pour pouvoir exercer pleinement son rôle d’observateur. Les ONG concernées par une accréditation provisoire ou définitive sont donc invitées à vérifier leur situation dans les informations officielles de la CNULCD.Au-delà des questions administratives, l’enjeu demeure le même : faire de la participation de la société civile à la CdP17 un véritable espace d’influence, afin que les décisions internationales sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse tiennent davantage compte des réalités vécues par les communautés.Le Guide donne les clés pour comprendre. L’accréditation ouvre les portes de la participation. Reste désormais à transformer cette participation en une voix collective et influente de la société civile.Babaclimat Journal Agropasteu
