À la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), tenue à Oulan-Bator, en Mongolie, Nassirou Sow, coordinateur de l’Organisation pour la Défense et la Promotion du Pastoralisme (ODPP – Laapol Aynaabe), a porté la voix des éleveurs pastoraux nomades du Sénégal. Au cœur de son plaidoyer : la sécurisation des parcours et des couloirs de transhumance, la mobilité pastorale, l’accès à l’eau et la préservation des savoirs traditionnels.Du 12 au 24 août 2026, sur invitation de Mme Hindou Oumarou Ibrahim, présidente de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad (AFPAT), et du Dr Olé, de l’organisation Impact Kenya, Son Altesse Nassirou Sow a pris part aux travaux de la COP17 de la CNULCD.Le pastoralisme a occupé une place importante dans les échanges de cette conférence internationale consacrée à la lutte contre la désertification et à la restauration des terres. Durant ces deux semaines, le coordinateur de l’ODPP – Laapol Aynaabe a participé à plusieurs panels de haut niveau consacrés au pastoralisme, aux peuples autochtones ainsi qu’à la préservation des savoirs et pratiques des communautés d’éleveurs.Lors de ses interventions, Nassirou Sow a particulièrement mis en avant l’expérience du Sénégal et les défis auxquels sont confrontées les communautés pastorales, notamment la sécurisation des parcours pastoraux et des couloirs de transhumance.Il défend une approche fondée sur la restauration, la sécurisation et la reconnaissance des terres pastorales, qu’il considère comme un patrimoine indispensable à la mobilité des éleveurs et à la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.Pour le coordinateur de l’ODPP, les couloirs pastoraux doivent être reconnus comme de véritables infrastructures pastorales, au même titre que les autres infrastructures nécessaires au développement des territoires. Leur protection est, selon lui, une condition essentielle pour garantir la mobilité des pasteurs au Sénégal, mais aussi dans l’espace transfrontalier.Autre enjeu majeur soulevé à Oulan-Bator : la participation effective des éleveurs pastoraux nomades aux processus de décision concernant directement leurs activités et leurs territoires.Nassirou Sow insiste sur la nécessité d’associer davantage les communautés pastorales à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques qui les concernent.Il appelle également à préserver et valoriser les savoirs traditionnels des éleveurs autochtones, fruits d’une longue expérience de gestion des ressources naturelles et d’adaptation à des conditions climatiques souvent difficiles.L’accès à l’eau constitue également une priorité de son plaidoyer. À cet égard, le coordinateur de l’ODPP plaide pour une meilleure planification des espaces pastoraux et l’élaboration de plans de pâturage permettant une utilisation durable des ressources naturelles et favorisant la régénération des terres dégradées.Cette approche, estime-t-il, doit permettre de mieux concilier mobilité pastorale, gestion durable des ressources et restauration des terres dans les zones soumises à la dégradation et aux effets du changement climatique.La dimension sociale n’a pas été oubliée dans son intervention. Nassirou Sow a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place une éducation adaptée aux réalités des enfants des pasteurs nomades.Pour lui, les politiques publiques doivent tenir compte de la mobilité des communautés pastorales afin de garantir aux enfants un accès effectif et continu à l’éducation, sans remettre en cause le mode de vie et les activités économiques de leurs familles.« Les éleveurs pastoraux nomades ne sont pas un problème »C’est l’un des messages forts portés par Nassirou Sow à la COP17.. Ils sont une solution adaptée et alternative face aux conséquences du changement climatique », souligne-t-il.À ses yeux, le pastoralisme ne doit donc pas être perçu comme une contrainte, mais comme une composante de la réponse aux défis environnementaux. Face aux bouleversements climatiques, la mobilité pastorale permet aux communautés d’adapter leurs activités à la disponibilité des ressources naturelles dans des environnements souvent difficiles.Faire reconnaître le pastoralisme dans les politiques de restauration des terres est un des défis pour Nassirou Sow, pour qui la COP17 de la CNULCD a constitué une plateforme majeure de partage d’expériences, de connaissances et de pratiques autour du pastoralisme.La rencontre d’Oulan-Bator a notamment réuni des éleveurs pastoraux, des représentants de peuples autochtones, des experts et différents acteurs engagés dans la lutte contre la désertification et la restauration des terres venus de plusieurs régions du monde.À travers sa participation, l’ODPP – Laapol Aynaabe entend contribuer au renforcement de la reconnaissance du pastoralisme comme une composante essentielle des politiques de restauration des terres, d’adaptation au changement climatique et de développement durable, au Sénégal comme dans le reste de l’Afrique.Babaclimat – Journal Agropasteur
