La participation du Conseil national de l’agriculture biologique du Burkina Faso (CNABio) à la 17ᵉ Conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) se poursuit avec une série d’échanges consacrés à la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte (GMV).À Oulan-Bator, le Président du Conseil d’administration du CNABio a pris part à plusieurs événements parallèles et panels réunissant des représentants des pays engagés dans la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte, des organisations de la société civile, des ONG, des associations de développement ainsi que des acteurs de la recherche.Au cœur des discussions : comment accélérer la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte tout en garantissant des interventions mieux adaptées aux réalités des territoires et aux besoins des communautés ?Les échanges ont mis en lumière plusieurs leviers prioritaires. Il s’agit notamment de valoriser les connaissances et les savoirs endogènes détenus par les communautés locales, de renforcer le financement de la recherche sur la gestion durable des terres et la résilience des territoires, mais également de favoriser une véritable synergie entre la recherche scientifique, les acteurs locaux et les communautés.Les participants ont également insisté sur l’importance d’améliorer la vulgarisation et l’appropriation des résultats de la recherche par les producteurs et les communautés, tout en renforçant le suivi des indicateurs et la transparence dans les investissements consacrés à la restauration des terres.Au-delà de la restauration des écosystèmes, les discussions ont souligné la nécessité d’accroître les investissements structurants en faveur de la gestion durable des terres, du développement économique des territoires et de la création d’emplois locaux. Somme toute faire de la Grande Muraille Verte un levier de développement territorial.Pour les acteurs présents à Oulan-Bator, la Grande Muraille Verte ne saurait être réduite à un vaste programme de restauration des terres. Elle doit également devenir un véritable moteur de développement durable, de création de valeur et de résilience pour les populations rurales.C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’expérience du CNABio. À travers les initiatives portées par ses membres, l’organisation mise sur l’investissement dans les territoires et dans les communautés, en privilégiant des solutions fondées sur l’agroécologie, les savoirs locaux et la valorisation des ressources disponibles; des initiatives qui transforment les défis environnementaux en opportunités économiques et localesC’est aussi le développement de villages écologiques, la création de microentreprises de production de biofertilisants, ainsi que la production et la commercialisation de produits issus de l’agroécologie constituent, à cet égard, des expériences porteuses.Elles favorisent la création de valeur au sein des territoires, génèrent des revenus pour les producteurs et les communautés et participent au renforcement de leur résilience face aux effets des changements climatiques et de la dégradation des terres.À travers sa participation active aux échanges de la COP17, le CNABio entend ainsi porter une vision de la Grande Muraille Verte qui place les communautés, les savoirs endogènes, la recherche, l’innovation et l’économie locale au cœur des stratégies de restauration des terres.Les échanges d’Oulan-Bator ont également rappelé que la réussite de la Grande Muraille Verte dépendra de la capacité des États, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, de la recherche et de la société civile à conjuguer leurs efforts.La mobilisation de financements durables, le développement de partenariats solides, l’innovation et l’implication effective des communautés apparaissent ainsi comme des conditions essentielles pour accélérer la restauration des terres et inscrire les territoires du Sahel dans une trajectoire durable.À Oulan-Bator, le CNABio réaffirme son engagement en faveur d’une agriculture durable fondée sur les savoirs locaux, l’innovation, la recherche et la valorisation des territoires, convaincu que la réussite de la Grande Muraille Verte passe avant tout par des solutions construites avec les communautés et adaptées aux réalités locales.Babaclimat Journal Agropasteur
