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Ainsi du 19 au 30 octobre douze jours durant l’’Afrique fera face au défi de peser lourd dans les négociationsPrès de 200 pays se retrouvent à Erevan, en Arménie, pour négocier les mesures nécessaires à la préservation de la biodiversité. Au cœur des discussions : le financement, la mise en œuvre des engagements internationaux et la capacité des pays africains à faire entendre leurs priorités dans les décisions mondiales..Alors que s’ouvre la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (COP17), à Erevan en Arménie.la nature attend des actes sur les enjeux de préservation des écosystèmes et d’enrayement de l’érosion de la biodiversité qui s’imposent au cœur des négociations internationales.Réunissant les représentants de 196 Parties à la Convention, cette rencontre constitue une étape décisive dans l’évaluation des engagements pris en faveur de la nature. L’objectif est désormais de passer des promesses aux réalisations concrètes, à quatre ans de l’échéance de 2030. Le financement des actions de protection et de restauration de la biodiversité figure parmi les principales questions à résoudre. De Kunming-Montréal à Erevan : l’heure du bilan il s’agira de faire le bilan; Adopté en décembre 2022 lors de la COP15, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal fixe 23 objectifs destinés à enrayer et à inverser la perte de biodiversité d’ici à 2030. Parmi les ambitions majeures figurent la conservation de 30 % des terres et des mers de la planète, la restauration des écosystèmes dégradés et la mobilisation de ressources financières à la hauteur des besoins.Quatre ans après son adoption, le bilan reste préoccupant. Le premier rapport mondial d’évaluation des progrès, présenté par les Nations unies à la veille de la COP17, souligne que les engagements nationaux demeurent insuffisants et que moins de la moitié des objectifs nationaux évalués sont sur la bonne voie. Les lacunes concernent notamment le financement, le suivi des résultats et la mobilisation de l’ensemble des secteurs économiques. À Erevan, les États doivent donc examiner les progrès accomplis, identifier les obstacles et définir les mesures susceptibles d’accélérer la mise en œuvre du cadre mondial. L’enjeu est considérable : sans financements prévisibles, politiques publiques cohérentes et suivi rigoureux, les objectifs fixés pour 2030 risquent de rester largement théoriques.Encore et encore le financement constitue le nerf de la guerre pour la biodiversitéDerrière les engagements diplomatiques se pose une question essentielle : qui financera la protection de la nature, et à quelles conditions ?Les pays en développement, dont de nombreux États africains, ont besoin de ressources supplémentaires pour protéger leurs forêts, leurs zones humides, leurs espaces marins et leurs terres dégradées. Ils doivent également concilier la conservation des écosystèmes avec les impératifs de sécurité alimentaire, d’emploi et de développement économique.Les négociations d’Erevan portent ainsi sur la mobilisation des financements internationaux, la réforme des subventions dommageables à la biodiversité et la contribution du secteur privé. Pour les pays africains, l’enjeu est de garantir que les ressources annoncées se traduisent par des moyens accessibles, durables et adaptés aux réalités des territoires.Dés lors il nous plaira de se poser la question à savoir pour l’’Afrique : quel poids dans les négociations et les décisions ?C’est l’une des grandes questions de cette COP17 : les pays africains parviendront-ils à transformer leur participation en influence réelle sur les décisions ?Le continent abrite une biodiversité exceptionnelle et des écosystèmes essentiels à l’équilibre écologique mondial. Des forêts du bassin du Congo aux savanes, des zones humides aux écosystèmes côtiers, ces milieux contribuent aux moyens de subsistance de millions de personnes. Pourtant, leur préservation se heurte à des pressions multiples : changement climatique, dégradation des terres, perte d’habitats, exploitation non durable des ressources et insuffisance des financements.Dans les négociations, le poids des pays africains ne dépend pas uniquement du nombre de délégations présentes. Il repose aussi sur leur capacité à construire des positions communes, à défendre des priorités partagées et à peser collectivement sur les arbitrages financiers et politiques.Le financement de la biodiversité, le renforcement des capacités, le transfert de technologies et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques constituent autant de dossiers déterminants pour le continent.Mais une difficulté demeure : comment faire reconnaître les besoins spécifiques des pays africains sans dissocier la protection de la nature des réalités économiques et sociales des populations qui en dépendent ?L’Afrique devra notamment défendre une approche qui associe conservation, restauration des terres, agriculture durable, pastoralisme, pêche artisanale et valorisation des savoirs des communautés locales et des peuples autochtones. La préservation de la biodiversité ne peut durablement réussir si elle ignore les femmes, les jeunes, les producteurs ruraux et les communautés vivant au contact des écosystèmes.Ce qu’il nous faut ce sont des engagements mondiaux face aux réalités des territoiresLa COP17 ne sera pas seulement un exercice diplomatique. Elle doit permettre de mesurer les écarts entre les objectifs adoptés et les actions réellement engagées, tout en donnant une nouvelle impulsion à leur mise en œuvre.Pour les pays africains, l’enjeu est double : obtenir des décisions internationales qui répondent à leurs priorités et disposer des moyens nécessaires pour les traduire en politiques publiques, en programmes de restauration et en initiatives locales.La question reste entière : les négociations d’Erevan permettront-elles de rapprocher les ambitions mondiales des besoins concrets des populations africaines ?À Erevan, l’Afrique est attendue sur sa capacité à faire entendre une voix collective et à défendre des décisions à la hauteur des défis écologiques, économiques et sociaux du continent. Car protéger la biodiversité mondiale suppose aussi de reconnaître les responsabilités partagées, les besoins de financement et les droits des populations qui vivent au quotidien avec la nature.Babaclimat journal Agropasteur

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