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De N’Djamena aux steppes mongoles, la voix des pasteurs peuls s’impose sur la scène internationale. Mme Hindou à travers la célébration de l’Année Internationale des Paysages et des Eleveurs Pastoraux (AIPA 2026 ) que Mongolie a l’honneur d’acceuillir .Mme Oumarou Ibrahim est arrivée au cœur des steppes mongoles avec un message clair : le pastoralisme ne doit plus être considéré comme un mode de vie marginal ou comme une victime des crises climatiques, mais comme une solution majeure face à la dégradation des terres et au changement climatique. À l’occasion de la cérémonie officielle de lancement des célébrations de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (AIPA 2026), Mme Hindou Oumarou Ibrahim a franchi une nouvelle étape dans son combat pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des communautés pastorales .Initiée à l’origine par la Mongolie et proclamée par les Nations unies, l’AIPA 2026 offre une tribune mondiale au pastoralisme. Dans ce cadre, l’intervention de Hindou Oumarou Ibrahim a particulièrement retenu l’attention par la force de son plaidoyer et surtout par la mobilisation sans précédent de représentants des communautés peules. Devant les délégations internationales réunies en Mongolie, en amont de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), Hindou Oumarou Ibrahim a lancé un appel pressant aux dirigeants mondiaux. Pour elle, la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et les effets du changement climatique ne pourra produire de résultats à la hauteur des défis sans décisions politiques courageuses. Son message est sans ambiguïté : les engagements internationaux doivent désormais se traduire par des mesures concrètes permettant aux communautés pastorales de préserver leurs territoires, leurs ressources et leur mode de vie. L’un des points forts de son intervention a porté sur la sécurisation des droits fonciers et territoriaux des peuples pastoraux. Ainsi les Terres, les  Territoires et la  Mobilité sont cœur de son  plaidoyer. Face au rétrécissement des espaces de pâturage sous l’effet de l’urbanisation, des infrastructures et de certaines formes d’exploitation industrielle, elle a insisté sur l’urgence de reconnaître et d’institutionnaliser les droits à la terre, aux territoires et à la mobilité transhumante des peuples autochtones mobiles. Pour les pasteurs, la mobilité n’est pas un simple déplacement d’un territoire à un autre. Elle constitue une véritable stratégie d’adaptation aux variations climatiques, à la disponibilité des ressources et aux réalités écologiques des territoires. Vêtue des étoffes traditionnelles de sa communauté Mbororo, Hindou Oumarou Ibrahim a également porté une dimension culturelle forte dans son intervention replaçant les Peuls au cœur des steppes mongoles Elle a rappelé que les éleveurs pastoraux ne sont pas des victimes passives des changements climatiques. Ils sont, au contraire, des acteurs, des gardiens et des restaurateurs des écosystèmes, notamment dans les zones arides et semi-arides. Leur force réside notamment dans des connaissances accumulées au fil des générations : observation des vents, des oiseaux, des insectes, des pâturages, des points d’eau et des cycles saisonniers. Des savoirs ancestraux qui peuvent, selon elle, être associés aux innovations scientifiques et technologiques pour améliorer la gestion durable des territoires. Avec le pastoralisme, un véritable bouclier climatique  qu’elle a magnifié à travers son plaidoyer, la militante tchadienne entend ainsi faire évoluer les regards portés sur le pastoralisme. L’élevage pastoral contribue à la gestion des paysages, à la conservation de la biodiversité et à la résilience des communautés face aux aléas climatiques. Il représente donc, dans de nombreux territoires, un véritable bouclier confirmé  contre les effets du changement climatique .Cette approche trouve une résonance particulière en Mongolie, pays où les traditions pastorales occupent une place centrale dans l’histoire, la culture et l’économie des communautés. Mais l’un des faits marquants de cette mobilisation reste la capacité de Hindou Oumarou Ibrahim à rassembler autour du pastoralisme des délégations de pasteurs peuls venues de plus d’une dizaine de pays africains. C’est là un pari réussi de l’appropriation par les peuples peuls. Du Sahel à l’Afrique centrale, cette mobilisation donne une dimension panafricaine au plaidoyer en faveur des éleveurs pastoraux. En réunissant ces différentes communautés au cœur des steppes mongoles, elle démontre surtout que les défis auxquels sont confrontés les pasteurs africains ne sont pas isolés. Ils font écho à ceux rencontrés par les communautés pastorales d’Asie centrale et d’autres régions du monde .Le pastoralisme devient ainsi un langage commun entre des peuples séparés par des milliers de kilomètres, mais confrontés à des défis similaires : changement climatique, pression foncière, raréfaction de l’eau, dégradation des terres et restriction de la mobilité. Ce plaidoyer a été salué par plusieurs délégations internationales présentes à la cérémonie. La mobilisation de Hindou Oumarou Ibrahim a également bénéficié d’un écho culturel particulier, notamment à travers l’hommage rendu par l’artiste sénégalais Baaba Maal, lui aussi engagé dans la défense des communautés pastorales et la restauration des terres. En sa qualité d’Ambassadrice internationale du Pulaku, la voix désormais incontournable de Hindou Oumarou Ibrahim confirme ainsi son rôle de porte-voix des peuples autochtones et des communautés pastorales. Au-delà de sa présence personnelle à cette cérémonie historique, l’enjeu est surtout celui de l’appropriation du pastoralisme par ceux qui le pratiquent. En faisant venir en Mongolie des représentants peuls de plus de dix pays africains, Hindou Oumarou Ibrahim a contribué à transformer une mobilisation individuelle en force collective. Son pari semble donc réussi : faire en sorte que les pasteurs ne soient plus seulement représentés dans les grands rendez-vous internationaux, mais qu’ils prennent eux-mêmes la parole, défendent leurs droits et participent directement à la définition des politiques qui concernent leur avenir. À Oulan-Bator, la voix des Peuls du Sahel et d’Afrique centrale a ainsi résonné avec celle des éleveurs des steppes mongoles. Une convergence qui donne à l’AIPA 2026 une portée particulière : faire du pastoralisme non plus un héritage à préserver seulement, mais une réponse d’avenir aux crises climatique, environnementale et alimentaire. Babaclimat Journal Agropasteur 

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