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FNDAPS par-ci, FNDAPS par-là : que s’est-il réellement passé ? Initialement conçu pour mobiliser des ressources au profit des services agricoles et renforcer les capacités des organisations de producteurs, le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (FNDAPS) semble aujourd’hui intervenir dans l’élaboration, le suivi et la mise en œuvre de projets sur le terrain. Cette évolution soulève des interrogations sur son mandat, ses responsabilités et son positionnement dans le dispositif de financement du secteur agricole.À l’origine, la mission du FNDAPS est clairement orientée vers la mobilisation de fonds publics et privés destinés au financement, sur une base compétitive et contractuelle, de services agricoles. L’objectif est d’améliorer les conditions de travail des organisations de producteurs et de leurs membres, en leur facilitant l’accès aux ressources et aux services nécessaires au développement de leurs activités.Dans cette perspective, le Fonds a notamment bénéficié d’un « Don » du Fonds international de développement agricole (FIDA), qui lui a permis d’accompagner certaines organisations de producteurs. Ce positionnement répond à une logique de financement et de soutien aux initiatives portées par les acteurs du monde rural.Une évolution qui interroge aujourd’hui faisant que le FNDAPS est de plus en plus évoqué dans le cadre de l’élaboration, du suivi et de la mise en œuvre de projets sur le terrain. Une évolution qui pose une question fondamentale : le Fonds est-il en train de changer de vocation, en passant d’un mécanisme de financement et d’accompagnement des organisations de producteurs à un acteur opérationnel de conception et d’exécution des projets ?Cette évolution mérite d’être clarifiée. Il ne s’agit pas de contester par principe la participation du FNDAPS à des initiatives de développement agricole, mais de comprendre sur quelle base institutionnelle et réglementaire il intervient, et dans quelle mesure ces activités correspondent à ses missions initiales.Le problème se pose avec d’autant plus d’acuité lorsque plusieurs structures interviennent sur les mêmes projets ou auprès des mêmes bénéficiaires. Sans une répartition claire des rôles, des responsabilités et des moyens, le risque est réel de voir apparaître des chevauchements de compétences, des confusions dans la conduite des interventions et une dispersion des responsabilités.La question qui plane est qui fait quoi dans le dispositif agricole ?L’intervention du FNDAPS dans la conception et l’exécution de projets appelle ainsi des éclaircissements sur son articulation avec les autres structures du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, ainsi qu’avec les projets et programmes déjà présents sur le terrain.Quelle est aujourd’hui la frontière entre le rôle du Fonds, celui des structures techniques et celui des unités chargées de la mise en œuvre des projets ? Quels mécanismes permettent de garantir la cohérence des interventions et d’éviter les doublons ? Et surtout, les organisations de producteurs bénéficient-elles toujours de la place centrale que leur accordait la vocation initiale du FNDAPS ?Ces questions sont essentielles pour apprécier la pertinence de l’évolution observée et mesurer ses effets sur les bénéficiaires.Le ministère doit clarifier le mandat du FNDAPS face à ces interrogations; il est appelé à apporter des explications précises sur le mandat actuel du FNDAPS, les fondements de ses interventions opérationnelles et les éventuelles évolutions de ses attributions.Si le Fonds dispose de nouvelles responsabilités officiellement définies, celles-ci gagneraient à être explicitées auprès des acteurs du secteur. Dans le cas contraire, il importe de clarifier les limites de son intervention afin de préserver la cohérence du dispositif institutionnel et la complémentarité entre les différentes structures.La question n’est donc pas simplement de savoir si le FNDAPS intervient davantage sur le terrain, mais de déterminer si cette évolution répond à un besoin clairement identifié, à un mandat formel et aux attentes des organisations de producteurs.Au-delà des sigles, des projets et des responsabilités institutionnelles, une exigence demeure : que les mécanismes de financement agricole servent effectivement les producteurs et leurs organisations. C’est à cette aune que la place et l’évolution du FNDAPS doivent être appréciées.Babacar sene journal Agropasteur

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