À l’occasion de la 17ᵉ session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de l’UNCCD), un side event consacré au pastoralisme comme pratique agroécologique et levier d’adaptation au changement climatique a mis en lumière le rôle stratégique de la mobilité pastorale dans la résilience des territoires et des communautés.Organisée par Ambition Loop, l’International Land Coalition Africa, l’AUDA-NEPAD, le World Resources Institute (WRI), la McKnight Foundation, l’ILRI, le Réseau Billital Maroobé (RBM) et l’Union africaine, cette rencontre a constitué un espace d’échanges sur les réponses que le pastoralisme peut apporter aux défis liés à la dégradation des terres, aux changements climatiques et à la fragilité des écosystèmes.Au centre des discussions, la mobilité pastorale apparaît comme une stratégie permettant aux éleveurs de s’adapter à la variabilité climatique et à la disponibilité des ressources naturelles. une véritable stratégie d’adaptation pour les pasteurs que constitue la mobilité pastorale En se déplaçant avec leurs troupeaux à la recherche de pâturages et de points d’eau, les communautés pastorales valorisent des espaces souvent difficiles à exploiter par d’autres systèmes de production.Cette mobilité constitue également un mécanisme traditionnel de gestion des ressources et de réduction de la pression exercée sur les pâturages. Dans un contexte marqué par la sécheresse, la dégradation des terres et l’irrégularité des pluies, la capacité des éleveurs à adapter leurs itinéraires et leurs pratiques représente un atout important pour renforcer la résilience des territoires.Le side event a également permis de rappeler que les éleveurs pastoraux ne doivent pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des politiques climatiques et environnementales. Ils sont aussi des acteurs à part entière de la gestion durable des paysages.d’ou un impératif de reconnaissance du rôle des éleveurs dans la gestion des paysagesLeurs connaissances des écosystèmes, des parcours, des points d’eau et des cycles saisonniers constituent un patrimoine précieux pour mieux comprendre les dynamiques des territoires et concevoir des politiques d’adaptation adaptées aux réalités locales.À travers leurs pratiques, les communautés pastorales contribuent notamment à la valorisation des parcours, au maintien des activités économiques rurales et à la préservation des équilibres écologiques dans de nombreux territoires arides et semi-arides.Les échanges ont ainsi plaidé pour une meilleure prise en compte du pastoralisme dans les politiques de restauration des terres, d’adaptation climatique, de sécurité alimentaire et de développement territorial.Cette reconnaissance passe notamment par la sécurisation des espaces pastoraux, la préservation des couloirs de transhumance, l’accès aux points d’eau, le renforcement des services destinés aux éleveurs et l’intégration des savoirs pastoraux dans les stratégies de restauration des paysages.À Oulan-Bator, les participants ont ainsi porté un message fort : la mobilité pastorale n’est pas un archaïsme à combattre, mais une capacité d’adaptation à valoriser face aux bouleversements climatiques.À l’heure où la communauté internationale recherche des solutions concrètes à la dégradation des terres et au changement climatique, le pastoralisme s’impose comme une expérience dont les enseignements méritent d’être davantage reconnus.Le side event de la COP17 a surtout permis de rappeler que la résilience des paysages passe aussi par celle des femmes et des hommes qui les parcourent, les connaissent et en vivent. Donner une place centrale aux éleveurs pastoraux dans les politiques environnementales et climatiques constitue dès lors un enjeu majeur pour construire des territoires plus durables et mieux adaptés aux changements à venir ils sont les véritables acteurs de la résilience.Babaclimat Journal Agropasteu
